Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué vendredi la décision des États-Unis de classer deux puissants groupes criminels brésiliens comme « organisations terroristes étrangères », dénonçant une atteinte à la souveraineté de son pays.
Lors d’une cérémonie officielle dans l’État de Sergipe, le chef de l’État a rejeté toute ingérence étrangère dans les affaires internes du Brésil. « Ne jouez pas avec la souveraineté de ce pays. Ne jouez pas avec notre démocratie », a-t-il déclaré.
La veille, le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait annoncé le classement du Comando Vermelho et du Primeiro Comando da Capital parmi les organisations terroristes étrangères. Washington accuse ces groupes, impliqués notamment dans le trafic international de drogue, d’étendre leur influence au-delà des frontières brésiliennes.
Le gouvernement brésilien estime toutefois que ces organisations relèvent du crime organisé transnational et non du terrorisme au sens de la législation nationale. Brasilia craint qu’une telle désignation ne serve de fondement à d’éventuelles interventions américaines dans la région.
La décision intervient dans un contexte politique tendu à quelques mois de l’élection présidentielle. Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a revendiqué avoir demandé au président américain Donald Trump de prendre cette mesure lors d’une récente rencontre à Washington.
La lutte contre le crime organisé demeure l’un des principaux enjeux de la campagne électorale brésilienne, alors que le PCC et le Comando Vermelho continuent d’exercer une forte influence dans plusieurs régions du pays.

