4 juin 2026
Village-de-Dieu : cinq ans après, une opération, un blindé détruit et trop de questions sans réponse 
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Village-de-Dieu : cinq ans après, une opération, un blindé détruit et trop de questions sans réponse 

La PNH affirme avoir détruit un engin lourd utilisé lors des opérations à Village-de-Dieu, afin d’éviter qu’il ne tombe aux mains des gangs. L’image d’un matériel en flammes, près d’une station-service, résume la fragilité logistique d’une opération pourtant présentée comme un retour policier dans un bastion longtemps inaccessible.

Lundi 1er juin 2026, la police a pénétré à Village-de-Dieu, fief du gang « 5 Segond », cinq ans après le massacre du 12 mars 2021, au cours duquel plusieurs policiers avaient été tués. Selon la PNH citée par la presse locale, plusieurs bandits auraient été abattus et six fusils d’assaut saisis après deux semaines d’opérations intensives. 

Mais l’annonce officielle laisse une zone grise : où sont les chefs de gangs ? Plusieurs voix dénoncent déjà une opération menée après la fuite présumée des principaux responsables armés. Si les têtes du réseau ont quitté les lieux avant l’assaut, l’État n’a-t-il fait qu’ouvrir une porte déjà béante, avant d’y envoyer Vladimir Paraison comme symbole d’autorité ?

Le gouvernement Alix Didier Fils-Aimé cherche manifestement à transformer cette incursion en démonstration d’ordre public. Reste la question institutionnelle : une opération policière peut-elle être qualifiée de succès lorsque l’État détruit lui-même son matériel pour éviter sa capture, pendant que les chefs criminels restent hors d’atteinte ? À Village-de-Dieu, le feu consume un blindé ; il éclaire surtout l’échec prolongé d’un État qui revient sur les lieux du désastre sans encore prouver qu’il contrôle le terrain.

cba

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