Suite à la décision du gouvernement de facto d’augmenter les prix des produits pétroliers, des barricades de pneus enflammés érigées vendredi sur plusieurs axes routiers ont paralysé la circulation automobile dans la capitale haïtienne. La Police nationale d’Haïti (PNH) demeure passive dans certains points, constate-t-on.
Vendredi 10 décembre 2021 ((rezonodwes.com))–
La décision de revoir à la hausse les prix de l’essence a provoqué des tensions dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince.
À Pèlerin 5, des véhicules ont été immobilisés sur la voie publique et la circulation automobile et piétonne a été rudement mise à l’épreuve. Les contestataires, majoritairement des chauffeurs engagés dans le transport en commun, exigent le retrait de la mesure.
À Bourdon, des policiers ont du se mettre en quatre pour débarrasser la chaussée de pierres et de carcasses de véhicules installés par des protestataires. Au départ des forces de l’ordre, les barricades ont été renouvelées.
Tableau similaire constaté à Pétion-Ville avec un ralentissement net des activités socio-économiques. Le trafic a été paralysé en raison de la décision de certains chauffeurs du transport public de suspendre leurs activités en signe de solidarité avec la population. Certaines rues ont été fermées à la circulation automobile.
“Nous exigeons que le PM de facto Dr. Ariel Henry et l’équipe d’Andre Michel, Nenel Cassy reviennnent sur leur projet macabre d’augmentation des prix du carburant à la pompe”, a déclaré un riverain debout non loin des pneus enflammés dans la nouvelle capitale économique d’Haiti pour rappeler à André Michel que ses leçons enseignées dans le passé ont été bien assimilées.
Tout au long de la route, des passagers s’impatientaient à l’idée de trouver un moyen pour assurer leur déplacement.
Le bloquage des rues contre la hausse des prix du carburant qui devrait, en principe, entrer en application dès ce vendredi, est l’une des séries de protestations programmées “pou fè Ariel bwè desizyon’l”, lâche un citoyen trè remonté contre “la suppression de la subvention du carburant”, alors que, selon lui, “la contrebande, la corruption, et les dépenses grandiloquentes des ministres de facto font perdre beaucoup plus à l’Etat haitien”.
Des trottoirs généralement occupés par des petits détaillants se sont vus vidés en raison des menaces constantes de manifestants.
“Il est anormal que le prix du gallon du kerosène dépasse largement celui de la gasoline, pour un pays qui ne produit pas assez d’électricité”, ont fait remarquer plusieurs citoyens qui ont lancé ce mouvement de protestation. Ils ont accusé le régime PHTK3 d’irresponsabilité en voulant pénaliser les deshérités utilisant la lampe à kerosène comme unique source d’éclairage.
La présence policière se cherchait dans plusieurs endroits de la capitale. Aucune patrouille n’a été mobilisée pour assurer la sécurité des citoyens alors que la menace à troubler la paix publique se manifestait déjà à l’annonce de l’augmentation ses prix de l’essence vendredi.
Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

