23 septembre 2026
Abinader à l’ONU : recul de la faim en RD ; en Haïti, 5,83 millions de personnes sous assistance pendant que Fils-Aimé finance des lobbyistes
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Abinader à l’ONU : recul de la faim en RD ; en Haïti, 5,83 millions de personnes sous assistance pendant que Fils-Aimé finance des lobbyistes

NEW YORK, 23 septembre 2026 — Une île, deux indicateurs, deux politiques publiques. À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, le président dominicain Luis Abinader a revendiqué mercredi une réduction de la pauvreté monétaire, passée selon son gouvernement de 25,8 % en 2019 à 14,6 % au premier semestre 2026. Il a également annoncé que la République dominicaine était sortie de la « carte de la faim » de la FAO, en atteignant avant 2028 l’objectif fixé par son administration. Les données présentées par la présidence dominicaine accompagnent un discours centré sur les résultats économiques et sociaux mesurables.

À quelques centaines de kilomètres, Haïti présente un bilan radicalement différent. La dernière évaluation FAO-IPC établit que 5,83 millions de personnes, soit 52 % de la population haïtienne, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dont 1,9 million en situation d’urgence. Le chiffre a augmenté de 130 000 personnes depuis septembre 2025. La FAO estime par ailleurs avoir besoin de 64,9 millions de dollars en 2026 pour assister 626 000 personnes, tandis que la violence armée, les déplacements, la désorganisation des marchés et l’effondrement d’une partie de la production agricole continuent de peser sur l’accès à la nourriture.

C’est au cœur de cette urgence que le gouvernement de doublure d’ Alix Didier Fils-Aimé a engagé de nouvelles dépenses de lobbying à Washington. Un contrat signé le 2 septembre 2026 par la ministre des Affaires étrangères Raina Forbin prévoit le versement de 65 000 dollars par mois à Drake Ventures LLC, société liée au stratège politique américain Roger Stone. L’accord court sur douze mois, pour une valeur maximale de 780 000 dollars, avec des versements trimestriels de 195 000 dollars. Le dossier enregistré aux États-Unis décrit la mission en termes généraux d’« issue advocacy » auprès du gouvernement américain, sans identifier publiquement les politiques précises, les administrations ciblées ou les résultats contractuellement attendus.

Le contraste budgétaire nourrit ainsi un débat légitime sur les priorités de l’État. En mai, la FAO annonçait avoir obtenu plus de 16 millions de dollars de financement international pour soutenir une réponse alimentaire et agricole destinée à 326 000 personnes dans l’Artibonite, le Centre et l’Ouest. Pendant que les partenaires extérieurs mobilisent leurs ressources pour fournir semences, petit bétail et moyens de production aux familles haïtiennes, l’État engage parallèlement jusqu’à 780 000 dollars pour une année de représentation politique à Washington. Les deux enveloppes n’ont ni le même objet ni la même origine budgétaire ; leur coexistence pose néanmoins la question de la hiérarchie des dépenses publiques dans un pays où plus d’un citoyen sur deux connaît une insécurité alimentaire aiguë.

Abinader est arrivé à l’ONU avec des chiffres pour défendre le recul de la pauvreté et de la faim ; Haïti, lui, y arrive lesté par une dépendance sécuritaire et humanitaire chronique, tandis que corruption, impunité et dilapidation des ressources publiques continuent d’alimenter les accusations contre un mode de gouvernance toléré, sinon accompagné, par ses parrains internationaux.

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