Toutes les forces anti-Jovenel se sont convergées vers Pétion ville. Une foule immense a foulé le macadam ce vendredi pour exiger le départ du pouvoir en place. Mais, la dernière bataille ne sera pas pour ce vendredi…
Vendredi 11 octobre 2019 ((rezonodwes.com))– Obtenir la démission du président Jovenel Moïse, n’est finalement pas aussi aisée que le pensaient les membres de l’opposition signataires de l’Alternative Consensuelle pour une refondation de la nation haïtienne.
Suant sang et eau depuis des mois dans les rues des villes et villages d’Haïti, les leaders anti-Jovenel ont annoncé la finale des finales ce vendredi avec une journée de mobilisation intense au cours de laquelle ils ont intimé l’ordre au président d’apporter sa lettre de démission sur la place publique de Pétion-Ville, baptisée Place Saint-Pierre, ou d’envoyer les membres de son nouveau comité dialoguer avec les manifestants.
L’avertissement était clair, si le président se terre toujours dans sa cachette en refusant de faire le geste tant attendu, dans un délai ne dépassant pas deux heures d’horloge, les hordes innombrables de protestataires venues de tous les coins de la capitale se saisiront de leur bâton de pèlerin pour monter, comme Mahomet, à l’assaut de la montagne où se trouve juchée la résidence du couple présidentiel.
Les acteurs, après avoir séjourné sur la place Saint Pierre et réalisé plusieurs tours de Pétion Ville, ont voulu prendre la direction de Pèlerin 5 afin d’aller chercher les clés du Palais. Mais c’était sans compter sur un mur imprenable de policiers qui ont repoussé la manifestation à coups de gaz lacrymogènes et de balles.
Du coté de Kenscoff, la même scène s’est répétée pour empêcher une autre branche partie des hauteurs de déverser un flot de manifestants sur la maison du premier mandataire de la nation.
La bataille a été rude entre les policiers et les manifestants qui ont lancé des jets de pierres sur les agents pour les faire reculer. Dans la foulée, plusieurs militants ont été arrêtés par la police sous l’accusation de troubles à l’ordre public.
Les leaders et les protestataires par contre ne s’avouent ni vaincus, ni fatigués, car, pour eux, la guerre n’est pas encore finie. Ils veulent par tous les moyens arriver à faire partir Jovenel Moïse du pouvoir afin de faciliter la réalisation du procès de Petrocaribe et la conférence nationale souveraine tout en cassant le système pourri générateur de misère pour les Haïtiens.
Pascal Fleuristil
pfleuristil@yahoo.fr

