Les propagandes, transgressions, expressions et impressions des effigies et des noms de personnages vivants ne peuvent se vivifier à travers la monnaie, les timbres et les vignettes. Il en est de même pour les bâtiments publics, les rues et les ouvrages d’art. Le culte de la personnalité est formellement interdit (Article 7 de la Constitution).
Dimanche 19 avril 2020 ((rezonodwes.com))– Partant de cette référence déontologique, qu’il me soit loisible d’attirer l’attention de certains déshonorables sénateurs, députés, première dame et Organisations Internationales – dans leurs distributions ignobles de bokits et de vases pour freiner la propagation du coronavirus – ils ont commis un double crime grave. Primo, l’argent destiné aux projets de la République ne peut être ravi, envahi et servi à des envies personnelles narcissiques et du prosélytisme politique pour soigner son capital «moraliste», sentimentaliste, paternaliste et électoraliste. Secundo, des personnalités de tel «prestige» et de tel acabit ne devraient pas se déchaîner pour enchaîner et dégainer dans une guerre acharnée pour remporter le prix de la magnificence, la phosphorescence et l’excellence dans la «kokoratisation».
Ces anciens sénateurs, députés, organisations internationales et figures de la présidence blasée, avaient accès à des dizaines de millions de dollars, détournés en des poches individuelles. De leurs lieux de gestionnaires, contrôleurs, superviseurs et ordonnateurs des projets publics, au plus haut sommet de l’Etat, ils n’ont jamais su défendre dans l’intérêt collectif un hôpital, un campus universitaire, un stade, une bibliothèque, un complexe sportif et de cinéma. Ils se contentaient d’investir leurs précieux temps de cupidité, d’atrocité, de débilité et d’indignité à identifier les contrats juteux pour sortir des cartes démagogues dans des projets de connivence avec Dermalog. Ils ont nourri des collusions illicites et paraphé des ententes déloyales en suçant les rares ressources financières des ministères et des organismes autonomes. La CAS, l’ONA, le FDI, le FAES, la BRH, le BMPAD et l’APN ont vu les sept couleurs de l’arc-en-ciel au cours de cette 50e de toutes les perversions, corrompue, conspue et rompue dans l’infamie. Et voilà soudain, les bandits et les acteurs épinglés dans toutes les dépravations déclarent des compétitions entêtées en distribuant des bokits misérables en contrepartie de publicités à claironner leurs noms et exposer leurs effigies comme les leaders, les champions et les sauveurs de la République.
De ce comportement de racketteurs, bluffeurs, «bétiseurs», fraudeurs, imposteurs et profiteurs, ces êtres passent au contraire pour des moqueurs et des ambassadeurs de la laideur et de l’impudeur. Vous ne montrez aucune grandeur, aucune profondeur ; vous aromatisez la toile et les salons par des odeurs répugnantes. Jugez-en vous-mêmes ! Gary Victor a eu raison de vous cataloguer de « la crème des kokorat ».
Il faut cesser ces plaisanteries dégoûtantes de l’érosion des valeurs
Serions-nous devenus un peuple amnésique, agénésique, dysmnésique et dysgénésique anesthésié dans un dépotoir et un abattoir qui seraient les dépositoires des âmes sans mémoire? Kidnapping, dumping, shopping extravagant, ces personnages étaient obligés de faire du jumping et du looping d’un média à l’autre pour tenter en vain de redorer leurs sales images qui vacillaient dans la tourmente et la lassitude à l’instar d’une balle de pingpong. La crise «covidique» se présenterait à point nommé comme une planche de salut pour que ces crapules et traîtres d’hier redorent aujourd’hui leurs blasons politiques. O ! En dépit des répits infligés suite à leurs impies et leurs impairs à s’enrichir et se remplir les poches dans toutes les acrobaties, nourrissent-ils toujours l’intention de briguer le poste de la première magistrature de la République ? Nou genlè fin tounen krizokal vre ! A la traka papa !
Ces parlementaires indignes, incultes, injustes, improductifs, récipiendaires des prix de tous les actes ignobles et qui avaient trouvé repère dans le repaire de bandits au Bicentenaire, commencent tôt leurs manèges publicitaires en distribuant dans la honte nationale, des matériels et des t-shirts à leur effigie pour se refaire une santé politique. C’est définitivement prendre tous les enfants du Bon Dieu comme des canards sauvages quand vous n’avez pas été blanchis de vos tapages, dopages, dérapages et télescopages dans des accusations de kidnapping et que vous pensez vous impliquer de bon droit dans les affaires de la société. En cette ère de lumière, la population doit définitivement ouvrir grandes ses paupières pour ne plus se laisser berner dans des mensonges de bananes pourries et une factice attitude de bons samaritains de ces apprentis-sorciers, prédateurs et amateurs politiques.
