Six agents de sécurité et militants syndicaux du ministère des Affaires sociales et du Travail ont officiellement saisi la justice après avoir été victimes, selon leurs déclarations, d’une violente agression survenue le lundi précédent dans l’enceinte de l’institution. Accompagnés de leur avocat, Me Evelt Fanfan, les plaignants se sont présentés vendredi au Parquet de Port-au-Prince afin de déposer une plainte pénale contre le ministre Marc-Élie Nelson ainsi que d’autres personnes qui auraient participé aux violences.
D’après les faits rapportés par les victimes, l’attaque aurait été menée en représailles à leurs activités syndicales. Plusieurs agents auraient été roués de coups puis abandonnés au sol dans un état préoccupant. Junior Desrosiers, Noël Emano, Frisner François et Jean André figurent parmi les personnes citées dans ce dossier. Me Fanfan, qui qualifie les faits de tentative d’assassinat, affirme que ses clients souhaitent obtenir justice et réclament que tous les responsables présumés soient identifiés.
La partie plaignante demande désormais au commissaire du gouvernement de transmettre le dossier à un cabinet d’instruction afin qu’une enquête approfondie soit ouverte. Cette démarche devrait permettre à un juge d’instruction d’entendre les victimes, d’interroger les personnes mises en cause et d’examiner les différents éléments de preuve. Les accusations formulées devront toutefois être établies par la justice, dans le respect de la présomption d’innocence et des droits de toutes les parties.
Au-delà de cette procédure, l’affaire relance les préoccupations concernant la protection des syndicalistes et des défenseurs des droits sociaux en Haïti. Pour Me Evelt Fanfan, l’usage présumé de la violence contre des employés en raison de leur engagement syndical ne saurait rester impuni. La suite réservée à cette plainte constituera ainsi un nouveau test pour l’appareil judiciaire, appelé à agir avec indépendance et célérité face aux accusations visant de hauts responsables de l’État.
Guyno DUVERNE

