2 novembre 2026
Journalistes assassinés : l’impunité repart à la hausse, alerte l’UNESCO
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Journalistes assassinés : l’impunité repart à la hausse, alerte l’UNESCO

Pour la première fois depuis 2012, le taux mondial d’impunité pour les assassinats de journalistes a augmenté, atteignant 86 %, selon un rapport publié lundi par l’UNESCO. L’organisation recense 189 professionnels des médias et créateurs de contenu tués en 2024 et 2025, faisant de ces deux années la période la plus meurtrière de la dernière décennie.

Le recul de l’impunité pour les assassinats de journalistes connaît un inquiétant coup d’arrêt. Dans son nouveau rapport publié à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, célébrée le 2 novembre, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) tire la sonnette d’alarme : 86 % des assassinats de journalistes dans le monde restent impunis.

Il s’agit d’une augmentation d’un point de pourcentage par rapport à 2024, année où le taux s’établissait à 85 %. Depuis 2012, cet indicateur avait pourtant suivi une trajectoire descendante, après avoir atteint un niveau particulièrement élevé de 95 %.

Concrètement, près de six auteurs de meurtres de journalistes sur sept échappent toujours à la justice. Le taux d’impunité englobe les affaires dans lesquelles les enquêtes n’ont pas abouti ou demeurent en cours.

Pour Mariya Gabriel, sous-directrice générale de l’UNESCO pour la communication et l’information, les défaillances judiciaires sont particulièrement préoccupantes dans les zones de guerre. Les enquêtes et les poursuites concernant les assassinats de journalistes y restent largement insuffisantes, souligne-t-elle.

L’organisation reconnaît ne pas disposer de pouvoirs judiciaires, mais entend maintenir la pression sur les gouvernements afin que les responsables soient identifiés et poursuivis.

189 journalistes tués en deux ans

Le bilan humain dressé par l’UNESCO est particulièrement lourd. Au total, 189 journalistes, professionnels des médias et créateurs de contenu exerçant une activité journalistique ont été tués en 2024 et 2025. Parmi eux figurent 14 femmes.

Ces deux années constituent la période la plus meurtrière pour la profession depuis dix ans.

Autre constat majeur : 67 % des victimes ont perdu la vie dans des zones de conflit, notamment dans les territoires palestiniens, au Yémen et en Ukraine. Pour l’UNESCO, cette concentration des assassinats témoigne d’une transformation profonde des risques auxquels sont confrontés les professionnels de l’information.

La technologie militaire contribue également à modifier les conditions d’exercice du journalisme dans les zones de guerre. Selon le rapport, les drones et autres véhicules aériens sans pilote sont impliqués dans 26 % des assassinats recensés en 2024 et 2025.

En 2025, le territoire palestinien a enregistré le plus grand nombre de cas, avec au moins 32 journalistes tués, selon l’organisation.

Un journaliste tué tous les quatre jours depuis 2006

Le danger ne se limite pas aux champs de bataille. L’UNESCO souligne que des journalistes continuent d’être assassinés à leur domicile ou alors même qu’ils portent des équipements permettant de les identifier comme professionnels des médias.

Depuis 2006, année où l’organisation a commencé à suivre systématiquement ces crimes, 1 641 journalistes ont été tués dans le monde. Cela représente, en moyenne, un décès tous les quatre jours.

L’organisation précise toutefois que ses statistiques peuvent différer de celles établies par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ou Reporters sans frontières (RSF). Ces écarts s’expliquent notamment par les difficultés à établir les circonstances exactes de certains décès, particulièrement dans les conflits armés où les situations évoluent rapidement.

Au-delà des statistiques, le rapport met en lumière une réalité préoccupante pour la liberté de la presse : tuer un journaliste demeure, dans une écrasante majorité des cas, un crime qui ne débouche pas sur une condamnation.

Pour l’UNESCO, la lutte contre cette impunité constitue une condition essentielle à la protection du droit à l’information et à la liberté d’expression.

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