À l’instar d’un tribunal en Floride ayant rendu son verdict dans le cadre du procès de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moise, la justice haïtienne est appelée à emboîter le pas. Le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance espère que les autorités judiciaires haïtiennes parviennent à approfondir l’aspect financier du crime.
À l’invitation du juge à la Cour d’appel, Denis Cyprien en charge de compléter l’enquête liée à l’assassinat, le 7 juillet 2021 de l’ancien président Jovenel Moise, le responsable du RNDDH, Pierre Espérance s’est presenté vendredi au bureau du magistrat à titre de témoin. Le défenseur des droits humains s’est exprimé sur les différents rapports, témoignages et documents disponibles sur le dossier, tout en réaffirmant son souhait d’une manifestation réelle de la vérité sur le crime.
En interview avec le journal, le numéro 1 du RNDDH, insiste sur la nécessité pour que la justice haïtienne puisse remonter la motivation réelle derrière l’acte criminel, ses auteurs intellectuels et matériels. Sans détour, Pierre Espérance évoque le mobile financier déterminant dans la planification du magnicide du 7 juillet 2021. Les 343 mille dollars dépensés aux États-Unis d’Amérique ne représentent qu’une partie infirme du financement du plan d’assassinat du 58è président d’Haiti.
Il revient aux autorités judiciaires haïtiennes compétentes de joindre l’acte à la parole afin d’engager au mieux le combat contre la criminalité organisée, l’impunité, l’insécurité galopante, la banalisation de la vie humaine. Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) se retrouve face à ses responsabilités d’encadrer le juge Cyprien pour mener à bien sa mission. Pierre Espérance encourage les acteurs judiciaires à remonter les différentes transactions effectuées dans les institutions bancaires en lien avec l’assassinat du 58è président d’Haiti, tout en affirmant que les 343 mille dollars mobilisés aux États-Unis ne sont qu’une partie infirme des fonds dépensés.
Sans pouvoir identifier les principaux auteurs du meurtre, le procès achevé mardi aux États-Unis est loin de répondre aux attentes, de l’avis du directeur exécutif du RNDDH. Pierre Espérance plaide en faveur d’une enquête aboutie, d’un verdict prononcé au regard des procédures édictées par la loi. En parallèle, au terme de son audition, ce vendredi, à Puits-Blain, le chef du RNDDH était incapable de répondre aux questions des journalistes. Difficultés d’ordre logistique, comportements agressifs de certains journalistes et absence de conditions appropriées à l’entretien ont pratiquement entravé les premières prises de position, déplore Pierre Espérance.
Hervé Noël

