Samedi 23 octobre 2021 ((rezonodwes.com))–
Dix-sept millions de dollars de réclamés par des détraqués de la pire espèce pour dix-sept âmes innocentes de séquestrées, soit un million de billets verts par tête de bétail, la jungle sauvage édifiée par le brigandage du PHTK n’a définitivement point de maître. Dans cette arène dérèglée en des rôles inversés entre des condamnés officieux et des dégénérés officiels qui se passent les fauteuils bourrés à toutes les fesses, les diables sont tombés sur la tête.
De loin plus nul que ses prédécesseurs flagorneurs, Léon Charles aura marqué cette décennie d’inepties et de péripéties comme un lion inutile de ses griffes anémiques. A Pèlerin, à Martissant, au Village du diable, au Bélair, à l’intérieur de synagogues, dans les stations d’essence, à des bureaux publics, en des résidences privées, sur le macadam, les armoiries de la République ont été mille fois souillées . La paix a été bousillée, les armes de la PNH ont été rouillées face à des armes de gangs de dernier cri exhibées sur la toile, devant des commissariats, devant les barrières du Palais National. L’institution censée sacrée dans sa noble mission de « Protéger et servir » a été au contraire infiltrée de dealers, de gangs, de trafiquants d’armes et de mercenaires étrangers.
À l’instar de prise d’otage des prêtres Français qui faisait perdre le fauteuil badigeonné de la primature au comique Joseph Jouthe puisque le Vatican y a été certainement interpellé, le kidnapping des Américains requiert également une tête officielle à décapiter. Léon Charles était le suivant sur la liste des kyrielles de chefs bordels qui déferlent en sirène tonitruante dans l’imposture et la sinécure onéreuse au frais de la princesse en détresse dans la Cité perdue, fondue et vendue.
Dans un vrai faux-semblant de prise en charge de la responsabilité locale afin d’envoyer le signal de plaire au Blanc lui-même artisan du chaos, les autorités sans notoriété au bercail doivent faire comme les autres : exiger à l’un d’entre eux de se déguerpir des fonctions officielles. Simple citoyen, Haïtien, Canadien ou Parisien, personne ne mérite de vivre un seul moment macabre dans sa vie ; dans une certaine dimension, le kidnapping apparaît plus odieux que l’esclavage. Mais de l’éradication de Jouthe et de l’expulsion de Charles, doit-on percevoir un complexe de « blancomanie » chez les Léviathans qui pilotent le régime criminel en place ?
En effet, aucune démission n’avait suivi l’assassinat d’un président qui est censé être sous les boucliers du CSPN. Ses yeux perforés, sa tête trouée d’une multitude de projectiles, ses pieds cassés, dit-on ; pourtant, pas une seule égratignure de ses gardes du corps. Les spécialistes en sécurité et en sureté publique n’y vont pas par quatre chemins pour conclure : puisque le chien n’avait même pas jappé, le coup a été affaissé de l’intérieur. Lucifer aurait envahi les cœurs de la famille nucléaire et de la famille politique en des requêtes de sacrifices spectaculaires. Gravissime ! Pas la peine de chercher midi à quatorze heures. Eureka !
Où étaient passés Léon Charles, DG de la PNH ? Les ministres, les PM révoqué, nominé ? Les enfants et l’épouse sortis « sains et saufs » auraient-ils un « pwen bourik » différent de celui de l’époux lâché comme un chien sans destin pour être dévoré à un Pèlerin 5 endiablé envahi par des esprits diaboliques en cette nuit tragique du 7 juillet 2021 ?
Ambiguïté stratégique
Le cheval offert en holocauste aurait au moins un double objectif : i) sympathiser avec le patron étranger qui souffre aigrement dans son inconfort d’otage consanguin ; ii) calmer la fureur des monstres de la ville débile et des bidonvilles xénophobes de l’Ile dévasté qui eux aussi réclamaient la tête du lion sur un plateau d’argent. Par erreur ou en un coup traître involontaire, Léon Charles et consort auraient fait jeter « des larmes de crocodiles » au corps sans tête et sans cœurs des 400 criminels de la Croix-des-Bouquets qui avaient promis en guise de réponse plus que « proportionnelle » de leur faire pleurer de sang.
