Classé 60 ème en 2018, tout va à reculons en 2019. Ce coefficient de régression de deux places utilisé par Reporters Sans Frontières (RSF) pour évaluer sous tous ses angles la liberté de la presse en Haïti en 2019, constitue un carnet d’évaluation des activités de Jean-Michel Lapin, en tant que ministre de la Communication dans le gouvernement renvoyé par le Parlement pour inefficacité
Paris, Samedi-Saint 20 avril 2019 ((rezonodwes.com))–Haïti où sont encore gardés jalousement certains acquis du 7 février 1986, à la chute de la dictature des Duvalier, est classé 62e du classement mondial de la liberté de la presse 2019 publié le jeudi 18 avril par Reporters sans frontières (RSF).
Les journalistes haïtiens évoluent dans « un environnement de travail trop précaire » a fait remarquer RSF, regrettant que « malgré la récente évolution des lois relatives à la liberté de la presse, les journalistes haïtiens sont toujours victimes d’un cruel manque de ressources financières, de l’absence de soutien de la part des institutions et d’un accès difficile à l’information« .
« Certains subissent encore des intimidations et des agressions, notamment pendant les manifestations […], les médias privés, très liés aux intérêts de leurs actionnaires, peinent à exprimer leurs points de vue sans autocensure« , a souligné dans son rapport de 2019 l’organisation fondée en 1985 à Paris par Robert Ménard.
Le classement d’Haïti durant les 6 dernières années, jugez-en par vous-même:
2019 président Jovenel Moise, score obtenu 29. Classement 62 ème
| 2018 président Jovenel Moise | 60 ème sur 180 | |
| 2017 président Jovenel Moise | 53 ème sur 180 | |
| 2016 président Jocelerme Privert | 53 ème sur 180 | |
| 2015 président Michel Martelly | 53 ème sur 180 |
| Année | Classement | |
| 2014 président Michel Martelly | 47 / 180 | |
| 2013 président Michel Martelly | 49 / 180 |
RSF est revenu sur le projet de loi qu’avait en tête Jovenel Moise pour bâillonner la presse indépendante. L’organisation de défense des libertés de la presse a rappelé qu’ « en 2017, un projet de loi sur la diffamation a été voté au Sénat, prévoyant de lourdes sanctions contre les journalistes« . RFS a par ailleurs signalé dans son rapport qu’ « en 2018, la disparition du photoreporter Vladjimir Legagneur, alors qu’il réalisait un reportage dans un quartier sensible, a profondément choqué le pays« .
Il faut noter que depuis la publication de ce rapport jeudi, plusieurs dirigeants du monde entier ont réagi. A Taïwan, la présidente Tsai Ing-wen sur Twitter a affirmé que « la liberté de la presse est la colonne vertébrale de la démocratie taïwanaise« . Encore beaucoup plus en Haïti, dirions-nous, où tout se fait par la corruption, pour la corruption et avec la corruption.
République Dominicaine classée en 55è rang, mais tout n’est pas rose sur l’autre moitié de l’île, constate RFS avec l’autocensure comme solution choisie
La liberté de l’information en République dominicaine est fragilisée par un fort niveau de concentration et d’impunité, favorisant l’autocensure, a révélé Reporters Sans Frontières.
Les journalistes dominicains qui couvrent des sujets sensibles comme la corruption ou le narcotrafic s’exposent entre autres à des menaces ou de violentes représailles pouvant aller jusqu’à l’assassinat de la part de fonctionnaires ou de cartels. En 2016, des lois rendant la diffamation passible d’emprisonnement ont été abrogées. Une avancée majeure pour la presse et la démocratie, écrit RFS.



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