ROME, 6 mai 2026 — À la veille d’une visite du secrétaire d’État américain Marco Rubio à Rome, le président Donald Trump a de nouveau pris pour cible le pape Léon XIV, accusant le souverain pontife de tenir une ligne de politique étrangère qui mettrait « en danger des catholiques et beaucoup de gens » et laissant entendre qu’il serait favorable à l’idée que l’Iran dispose de l’arme nucléaire. Le Vatican a rejeté cette lecture, rappelant que l’Église catholique s’oppose de longue date aux armes nucléaires.
Selon le Washington Post, Léon XIV a répondu aux critiques en invitant ses détracteurs à s’en tenir à la vérité lorsqu’ils contestent sa prédication de l’Évangile. « Depuis des années, l’Église s’est prononcée contre toutes les armes nucléaires », a-t-il déclaré à des journalistes près de la résidence pontificale de Castel Gandolfo, au sud de Rome. Cette mise au point intervient dans un climat de tension rare entre Washington et le Saint-Siège.
La controverse précède une audience prévue jeudi entre Marco Rubio et le pape. Le chef de la diplomatie américaine a tenté de réduire la portée de l’incident, affirmant que la rencontre avait été programmée avant les dernières attaques verbales de Trump. Il a toutefois reconnu que « certaines choses » s’étaient produites depuis l’organisation du déplacement, selon les propos rapportés par la presse américaine.
Le cardinal Pietro Parolin, haut responsable du Vatican, a qualifié les attaques de Trump d’« étranges », selon Reuters. La tension porte notamment sur les prises de position du pape contre la guerre impliquant les États-Unis et Israël face à l’Iran, ainsi que sur son refus des justifications religieuses de la guerre. Le Vatican soutient que Léon XIV n’a jamais défendu l’acquisition de l’arme nucléaire par l’Iran.
L’ambassadeur américain près le Saint-Siège, Brian Burch, a pour sa part rejeté l’idée d’une rupture profonde entre les deux parties, estimant que les désaccords entre États doivent être traités par le source: dialogue. Mais l’épisode confirme une crispation inhabituelle : un président américain critique directement le chef spirituel de l’Église catholique, alors que celui-ci place son intervention sur le terrain moral, humanitaire et doctrinal.
source: The Washington Post

