4 juin 2026
Affaire Adams Ismo : la justice se défend, mais les zones d’ombre persistent
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Affaire Adams Ismo : la justice se défend, mais les zones d’ombre persistent

Par Delmondo Charlemagne

Les autorités judiciaires de Petit-Goâve montent au créneau dans le dossier Adams Ismo. Alors que la mort en détention du responsable du média Ayiti Libere continue de susciter l’indignation et d’alimenter les mobilisations populaires dans la cité soulouquoise, plusieurs acteurs du système judiciaire tentent de répondre aux critiques et de défendre les décisions prises dans cette affaire.

Lors d’une conférence de presse tenue en début de semaine, le commissaire du gouvernement près le Tribunal de première instance de Petit-Goâve, Me Danilo Valès, a affirmé que toutes les procédures légales avaient été respectées. Selon lui, les magistrats chargés du dossier ont accompli leur mission conformément à la loi, depuis l’enquête jusqu’à l’ordonnance rendue par le juge instructeur Jacky Jean.

Le chef du parquet a également dénoncé les accusations portées contre les autorités judiciaires, estimant qu’une partie des critiques repose sur une lecture incomplète du dossier. Tout en regrettant le décès d’Adams Ismo, il a soutenu que l’affaire avait suivi son cours normal devant la justice.

Face à cette version, Me Alcide Laguerre, bâtonnier de l’Ordre des avocats de Petit-Goâve et avocat de la victime, défend une lecture différente des événements. Lors d’une conférence de presse donnée mardi, il a rappelé avoir entrepris toutes les démarches nécessaires pour assurer la défense de son client. Il a également souligné qu’il représente la famille Ismo depuis plus de quinze ans dans plusieurs dossiers judiciaires. Selon lui, cet engagement de longue date démontre sa volonté de faire valoir les droits de la famille et d’obtenir justice dans cette affaire.

L’avocat affirme notamment qu’un témoin qu’il considère comme central dans le dossier n’a jamais été entendu pour confirmer les accusations portées contre Adams Ismo. Malgré cette absence, dit-il, le juge instructeur a choisi de rendre son ordonnance et de renvoyer l’affaire devant les assises criminelles sans assistance de jury.

Me Laguerre rejette également toute idée de négligence dans son travail. Selon lui, il a rempli ses obligations professionnelles et suivi le dossier jusqu’au bout. Il indique par ailleurs avoir appris que le parquet aurait ordonné une autopsie afin d’établir les causes exactes du décès et de répondre aux rumeurs faisant état d’un possible empoisonnement.

Selon une source proche du barreau de Petit-Goâve, Me Alcide Laguerre affirme avoir conseillé et accompagné Adams Ismo devant le juge instructeur Jacky Jean afin qu’il réponde volontairement aux questions de la justice. L’avocat soutient que cette démarche avait été entreprise dans un contexte laissant croire que son client pourrait regagner son domicile après son audition. Son arrestation à l’issue de cette comparution demeure, selon lui, l’un des aspects les plus controversés du dossier. Qualifiant cette décision de « manque d’élégance », Me Laguerre a invité ses confrères à la prudence lorsqu’ils accompagnent des justiciables devant un magistrat sans mandat préalable.

Pendant ce temps, la contestation ne faiblit pas. Du 1er au 3 juin, plusieurs centaines de citoyens ont participé à trois journées de mobilisation à Petit-Goâve pour réclamer justice dans cette affaire et exiger que toute la lumière soit faite sur les circonstances ayant conduit à la mort d’Adams Ismo en détention.

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