Guerre des talents vs guerre des kokorat !
Le siècle présent a vu déclarée de manière obstinée, et ceci de bonne guerre, une véritable guerre des talents où les institutions, les universités, les clubs et les entreprises côtoient la crème de la crème en vue de satisfaire les contraintes d’optimalité, de qualité, de performance et d’excellence dans la production des biens et services. A l’autre bout, des nations pourries par la médiocratie, l’usurpation et l’imposture, accueille au quotidien des exhibitions médiocres, abjectes, dégradantes et indécentes pour alimenter une certaine guerre de la crème des kokorat.
Ces personnalités «crèmes maïs» de basse dimension qui jurent d’implémenter et d’incrémenter leurs projets minables qui discréditent et décrémentent les valeurs des nobles institutions du pays, nagent dans le déshonneur. Par leurs esprits envahisseurs, ils ont écrémé l’administration publique des étoiles et des crèmes qui rehaussaient son prestige et son éclat pour en faire un repaire de bandits dans les postes les plus prestigieux. Au cours de ce règne de la bêtise, n’importe qui, venant de n’importe où et faisant n’importe quoi est habilité à déposer ses derrières sur les fauteuils bourrés des ministères, des directions générales et de la diplomatie, moyennant qu’il ait du bois derrière sa banane ; un sénateur ou un député !
Vivotant en dessous du seuil de pauvreté extrême, une énorme partie de la population dépourvue du minimum vital, devient l’objet de convoitise électorale en contrepartie d’un plat chaud ou de mille gourdes. Il n’est pas difficile de saisir l’intérêt cupide de ces champions de la voyoucratie qui ne valorisent pas la formation; car évidemment, plus on est instruit, moins on se laisse traîner dans la boue par des projets mesquins de bas instinct.
Conséquences de la déraison et de l’aveuglement des bulles officielles, même ceux dotés d’un certain niveau académique étonnent, souillonnent et badigeonnent l’entendement et le discernement des esprits avisés. Respirateur artificiel étant le concept conforme, mais par abus de langage, le discours de facilitation utilise aussi le vocable ventilateur. Et donc par excès de zèle, certains se sont empressés de vider les magasins électroménagers de la capitale des ventilateurs ordinaires, pour aller s’exhiber comme des papas bons cœurs auprès de la population vulnérable. Ces factices empathies dans des facéties, gaucheries et des inepties exposent à nu le vedettariat politique débraillé, tiraillé et déraillé de ces véritables Boukis qui se croient des Malices !
La façon de donner vaut plus que ce que l’on donne !
Dans leur snobisme, cannabisme, et cannibalisme, ces mercenaires politiques ont dérobé, gobé, gargoté et patrigoté les maigres ressources disponibles qui auraient pu être allouées à la construction d’une dizaine d’hôpitaux, d’écoles, de stades et de campus universitaires au standard international. Aujourd’hui, ils osent offrir des bokits, dans cette même pratique de lancer à la population « Ti Rès la », comme de l’os jeté à des chiens. Indécent !
La distribution des récipients et des ingrédients pouvant assurer la protection et la prophylaxie est une bonne initiative, en soi. Mais, quand ce sont des cœurs d’acier et des pharisiens qui se mobilisent uniquement dans une perspective de retour par un vote, cela fait pitié. Faire du bien aux autres a toujours été l’une des plus belles actions qui permet de reconnaître des âmes vertueuses. A cet effet, compliments aux jeunes, aux regroupements et associations tant au bercail qu’à la diaspora qui déploient tous les efforts pour encadrer les plus vulnérables en les pourvoyant d’eau, de nourriture et de fournitures à travers des gestes d’amour et de solidarité. Vous faites honneur au sauveur du monde qui juge les œuvres humaines par leurs vrais mobiles. « Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre (Mathieu 12v43) »
Le culte de la personnalité est un délit grave condamné par la législation haïtienne; la propagande à travers des effigies dans la kokoratisation parait encore plus grave. La politisation de la crise du Covid-19 via les gestes indigestes de distribution de bokits, maillots et képis imprimés de noms de la première dame, de sénateurs, députés et organisations internationales, se dresse comme une exagération, une abomination, une irritation et une déviation par rapport aux vertus d’une aide humaniste et bienfaitrice.
Carly Dollin
carlydollin@gmail.com

