L’organisation Justice et Solidarité (JS) exhorte les responsables de la sécurité nationale à agir face à la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti. Dans une lettre ouverte, elle réclame des mesures urgentes pour sauver le Bas-Artibonite et rétablir l’autorité de l’État.
Port-au-Prince, le 29 mai 2026
LETTRE OUVERTE
De Justice et Solidarité (JS)
Adressée à :
Monsieur Alix Didier Fils-Aimé
Chef du CSPN
Monsieur Mario Andrésol
Ministre de la Défense
Monsieur André Jonas Vladimyr Paraison
Directeur général de la Police nationale d’Haïti
Messieurs le Chef du Conseil supérieur de la Police nationale d’Haïti, le Ministre de la Défense et le Directeur général de la Police nationale d’Haïti,
La Direction générale de l’organisation de défense des droits humains Justice et Solidarité (JS) vous présente ses civilités.
En tant que structure de la société civile et institution de contre-pouvoir externe, elle tient à vous rappeler que vous occupez les postes les plus prestigieux du pays et qu’à ce titre, vous avez le devoir d’être à la hauteur du prestige et des responsabilités qui vous sont confiés. C’est d’ailleurs pour cette raison que d’importants moyens logistiques et financiers sont mis à votre disposition.
Est-il vrai que vous avez oublié qu’Haïti est la première République noire indépendante du monde, celle-là même qui a contribué à offrir la liberté à tant d’autres peuples ?
Est-il vrai que vous avez oublié que vous êtes les premiers responsables de la résolution du problème de l’insécurité publique ?
Est-il vrai que vous avez oublié que la première capitale noire indépendante du monde est aujourd’hui prise en otage par des hommes armés, jusque dans les environs de la demeure de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines ?
Êtes-vous conscients que, sur les quinze (15) communes du Bas-Artibonite, seules deux (2) demeurent encore debout, sous des menaces constantes ?
Savez-vous que la population en vient à croire soit que vous ne voulez pas agir, soit que vous êtes engagés dans une forme de complot contre la République, comme autrefois on avait voulu interdire à la nation haïtienne de prononcer le nom même de Jean-Jacques Dessalines en Haïti ?
Attendons-nous encore l’arrivée des forces internationales pour agir et faire ce qui doit être fait ? Savez-vous que trois cent quatre-vingt-sept (387) citoyens ont été tués alors même qu’il vous incombe de garantir leur sécurité et leur droit à la vie ? Pourquoi ne faites-vous rien dans le Bas-Artibonite ?
La population doit-elle finir par croire qu’il s’agit d’une stratégie visant à détruire totalement la production rizicole nationale au profit de l’étranger, alors que le barrage de Péligre, dernier grand investissement stratégique de l’État, est tombé sous le contrôle des gangs sans qu’aucune réponse significative ne soit apportée ?
Il est pourtant clairement établi que lorsque la Police se trouve dépassée, l’Armée doit prendre le relais. Que faites-vous donc de notre Armée depuis qu’elle est placée en position D ? Pourquoi n’est-elle pas déployée ?
Messieurs, vous êtes au cœur même de la chaîne nationale de sécurité.
Allez-vous consentir à ce que l’histoire retienne vos noms dans le registre des incapables ou dans celui des traîtres, à l’instar d’Astrel Roland ou de Jean-Baptiste Conzé ? La liste est déjà trop longue. Il serait préférable d’agir immédiatement, et avec fermeté.
Sauvez le Bas-Artibonite. Sauvez la ville de l’Empereur. Sauvez Péligre. Relevez Mirebalais, Kenscoff et Gressier. Rouvrez les routes nationales ainsi que l’aéroport. Vous disposez des moyens nécessaires pour cela.
La population demeure encore indulgente et disposée à vous accueillir dans son camp.
Recevez, Messieurs, l’expression renouvelée de nos civilités distinguées.
Pour le Comité directeur :
Me Roosvald Romulus, av.
Me Ebens Exantus, av.
Me Wesly Vilsaint, av.
Me Caze Jean Phanor, av.
Me Osée Duveillaume, agr.

