La dernière élection présidentielle haïtienne, remportée par Jovenel Moïse avec environ un demi-million de voix, s’est tenue le 20 novembre 2016 sous la présidence provisoire de Jocelerme Privert. Le processus électoral est toutefois resté inachevé : les élections indirectes devant conduire à la mise en place des institutions départementales n’ont pas été menées à leur terme.
Samedi 7 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — L’ancien président provisoire Jocelerme Privert, qui a déposé sa candidature à la prochaine présidentielle haïtienne, s’est rendu en milieu de semaine à Santiago de los Caballeros, en République dominicaine, où il a rencontré vendredi un entrepreneur lié au parc industriel CODEVI pour « discuter de sa campagne », selon des sources concordantes.
Ces sources évoquent une éventuelle démarche en vue d’obtenir un soutien financier. La version de l’ancien chef de l’État n’a pas pu être recueillie auprès de son secrétariat particulier, contacté sans succès en cette fin de semaine.
M. Privert, qui effectue cette année plusieurs déplacements en territoire voisin selon ces informations, avait déjà visité la zone franche CODEVI, à Ouanaminthe, en mars 2016, durant sa présidence provisoire, en compagnie de ce même industriel dominicain.
L’article 186 du décret électoral du 2 juin 2026 interdisait le financement direct ou indirect provenant d’une autorité étatique ou d’une personne physique ou morale de nationalité étrangère. Cette interdiction demeure prévue par le décret révisé publié le 6 octobre 2026.
M. Privert a annoncé avoir déposé son dossier de candidature le 19 octobre 2026, sous la bannière du groupement Ayiti Transfòme, qualifié de « regroupement de circonstance, sans ancrage patriotique » par certaines voix de la société civile.
Ancien président du Sénat, il avait été élu président provisoire au second degré par l’Assemblée nationale le 14 février 2016, après la fin du mandat de Michel Martelly, sans qu’un successeur ait été élu. Cette désignation, issue d’un accord politique, avait suscité des contestations quant à sa base constitutionnelle.
Sous sa présidence, la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale (CIEVE) avait examiné les scrutins contestés de 2015. Ses conclusions ont conduit à l’annulation du premier tour présidentiel et à la reprise du vote en 2016, avec la participation de plusieurs candidats déjà présents lors du scrutin initial, marqué par des allégations de fraudes et d’irrégularités sous l’administration Martelly-Evans Paul.
Le traitement des contestations législatives avait également provoqué des différends. En août 2016, le CEP avait communiqué des décisions pour quatre des treize dossiers soumis à des enquêtes administratives. Il n’avait pas annoncé de décision pour les neuf autres, relatifs à des circonscriptions déjà représentées à la 50e législature.
Cette législature a ensuite été vivement critiquée par des organisations de la société civile, notamment à la suite de multiples scandales de corruption impliquant aussi bien Joseph Lambert, au Sénat, que Gary Bodeau, à la Chambre des députés.

