Jean-Robert Constant : “Raboteau, les mots et les maux”, une mémoire en signature. Raboteau, les mots et les maux n’est pas seulement un livre de témoignage : c’est une contribution à la conservation de la mémoire publique, à la compréhension des ruptures politiques et à la transmission d’une histoire encore habitée par les douleurs, les résistances et les exigences de justice.
À l’occasion des noces de cristal de C3 Éditions, marquant quinze années de fidélité au livre, à la pensée critique et à la circulation des savoirs en Haïti, l’auteur Jean-Robert Constant convie le public à une nouvelle vente-signature de sa dernière publication, Raboteau, les mots et les maux.
Cette rencontre littéraire se tiendra le samedi 16 mai 2026, à la Quisqueya Chapel, 36, Catalpa 8A, Delmas 75, dans le cadre de la Foire du Livre organisée par C3 Éditions. Elle s’inscrit moins comme une simple séance de dédicace que comme un acte de mémoire, un rendez-vous avec l’histoire vive des Gonaïves, de Raboteau et des convulsions politiques ayant accompagné la chute du régime duvaliériste.
Avec Raboteau, les mots et les maux, Me. Jean-Robert Constant revient sur une séquence historique où les douleurs populaires, les résistances civiques et les fractures institutionnelles se rencontrent. Le titre lui-même porte une tension féconde : les mots, comme instruments de témoignage, d’archive et de transmission ; les maux, comme traces persistantes de la violence, de l’arbitraire, de l’exclusion et des blessures collectives. Raboteau n’y apparaît pas seulement comme un quartier emblématique des Gonaïves, mais comme un lieu de conscience nationale, un espace où s’écrivent les rapports complexes entre peuple, pouvoir, répression et dignité.
L’œuvre de Jean-Robert Constant participe ainsi à une exigence historiographique : refuser l’oubli, ordonner les faits, restituer les voix, replacer les événements dans leur portée sociale et politique. En revisitant la période allant des mobilisations populaires de 1984 jusqu’au 7 février 1986, l’auteur contribue à préserver une mémoire dont la valeur dépasse le seul cadre local. Les Gonaïves, ville de l’Indépendance, y retrouvent leur statut de scène majeure des ruptures haïtiennes, où l’histoire nationale se lit à travers les colères, les deuils et les espérances d’un peuple.
La présence du professeur Constant à cette foire du livre prend, dès lors, une signification particulière. Elle rappelle que le livre demeure un lieu de résistance intellectuelle, surtout lorsque les institutions vacillent, lorsque les récits officiels s’épuisent, lorsque la parole citoyenne cherche encore ses formes de légitimité. Signer un ouvrage sur Raboteau, c’est aussi rouvrir un dossier moral : celui de la justice, de la mémoire publique et de la responsabilité des générations devant les violences du passé.
Le public est donc cordialement invité à venir rencontrer l’auteur, échanger avec lui et découvrir un ouvrage qui conjugue chronique, témoignage, histoire et réflexion civique. Raboteau, les mots et les maux s’adresse à celles et ceux qui savent que les peuples ne survivent pas seulement par les dates qu’ils commémorent, mais par les vérités qu’ils acceptent de regarder en face.



