par Rony Blain
Mercredi 21 août 2019 ((rezonodwes.com))– En 2003, j’ai élaboré un programme pour la célébration du Bicentenaire national. Il s’agit d’une proposition de réforme générale. En 2007, j’ai procédé à la création de la Nouvelle opposition nationale en vue d’établir un mécanisme de transition. En 2009, j’ai présenté la proposition de réforme générale, un document de trois-cent pages à Port-au-Prince.
En outre, j’ai placé une annonce dans Le Nouvelliste indiquant l’emplacement du document sur le Net. Après le séisme, je me suis réfugié dans un constat d’échec, attendant le moment propice pour refaire surface.
Au cours de mon passage au pays, en juin dernier, me tenant sur une galerie, j’ai suivi le passage de plusieurs manifestations composées de jeunes désespérés vivant dans un pays au bord de la faillite. Finalement, j’ai décidé de donner une conférence sur cette même galerie où je passais habituellement la matinée.
En l’espace de quatre jours, le projet fut lancé. On a acheté des enveloppements. On a fait préparer la lettre d’invitation qui allait être remise à vingt agences de presse.
Plus de cinq radiotélévisions sont venues recueillir mes propos. Finalement, avant de partir, j’ai laissé une structure technique, garante de mes idéaux politiques. Ces jeunes ont en leur possession tous les documents phares qui leur permettent de se maintenir infailliblement sur la route du changement politique.
A mon grand étonnement, j’ai dépensé moins de vingt dollars américains pour cette conférence, incluant une petite réception. Pour vous dire, l’argent n’est pas un facteur. Nous avons un problème d’identité. Certains d’entre nous sont très intransigeants, d’autres ont peu de jugement.
A l’intérieur du pays, nous sommes assujettis, à l’extérieur, nous sommes désorganisés. De plus, notre départ ou plutôt notre absence a creusé un vide fatal qui laisse croupir l’incurie, une infection administrative. Nos remplaçants ne sont pas à la hauteur parce que nos principes et nos valeurs ne leur ont pas été transmis. Ratés à tous les niveaux, ces subalternes se réjouissent d’avoir atteint le ciel de l’obscurantisme.
Le gouvernement actuel tergiverse comme une compagnie de démolition. Il est temps pour nous de créer notre propre compagnie de construction.
En effet, Haïti est un chantier inachevé. L’arrêt des travaux a occasionné le fatalisme et la fatalité. Nous devons nous organiser pour inaugurer l’édifice national avec les moyens disponibles et les efforts nécessaires.
En vous saluant, je vous rassure que le pays dispose d’un programme de réforme générale baptisé du nom de Nouvel État, et vous supplie de me faire parvenir vos suggestions.
Rony Blain
Initiateur de la Nouvelle opposition nationale
Auteur du Guide de la réforme haïtienne, Miroir du soleil, Réflexions II
Diplômé en sciences politiques, philosophie et lettres
blainrony@yahoo.com
États-Unis, le 12 août 2019

