2 octobre 2026
Haïti-Élections | Antonal Mortimé juge impossible le scrutin de 2026, cinq ans après le CEP présidé par son épouse et chargé d’un référendum mort-né
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Haïti-Élections | Antonal Mortimé juge impossible le scrutin de 2026, cinq ans après le CEP présidé par son épouse et chargé d’un référendum mort-né

PORT-AU-PRINCE, 2 oct. — Antonal Mortimé, co-directeur du Collectif Défenseurs Plus, estime que les conditions politiques, sécuritaires, techniques et matérielles ne permettent pas l’organisation d’élections en Haïti en décembre 2026, une position qui ramène au centre du débat le précédent du Conseil électoral provisoire (CEP) de 2020-2021, présidé par son épouse, Guylande Mésadieu.

« Politiquement, sur le plan sécuritaire, sur le plan technique, matériellement, il est impossible d’avoir des élections », a déclaré Mortimé, considérant qu’un scrutin ne peut raisonnablement être organisé dans les conditions actuelles.

Cette appréciation renvoie toutefois à la période 2020-2021. Guylande Mésadieu avait été nommée membre du CEP constitué sous la présidence de Jovenel Moïse avant d’en prendre la direction. Mortimé avait alors publiquement défendu la participation de son épouse à cette institution, malgré les fortes contestations entourant sa formation et les objections formulées quant à sa conformité aux normes légales et constitutionnelles.

Le CEP présidé par Mésadieu n’avait finalement organisé ni les élections annoncées ni le référendum constitutionnel projeté. Le 27 septembre 2021, le Premier ministre de doublure Ariel Henry avait mis fin aux fonctions de ses membres et rapporté l’arrêté présidentiel du 18 septembre 2020 portant leur nomination.

La position défendue aujourd’hui par M. Mortimé invite ainsi à confronter les deux périodes : quels facteurs rendent le scrutin de 2026 matériellement impossible qui n’affectaient pas déjà, sous des formes certes différentes, le processus électoral de 2020-2021 ? À cette époque, l’expansion des groupes armés, les controverses institutionnelles, l’absence de consensus politique et les difficultés techniques pesaient déjà lourdement sur le calendrier électoral.

Cette comparaison ne saurait occulter l’aggravation de la crise sécuritaire depuis 2021. Elle replace néanmoins les déclarations actuelles de Mortimé face à un précédent directement associé à son parcours public : le CEP présidé par son épouse avait lui aussi reçu pour mission de conduire le pays aux urnes, avant d’être dissous sans avoir organisé les scrutins annoncés et sans avoir mené à terme le projet référendaire.

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