Mercredi 15 mai 2019 ((rezonodwes.com))– Les dirigeants haitiens ne cessent de fouler au pied la loi du 20 février 2008 portant déclaration du Patrimoine par certaines catégories de personnalités politiques, de fonctionnaires et autres agents publics, a noté la Fondation Je Klere (FJKL).
Pour les dirigeants de FJKL qui ont réalisé une enquête sur l’application de cette loi durant la période de 2008 à 2018, seulement 46% des membres de l’exécutif (présidents, premiers ministres, ministres et secrétaires d’état) ont fait leur déclaration de Patrimoine à leur entrée en fonction et seulement 10.77% ont fait leur déclaration de Patrimoine à leur sortie de fonctions.
Plus précisément deux (2) anciens présidents de la République n’ont pas fait leur déclaration de Patrimoine à leur sortie de fonction, trois anciens Premiers ministres sur sept ne l’ont pas fait, cent seize anciens ministres sur cent trente un (131) ne l’ont pas fait et quatre-vingt-six (86) anciens secrétaires d’Etat sur quatre-vingt-dix (90) ne l’ont pas fait non plus.
Rappelons que le pouvoir exécutif formé du président, du Premier ministre, des ministres et des secrétaires d’Etat représente pour la période considérée – soit dix ans- quatre (4) présidents, sept (7) Premiers ministres, cent trente et un (131) ministres et quatrevingt dix (90) secrétaires d’Etat, ce qui donne un total de deux cent trente-deux (232) personnes assujetties à la déclaration de Patrimoine pour la période considérée.
La FJKL a expliqué que cette loi est un outil destiné à combattre l’enrichissement inexpliqué. Elle a été adoptée et promulguée dans le but de moraliser la vie publique. Pourtant le constat est frappant :
« L’Indice de perception de la corruption (IPC) 2018, publié le mardi 29 janvier 2019 par Transparency International, montre qu’Haïti a régressé dans le classement mondial de la corruption en s’installant à une peu enviable 161e place sur 180 pays avec un score de 20 sur 100.»
Le pays a régressé dans l’indice de perception de la corruption si l’on considère le score qu’il avait obtenu durant ces trois dernières années. L’explication à cet état de fait n’est pas à chercher très loin, selon la FJKL : « Les normes destinées à la lutte contre la corruption ne sont pas appliquées et les institutions chargées de lutter contre la corruption ne sont que des institutions de façade », ont affirmé les dirigeants de cet organisme.

