L’Espagne a entamé jeudi trois jours de deuil national après une collision entre deux trains qui a fait au moins 69 morts dans le centre du pays, tandis que les secours poursuivaient leurs recherches dans les carcasses des wagons et que les familles attendaient des nouvelles de leurs proches.
L’accident s’est produit mercredi matin à Urda, dans la région de Castille-La-Manche, lorsqu’un train de la compagnie publique Renfe a percuté par l’arrière un train de l’opérateur privé Iryo, immobilisé sur la même voie, selon les premiers éléments rapportés.
Environ 550 personnes se trouvaient à bord des deux trains au moment de la collision.
Jeudi, des équipes de secours, appuyées par de puissantes grues, continuaient de fouiller les débris à la recherche d’éventuelles victimes supplémentaires. Deux voitures du train Iryo ont été projetées en contrebas d’un talus, selon un journaliste de l’AFP présent sur place.
Le bilan de la catastrophe a atteint au moins 69 morts, a annoncé le président de la région, Emiliano García-Page. Sur les 110 personnes admises dans les hôpitaux de Castille-La-Manche après l’accident, 50 étaient encore hospitalisées jeudi matin, a-t-il précisé.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a décrété trois jours de deuil national à compter de jeudi et demandé que les causes de la collision soient établies.
Les autorités travaillent « jour et nuit » pour répondre à l’urgence et renforcer la sécurité ferroviaire afin qu’un tel drame ne se reproduise pas, a-t-il déclaré.
Des familles dans l’attente
Dans le village d’Urda, situé à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, une école a été transformée en centre d’accueil pour les proches des passagers.
« Nous avons des gens en état de choc qui n’ont pas encore réalisé ce qui s’est passé, des personnes en colère, tristes, inquiètes », a témoigné Carmen Garcia, psychologue de la Croix-Rouge.
Le curé du village, José Miguel Fernández, a également décrit le désarroi des familles venues chercher des informations sur leurs proches disparus.
Plusieurs centres ont été ouverts pour recueillir des dons de sang et permettre aux proches de fournir des échantillons d’ADN nécessaires à l’identification des victimes.
La France était sans nouvelles de plusieurs de ses ressortissants, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères.
Des survivants ont raconté la violence du choc. Josimar Medina, un Péruvien de 31 ans en vacances en Espagne avec sa compagne, a expliqué qu’il dormait dans le train Renfe lorsqu’il a été brusquement projeté dans les airs.
Pablo Mejia, 42 ans, a estimé qu’un changement de siège effectué à la dernière minute lui avait sauvé la vie.
Les causes de l’accident en question
L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances exactes de la collision. Le ministre espagnol des Transports a évoqué une possible « erreur » humaine et des circonstances encore inexpliquées.
Selon les premiers éléments rapportés, le train Iryo avait été immobilisé après une défaillance informatique du système de sécurité chargé de contrôler la circulation ferroviaire. Les circonstances précises de l’incident doivent encore être établies par les enquêteurs.
La catastrophe relance les interrogations sur l’entretien et la sécurité du réseau ferroviaire espagnol, qui dispose du deuxième réseau de trains à grande vitesse au monde après celui de la Chine.
Le secteur ferroviaire espagnol est confronté à une grève de 24 heures du principal syndicat des conducteurs, le SEMAF, maintenue jeudi. Le syndicat entend défendre la sécurité ferroviaire.
L’Espagne avait déjà été frappée par un accident ferroviaire majeur en janvier, à Adamuz, qui avait fait 46 morts, selon le bilan rapporté. En 2013, un déraillement près de Saint-Jacques-de-Compostelle avait tué 80 personnes.
Le bilan de la collision d’Urda reste provisoire, alors que les opérations de secours et l’identification des victimes se poursuivent.