Le théâtre de la démission se dresse également comme une carte de tergiversation jouée face aux institutions internationales notamment les médias internationaux pour simuler un scénario à la Ponce Pilate. Et pourtant, dans sa missive démissionnaire larguée comme un missile au sein des relations diplomatiques pharisaïques, Daniel Foote a déjà tout dévoilé. Les acteurs et bandits politiques du terroir et les hypocrites des coopérations bilatérales et multilatérales sont de mèche avec le banditisme ; ils seraient les principaux architectes de la chute en parachute déchiré.
Malheureusement, contre les attentes électoralistes des arrivistes et affairistes politiques internes et externes, cet espace invivable qu’ils ont truffé d’esclaves abêtis échappe à leur contrôle. Les gangs sont devenus soudainement bourreaux des passants, des innocents mais aussi de leurs propres maîtres qui les perçoivent maintenant comme des traîtres. Sous l’effet de produits dopants plausiblement, les petits monstres armés jusqu’aux dents pour le besoin de la cause ignoble de la protection des biens mal acquis et du renouvellement aux élections Dermalog « Tèt Kale » sont révoltés. À la Frankenstein, les maîtres à penser du système monstrueux en ont perdu le contrôle.
On se souvient de l’éjection fracassante du fauteuil de la primature de l’un des PM Joseph, en effet celui qui tenait le discours qu’Haïti n’existe ni dans le réel ni sur du papier. C’était à la suite des otages Français, au même endroit où souffrent dans l’insomnie les otages Américains. Malheureusement, l’histoire macabre se répète puisque ce sont les mêmes macaques qui détiennent les postes régaliens de la Cité.
Les concepteurs sont en perte de vitesse, parallèlement, les monstres qu’ils ont créés ont pris du poil de la bête. Les Mawozo fous alliés tonitruent, se targuent d’être les rois de la jungle et menacent de couper l’oxygène à des vies innocentes au cas où réponse satisfaisante ne serait fournie à leur hallucination pécuniaire.
Les séries hollywoodiennes d’un cachet réel nous auront appris la leçon que dans le long terme, les manipulations, conspirations et machinations ne seraient pas profitables aux manipulateurs eux-mêmes. Ce n’est pas l’élimination conspirée d’Arnel Joseph qui épargnera les gangs à cravate répugnants d’un avilissement politique et social. Bien sûr, les noms de présidents, sénateurs et hommes d’affaires se claironnaient et résonnaient déjà dans les deals de cocaïne et de kidnapping orchestrés par ce fameux gangster qui défrayait la chronique. Les fidèles disciples d’Arnel ont emboité le pas en semant la pagaille et en pointant à l’index les contrebandiers politiques et économiques qui les sponsorisaient.
Plus que l’intuition et la portée prédictive de la réflexion dialectique, aujourd’hui les déclarations des gangs suffisent à mettre les investigateurs sur des pistes prometteuses pour remonter aux cerveaux aliénés des multiples crimes orchestrés dans la société.
Cela bouge, cela ne change pas
Le ver est dans le fruit. À la vérité, on ne fait que changer les cavaliers. Mais, se dessine la même chorégraphie de la médiocratie rancie. Se décline la même lyrique, se fredonne la même chanson, se déhanche la même danse socialement indésirable par des gros orteils harceleurs qui perpètrent des viols sur la société tels à la Loktama (de Maurice Sixto). Au son d’une musique luciférienne lugubre découpée de rythmes chtoniens susceptibles de produire des crises cardiaques dans un laps de temps, les escadrons de la mort coupent l’oxygène vital de la population à la seconde.
Aujourd’hui, à titre de riposte à des coups de fouets dans le dos, les monstres agacés profèrent des menaces de mort à leur propre concepteur inculte inapte à anticiper les scénarios pessimistes de ses projets égocentriques. Non plus, le Core-Group infâme qui faisait l’apologie du crime organisé par le biais de madame Lalime qui encensait la décision écervelée de la fédération des familles et alliés politiques détraqués ne voyait pas venir ce coup traître des gangs assassins jadis à la solde du régime en place.
