NEW YORK / PORT-AU-PRINCE, vendredi 18 septembre 2026 — « Alix Didier Fils-Aimé, arrêtez de mentir ! Vous n’êtes pas autorisé à parler en notre nom. Partez ! » C’est le message que des Haïtiens annoncent vouloir afficher sur des pancartes devant le siège des Nations unies, à New York, lors de la visite prévue du Premier ministre haïtien la semaine prochaine.
Les protestataires entendent contester son discours sur la situation nationale et dénoncer la persistance des enlèvements, de la misère, de la corruption et de l’impunité.
« Vous n’avez pas besoin de venir jusqu’ici pour nous expliquer comment va Haïti. Nous connaissons déjà la situation », affirment les contestataires, qui mettent en cause la légitimité politique du chef du gouvernement. Certains réclament ouvertement son départ et refusent qu’il présente à la communauté internationale une image du pays qu’ils jugent éloignée de leur réalité quotidienne.
Cette mobilisation annoncée intervient sur fond de violences persistantes. Vendredi matin, de nouveaux enlèvements ont été signalés à Turgeau, moins de vingt-quatre heures après une visite de Fils-Aimé à la Direction générale de la Police nationale d’Haïti. Plusieurs personnes, dont des employés de l’État, seraient également retenues en otage par des groupes armés. Le bilan précis de ces enlèvements reste à confirmer.
Les déplacements internationaux du Premier ministre constituent un autre motif de contestation. Ses détracteurs évoquent sept voyages entre février et juillet 2026 et un total de vingt-six déplacements, chiffres qui n’ont pas été vérifiés de manière indépendante. Ils s’interrogent sur les résultats de ces missions au regard de la situation sécuritaire et des difficultés économiques auxquelles la population reste confrontée.
À la tribune des Nations unies, Fils-Aimé pourrait notamment aborder la sécurité, la coopération internationale et les préparatifs électoraux. Le contenu exact de son intervention n’est toutefois pas encore établi.
Les manifestants entendent, pour leur part, rappeler que les annonces gouvernementales ne suffisent pas à garantir la liberté de circulation, la protection des citoyens et le fonctionnement régulier des institutions.
La ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, et le Premier ministre de doublure sont également visés par les critiques des protestataires, qui contestent la communication officielle sur l’action gouvernementale. Ils réclament des résultats vérifiables en matière de sécurité et de gouvernance, ainsi qu’une clarification des responsabilités politiques face à la multiplication des violences.
« Alix n’est pas le bienvenu à New York ! Fils-Aimé, arrêtez de mentir ! » : ces slogans résument la contestation annoncée devant le siège des Nations unies. Les manifestants veulent faire entendre une voix distincte de celle du gouvernement au moment où le Premier ministre prendra la parole devant la communauté internationale.

