Fort du soutien de 67 députés sur les 120 que compte la Knesset, l’ancien chef d’état-major israélien Gadi Eisenkot a été choisi pour tenter de constituer une coalition gouvernementale. Benjamin Netanyahu, au pouvoir depuis près de deux décennies au total, subit un revers politique majeur, mais les divisions de l’opposition pourraient compromettre l’alternance.
Jérusalem, samedi 7 novembre 2026 (Rezo Nòdwès) — Le président israélien Isaac Herzog a annoncé samedi son choix de confier à Gadi Eisenkot, principal adversaire du Premier ministre Benjamin Netanyahu, la formation du prochain gouvernement. La désignation officielle est prévue dimanche 8 novembre, après des élections législatives qui ont privé la coalition sortante de sa majorité parlementaire.
Ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et dirigeant du parti centriste Yashar, Eisenkot a recueilli les recommandations de 67 parlementaires, contre 46 pour Netanyahu. Toutefois, son bloc politique ne détient directement que 48 sièges, tandis que les formations arabes, fortes de 19 élus, occupent une position déterminante dans les négociations. Le Premier ministre sortant conserve, pour sa part, un bloc de 53 députés.
L’arithmétique parlementaire ne garantit cependant aucune majorité gouvernementale. Les formations appelées à soutenir Eisenkot appartiennent à des courants idéologiques opposés. Le parti nationaliste Yisrael Beiteinu, dirigé par Avigdor Liberman, refuse notamment de dépendre du soutien des partis arabes, compliquant la perspective d’une coalition stable.
Eisenkot disposera de 28 jours, éventuellement prolongés de 14 jours supplémentaires, pour obtenir un accord permettant de gouverner. En cas d’échec, le président Herzog pourrait confier une nouvelle tentative à Netanyahu ou à un autre parlementaire, conformément aux procédures institutionnelles israéliennes.
Malgré cette défaite dans la première phase des consultations, Netanyahu demeure Premier ministre jusqu’à la formation d’un nouvel exécutif. Son maintien au pouvoir dépend désormais de négociations parlementaires dont l’issue reste incertaine. Pour Eisenkot, la difficulté consiste à transformer une majorité de recommandations présidentielles en une coalition capable d’obtenir la confiance de la Knesset.
La formation du prochain gouvernement intervient également sur fond de profondes fractures internes, liées notamment à la guerre à Gaza, à la conscription des ultraorthodoxes et aux relations avec les Palestiniens. Eisenkot a évoqué un gouvernement d’urgence nationale, sans pour autant renoncer à ses positions opposées à la création d’un État palestinien.
Sources : The Guardian, Reuters, Associated Press, CNN et Mediaite, 7 novembre 2026.

