Cette année la célébration du 5 octobre 2026 est historique, marquant les 60 ans depuis que l’UNESCO a adopté la recommandation concernant les grandes lignes sur la valorisation du personnel enseignant. En Haïti les défis sont énormes, l’aggravation accrue de la précarité dans le secteur éducatif et avec la répétions de crises beaucoup de chemin reste à parcourir.
La Fédération nationale des syndicats en Éducation (FENASE) salue tout le personnel enseignant du pays qui accepte de travailler dans des conditions très difficiles pour transmettre le pain d’instruction aux élèves haïtiens.
Reconnaissant le rôle essentiel des enseignants dans le progrès de l’éducation et l’importance de leur contribution au développement de la personnalité humaine et de la société moderne, le 5 octobre 1966 lors d’une conférence intergouvernementale, l’UNESCO a adopté une recommandation concernant la condition du personnel enseignant. Cette recommandation internationale reste le cadre référentiel définissant les droits et les responsabilités des enseignants et enseignantes en établissant les normes relatives :
À la formation initiale et continue des enseignants et enseignantes
Aux conditions de travail ;
Au dialogue social et à la négociation collective ;
Aux salaires et à la sécurité de l’emploi ;
À la qualité de l’éducation. Soixante ans (60) ans après, le constat reste alarmant. En Haïti, les enseignants et les enseignantes, à travers leurs syndicats, continuent de se battre pour réclamer :
Leurs lettres de nomination dans les écoles publiques ;
De meilleures conditions de travail en salle de classe ;
La qualité de l’éducation se dégrade continuellement, les classes pléthoriques deviennent la norme dans les lycées, et aucune convention collective n’est signée dans le secteur de l’éducation. Ainsi, la vision de la recommandation reste encore à concrétiser même après six décennies. En cette date du 5 octobre, commémorant la Journée mondiale des enseignants et des enseignantes, la FENASE continue d’exiger :
L’application de l’accord du 20 janvier 2025 signé par le gouvernement et les plateformes syndicales ;
La mise en œuvre du statut particulier du personnel éducatif, adopté par le gouvernement haïtien en février 2014 ;
Des investissements publics dans le secteur éducatif visant à l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves. La FENASE regrette que, jusqu’à présent, certaines écoles nationales fonctionnent, depuis des années, sans aucun professeur nommé régulièrement ; alors que plusieurs milliers de lettres de nomination restent en souffrance à la Primature, en attente de la signature du Premier ministre.
Par ailleurs, la FENASE dénonce également le fait que les demandes sociales des syndicats soient délaissées, alors même que les conditions de travail du personnel enseignant se détériorent.
Fort de ce constat, la FENASE estime qu’en cette journée mondiale des enseignants et des enseignants, l’heure n’est point à la fête. Elle lance un appel à la réflexion et à l’unité afin de trouver la bonne stratégie de mobilisation pour contraindre le gouvernement à satisfaire les différentes revendications des enseignantes et des enseignantes.
Chers Collègues, enseignantes et enseignants, ne restons pas isolés face aux politiques de divisions. Notre force réside dans notre solidarité, notre unité et nos actions collectives. La situation de l’heure nous interpelle tous et toutes sur l’avenir de notre métier. Unissons-nous pour la revalorisation de ce noble métier.
En ce jour du 5 octobre, Journée mondiale des enseignantes et des enseignants, crions tous : Vive la solidarité syndicale !
La lutte continue !
Secrétariat communication de la FENASE

