Les assassins de Rospide Pétion et de Néhémie Joseph – disparus respectivement les 10 juin et 10 octobre 2019 – courent encore les rues alors que des commissaires de gouvernement et ou juges d’instruction sont très actifs dans certains dossiers…quand il vient de faire les jeux du Palais National.
Un nouveau rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO) décrit l’Amérique Latine et les Caraïbes comme les régions du monde où le plus grand nombre de journalistes sont tombés sous des balles assassines l’année dernière.
Unesco : « De manière générale, les menaces contre les journalistes ont pour objectif de faire taire les voix critiques et de restreindre l’accès du public à l’information ».

Mercredi 22 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– Bien que le nombre de journalistes tués dans le monde ait été réduit de moitié en 2019, les professionnels des médias demeurent confrontés à des risques graves, l’impunité qui entoure les crimes contre eux étant presque totale, selon les chiffres de l’UNESCO qui a noté que « les assassinats de journalistes en 2019 avaient diminué de près de moitié par rapport à 2018« .
Moins de journalistes ont été tués en 2019
L’Observatoire de l’UNESCO sur les journalistes assassinés a enregistré 56 décès de mort violente en 2019, contre 99 en 2018 – le bilan le plus faible depuis plus de dix ans. Au total, l’UNESCO a enregistré 894 assassinats de journalistes au cours de la décennie 2010-2019, soit une moyenne de près de 90 par an.
Des journalistes ont été assassinés sur tous les continents, l’Amérique latine et les Caraïbes enregistrant 22 meurtres, soit le nombre le plus élevé, suivies de l’Asie et du Pacifique avec 15 assassinats et la région des États arabes avec 10 meurtres.
Les données de 2019, selon le rapport de l’Unesco, ont révélé que les journalistes des Caraïbes tués venaient d’Haïti. Il a indiqué que Néhémie Joseph et Rospide Pétion avaient été assassinés les 10 octobre et 10 juin de l’année dernière et que dans les deux cas, la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, avait appelé l’administration de Jovenel Moise à enquêter sur ces homicides.
Le corps sans vie de Joseph, un reporter radio et présentateur à Panic FM, basé à Mirebalais, et de de radio Méga à Port-au-Prince, a été retrouvé dans le coffre de sa voiture après avoir été abattu par des assaillants inconnus.
Dans le cas de Pétion, le directeur général de l’UNESCO a déclaré qu ‘«enquêter sur les cas de violence contre des journalistes et traduire leurs auteurs en justice est indispensable pour la défense de la liberté d’expression et de la presse». Pétion, journaliste à Radio Sans Fin, a été tué à Port-au-Prince, alors qu’il rentrait du travail dans un véhicule de la station.
La majorité des journalistes ont été tués en dehors des zones de conflit
Les chiffres de l’UNESCO montrent que les journalistes ne sont pas seulement exposés à des risques extrêmes lorsqu’ils couvrent des guerres mais qu’ils sont également visés lorsqu’ils font des reportages sur la politique locale, la corruption et la criminalité, souvent dans leur ville même de résidence.
En 2019, six cas sur dix (61%) en 2019 concernent des pays qui ne connaissent pas de conflit. C’est là un pic notable d’une tendance plus large de ces dernières années, et une inversion complète de la situation de 2014, quand ce chiffre était d’un tiers.
À l’instar des années précédentes, plus de 90% des assassinats enregistrés en 2019 concernaient des journalistes locaux.
Toutes ces tendances ont été mises en évidence dans la campagne médiatique de l’UNESCO #KeepTruthAlive, dans le cadre de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes de 2019


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