Jeudi 29 avril 2021 ((rezonodwes.com))– A la fermeture le 26 avril dernier du registre électoral par le Conseil Électoral Provisoire (CEP-illégal) de Jovenel Moïse, environ la moitié des Haïtiens en âge de voter n’ont pas pu retirer leur carte d’identification nationale (Carte Dermalog). Un précieux sésame donnant aussi la possibilité de participer à tout vote programmé par l’État haïtien.
C’est dans ce contexte que le gouvernement Tet Kale met le cap sur l’organisation d’un référendum visant à changer la constitution de 1987 pour instaurer une autre loi-mère, plus conforme à ses visées autoritaires et à l’appétit de ses sponsors internes et externes.
Jovenel Moïse et son clan font donc fi du rejet de leur projet par la quasi-totalité de la société haïtienne et des objections soulevées par la communauté internationale et d’une partie de ses alliés
Pour le chef du parti au pouvoir PHTK, Liné Baltazar, les données fournies par l’ONI (Office Nationale d’Identification) montrent clairement que la tenue d’un référendum constitutionnel pour le 27 juin est techniquement impossible, puisque cet exercice de vote exclurait automatiquement la moitié des électeurs haïtiens.
De son côté, le Core Group (composé des Ambassadeurs d’Allemagne, du Brésil, du Canada, d’Espagne, des États-Unis d’Amérique, de France, de l’Union Européenne, du Représentant spécial de l’Organisation des États Américains et de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies) quoique du bout des lèvres, reconnait que le processus initié par son protégé pose problème.
Tout en exprimant son inquiétude face à la situation sécuritaire, empêchant les gens de vaquer librement à leurs activités quotidiennes, le Core Group a exprimé sa préoccupation devant le fait que le processus de changement de constitution n’est pas à ce stade suffisamment inclusif, participatif ou transparent.
»Une telle réforme devrait se dérouler sur la base d’une large consultation qui implique l’ensemble des forces vives de la nation », a indiqué le Core Group dans un communiqué.
Sachant que ses alliés, malgré leurs jérémiades, n’hésiteront pas à le rejoindre, une fois son forfait commis et imposé par la force de ses gangs légaux et illégaux, Jovenel Moïse vient de mettre à la disposition du CEP non assermenté la coquette somme de 40 millions de dollars américains.
Une somme qui servirait entre autres à pousser à fond la propagande, acheter certaines consciences, alimenter les bases armées, louer des votants et huiler l’infernale machine d’un coup de force programmé.
Que ce soit dans la rédaction ou dans l’adoption de sa nouvelle constitution, Jovenel Moïse a soigneusement planifié la mise à l’écart de la société haïtienne. Si en 1987, le pouvoir militaire avait fait élire des délégués de tous les départements pour faire partie d’une assemblée constituante, en 2021, Jovenel Moèse s’est contenté de choisir cinq (grenn 5) beni-ouioui pour approuver son document préfabriqué.
Si en 1987, le régime militaire du Général Namphy avait autorisé un débat public et le vote par article du projet de constitution, Jovenel Moïse n’accepte pas de consultations de la société. Il suffit de battre la grosse caisse pour demander aux citoyens de voter oui le jour du référendum pour une constitution qui veut nous ramener des décennies en arrière.
Jovenel Moïse sait qu’il n’a pas le droit d’apporter des modifications la constitution de 1987. Jovenel Moèse sait qu’il n’a pas le droit de mettre à la poubelle une constitution adoptée par le peuple haïtien.
Mais, l’exclusion est l’arme idéale pour tout pouvoir autoritaire!

