Samedi 18 mai 2019 ((rezonodwes.com))– Mes chers compatriotes,
Chaque 18 mai, date de la célébration de la naissance de notre drapeau. prélude à la création de la patrie qui nous a vu naître, l’Haïtien devrait se bomber le torse d’orgueil et de fierté pour avoir réalisé un exploit jusque-là inédit dans les annales de l’histoire moderne.
Il en fut ainsi au cours de certaines périodes relativement ensoleillées de la vie nationale puisque, je me rappelle enfant et même pré-adolescent, les fastes dont était entouré ce jour.
Mais depuis plus de soixante ans et toujours de mal en pis, telle une descente vertigineuse qui refuse obstinément d’atteindre le nadir pour amorcer une remontée même titubante, mon pays, votre pays donc notre pays ne cesse de s’enfoncer dans la profondeur des ténèbres au mépris hypocrite du 18 mai et du 1er janvier donnant la priorité aux bas instincts du peuple à travers les activités carnavalesques, période de défoulement populaire qui fait oublier temporairement les vrais problèmes existentiels auxquels le pays est confronté.
Si certains citoyens de ce pays n’ ont pas pris conscience de cet état de fait il existe encore des hommes follement amoureux de ce coin de terre toujours à l’affût des moindres occasions pour tenter de renverser la donne et redonner au pays son prestige d’antan. Qui sont-ils? Vous et moi qui exacerbés par la déliquescence des moeurs et des pratiques politiques actuelles, par la corruption et le mensonge qui, comme une gangrène, ont conquis tous les rouages de la vie nationale avons décidé de dénoncer cette situation et hurler à pleins poumons que le glas de cette période doit sonner.
Un penseur a écrit: “Rien n’est plus dangereux que lorsque l’ignorance et l’intolérance sont armées de pouvoir”. Dois-je, face à la réalité tragique dont notre quotidien est fait, m’étendre davantage sur cette pensée. Force est de reconnaître qu’elle décrit avec exactitude et précision notre vécu journalier tel le scalpel d’un grand chirurgien.
Je creuse avec obstination les moindres passages de notre histoire de peuple pour essayer de découvrir à quel moment la cassure s’est opérée entre notre volonté d’imposer notre statut de nation libre et indépendante au monde entier et le début de notre docile soumission aux interventions réitérées de l’étranger dans nos affaires internes, extrapolation qui a miné en grande partie notre fibre patriotique et conduit à l’adoption de tous les coups bas dont nos dirigeants se réclament les champions. Le résultat de ma quête n’a pas été concluant car ce que j’ai pu en déduire c’est que le pays a été victime d’un poison lent qui lui a été inoculé à petites doses de manière répétée jusqu’à produire les effets délétères auxquels nous assistons aujourd’hui.
Nos hommes politiques, renards dans l’art d’amadouer les esprits pour s’accaparer du pouvoir et se transformer en loups dans la gestion de la chose publique enfonçant avec dédain le peuple qui les a choisis dans une condition infra-humaine. Nos colons locaux se révèlent plus féroces que toutes les autres races de colons. Pourquoi tant de hargne? Pour avoir été les premiers esclaves noirs à se libérer des chaînes de la servitude, nous avons reçu en récompense nos dirigeants dressés en commandeurs.
Je m’attends à des critiques virulentes pour cette adresse sortie du tréfonds de mes entrailles qui saignent devant votre misère, donc notre misère chers compatriotes.Sous le soleil d’Haïti, nous voyons tout et nous finissons par tout supporter . Des explications mensongères enrobées de miel, des promesses fallacieuses pour couvrir leurs actions malhonnêtes, des réalisations bidons pour détourner des millions, a titre d’illustrations: Haiti is open for business, l’Ile-a-Vache, station balnéaire d’envergure internationale, Ile de la Gonave, Centre offshore, la Caravane du changement, l’opération vraiment pitoyable ayant dilapidé des millions.
Que c’est pathétique! Nous supportons tout et nous finissons par tout tolérer, nous tolérons tout et nous finissons par tout accepter, nous acceptons tout et nous finissons par tout approuver comme des brebis marchant sous la contrainte pour servir d’offrandes aux caprices effrénés des dirigeants politiques. En ce 18 Mai 2019, ensemble nous dénonçons cette situation et ensemble prenons la ferme détermination de changer le cours de la vie politique, économique et sociale dans le pays.
Bonne fête chers compatriotes
Harry Bretous
Haiti Kampe.