À la date historique du 17 octobre rappelant la mort de l’empereur, le bandit notoire Babekyou avait volé la vedette au PM somnolent, Ariel Henry. La mémoire de la nation a été profanée car des gerbes de fleurs ont été plutôt déposées par des mains de vilains et des malandrins « vivement recherchés par la justice » mais plus chefs que les chefs amorphes sans autorité et sans notoriété installés arbitrairement à la Cité ridiculisée.
Là où la PNH de Léon Charles pouvait montrer ses muscles cyclopéens, c’était uniquement quand des étudiants sans boucliers manifestaient pour demander justice pour leur camarade Gregory Saint-Hilaire abattu au local même de sa faculté par des criminels en uniforme du Palais National. Gaz lacrymogène se propageait, boucliers et bottes de la PNH se défilaient dans la tonicité quand les médecins exigeaient que l’on relâche leur frère d’âme pris en otage par des sauvages de la Cité. À l’intérieur des temples qui demandent qu’on en finisse avec le kidnapping, même des septuagénaires qui brandissaient des requêtes pour une société juste subissaient les dérives de la PNH instrumentalisée. Des artistes et des figures notoires ont également fait les frais de cette PNH aux dents pourries.
Ce corps régalien qui devait être en permanence robuste est devenu squelettique, il est réduit à une peau de chagrin. Ce qui est plus révoltant; il côtoie les bases Izo, Babekyou, Ti-Lapli et Mawozo avec courtoisie, dans la plus grande révérence. Impotence ou connivence ? Nul des deux vices n’est tolérable quand on se réfère à la noble devise.
Un bilan désastreux
De la classe des mammifères, des gallinacées et des invertébrés – dépourvus de colonnes vertébrales – des lions, caméléons, aliborons, cochons, cabris et lapins pleurnicheurs ont envahi la sphère publique au cours des dix dernières années. Les animaux enragés sont nombreux dans cette jungle dérèglée qui a vu son roi sans couronne décapité sans que ses serviteurs ne pétaient un plomb ni ne pétaient dans un coton. Question d’obéir à un ordre chtonien de ne pas empêtrer la mission aux enfers, l’acte barbare a été perpétré avec douceur sur le mauvais Moïse.
À déshabiller le lion invalide, le qualificatif relatif à l’incompétence ne lui sied pas mieux que celui relatif à la connivence avec le banditisme musclé. De sa médiocrité couplée de petitesse de l’âme, il en résulte une impotence flagrante sinon une démence extrême qui a laissé la sécurité dans la pénitence. De cette impotence ou complicité avec des âmes odieuses armées jusqu’aux dents, même la vie du patron a été ôtée dans la désinvolture la plus totale. Aucun sens de responsabilité, au lendemain du choc percutant de l’assassinat présidentiel, Léon Charles – au côté du Joseph ambitieux qui se croyait président par la vertu de la loterie – n’a pas déposé les clés en dépit de cette faillite cuisante.
Des policiers décapités dont les cadavres restaient sur le terrain, aux mains des assassins ; à deux reprises apocalyptiques à un Martissant qui fait couler du sang humain comme à un abattoir, Léon Charles brillait par son mutisme et sa cécité. Sinon il a su riposter ignoblement en récupérant le char blindé en contrepartie de somme colossale versée aux bases des éventreurs qui gardent encore les M-50 et M-60 saisis.
Kidnappings suivis de tueries sur des médecins, des nationaux, des étrangers, des enfants, des élèves, des infirmières, des professeurs, ce DG dégénéré osait encore tenir des discours bluffeurs devant les caméras des journalistes.
Léon Charles aurait donné sa démission pour renoncer à sa mission ignominieuse de bichonner les animaux détraqués qu’hier il côtoyait et qui le menacent aujourd’hui de l’assassiner. Un nouveau joueur du nom de Frantz Elbé, parait-il entaché de plusieurs dossiers louches avant même de visser ses crampons, est monté en scène. Et après ? Le ver est dans le fruit.
Pour qu’Haïti change de trajectoire, il faut d’abord la disparition pure et simple du régime inculte et cupide du PHTK à la tête de la patrie. Par la suite, la transition devra nettoyer les badigeonnages de ces sauvages avant que l’on puisse conjuguer dans la confiance et la crédibilité les verbes électoraux poser sa candidature, voter et élire. La stabilité est une prémisse aux investissements locaux et étrangers ; Haïti ne doit pas se traîner dans les mêmes gestions couteuses des crises pré et post-électorales.
Jouer le jeu diplomatique autrement
Le monde est un village occupé par 7.8 milliards de voisins ; et donc telle la pollution l’insécurité charrie des externalités négatives auxquelles nous sommes tous exposés peu importe la race, la classe, la couche épidermique. Pas uniquement des Haïtiens, mais aussi Français, Américains et Canadiens ont payé directement l’insolente immixtion étrangère dans les projets souverains du pays qui croupit au final dans un chaos quasiment irréversible.
Jusques à quand les bornés de ce millénaire de prédation comprendront-ils la portée de la parole interpellatrice de l’immortel King : « Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ». Nous sortons tous gagnants quand nous poursuivons le noble objectif d’améliorer les conditions de vies des autres. À l’inverse, nous payons tous au prix fort notre avidité dans la folie de vouloir tout rafler per fas et nefas.
Il n’est pas nécessaire de créer des crises, des guerres et du chaos à travers des élections truquées pour imposer des nuls et des mules au pouvoir. Le jeu diplomatique doit se jouer autrement, dans le respect mutuel, dans une exploitation partagée des ressources naturelles entre pays du Sud et pays du Nord.
Ensemble, la conscience et l’excellence d’ici et d’ailleurs peuvent s’asseoir sur la table pour implémenter des projets géostratégiques empreints d’une gouvernance éclairée qui vise dans la sincérité à atteindre un meilleur équilibre à travers des négociations qui préservent le bien-être collectif et la vie humaine partout sur le globe. Même dans le cadre d’intérêts antagoniques, il faut avoir à l’esprit quand la partie « A » s’enrichit à travers des stratégies déloyales qui appauvrissent la partie « B », dans le conscient et le subconscient la partie « A » ne sommeillera jamais en paix.
En tout et partout, le monde a besoin de dirigeants compétents, capables de mobiliser les ressources humaines aptes à apprivoiser les caprices du cosmos et à faire bouger les lignes économiques dans le sens du rétablissement d’un rééquilibre social vivable. C’est ainsi que nous atteindrons l’objectif sain – s’il était véritablement poursuivi – de la prospérité partagée.
Haïti patauge dans une caverne aux graffitis mystiques où se tracent des vèvè maléfiques, des croix rogatoires et des bouquets funestes. Dans les quatre points cardinaux et les quatre points collatéraux, il se pousse des cris perçants de passants et d’innocents qui se baignent dans leur propre sang qu’il faudra récupérer et protéger des dommages collatéraux. Les bandits auraient droit de vie et de mort sur des déportés, et aussi sur des députés et des sénateurs devenus par la force des choses des rescapés puisqu’ils auraient juste pris la bonne option d’y échapper en se mettant en cavale pour ne pas laisser leur peau aux évadés libérés stupidement par des autorités myopes.
Ironiquement, « de manière erronée », des centaines de prisonniers ont été présidentiellement graciés ; la prison de la Croix des Bouquets a été cassée, et donc des centaines de malfrats ont été indument libérés. Haïti subit au quotidien la dérive de laisser les positions politiques à des amateurs, des imposteurs et des dealers.
Cette dernière exhibition des dix-sept missionnaires étrangers kidnappés serait-elle une dernière poussée maléfique pour que ce gang des 400 Mawozo finisse par avaler son extrait de naissance ? En tout cas, force est de constater que les Français n’étaient pas les derniers. On ne saurait avoir la garantie que les « bandi-legal » au pouvoir ne les bloqueront dans leur latitude de séquestrer d’autres continents en de petites chambres restreintes qui accueillent simultanément toutes les activités humaines dans la déshumanité?
Se nourrir, se laver, se vêtir, se faire défalquer, déféquer ; tout se fait dans un trou. Un véritable « fim dyab » pour les séquestrés sous les auspices d’une palanquée de 400 pestiférées sponsorisées par des vermines officielles d’une lignée damnée.
Quand est-ce que les vilains et vauriens de ce régime de connivence avec les mesquins et coquins des factices coopérations étrangères mettront-ils un frein à ce mauvais destin qu’ils ont eux-mêmes concocté ? Haïti n’en peut plus.
Carly Dollin

