12 septembre 2026
Dr Lorquet | Genève entre voyage et culture : une fenêtre sur le monde et un miroir pour Haïti
Actualités Culture Société Travel

Dr Lorquet | Genève entre voyage et culture : une fenêtre sur le monde et un miroir pour Haïti

Récit de voyage/ Suisse

Dimanche 13 septembre 2026

Par : Joël Lorquet, PhD

Au marché aux puces : la présence des communautés latino-américaines

Notre promenade nous conduit ensuite vers un marché aux puces. Je remarque immédiatement la présence de vendeurs d’origine dominicaine.

Damien me parle alors de la communauté dominicaine de Genève. Selon lui, elle était autrefois particulièrement bien organisée et disposait même d’une association et d’une bibliothèque.

Aujourd’hui, la bibliothèque aurait fermé, mais la communauté continue d’être présente.

Nous croisons également des personnes originaires du Paraguay, du Chili et d’Argentine.

Damien rappelle que Genève et la Suisse ont accueilli plusieurs vagues de migrants latino-américains. Il évoque notamment l’arrivée de nombreux Chiliens après le coup d’État de 1973 au Chili et la chute du gouvernement de Salvador Allende.

Cette diversité culturelle me rappelle une fois encore que Genève est une ville profondément internationale.

Une Europe inquiète face au retour de la guerre

Au cours de la conversation, la situation internationale vient également s’inviter dans notre réflexion.

Damien estime que l’Europe, qui a connu plusieurs décennies de paix relative, se trouve désormais confrontée à une nouvelle période d’incertitude depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.

Selon lui, plusieurs pays européens réévaluent leurs dispositifs de défense et s’intéressent de nouveau aux anciens abris et bunkers.

La guerre moderne a également changé de nature avec l’utilisation massive des drones et des nouvelles technologies militaires.

— Aujourd’hui, la guerre peut être menée depuis le ciel avec des drones. La situation est devenue complètement différente.

Cette conversation prend un relief particulier lorsque nous reparlons plus tard des abris souterrains suisses.

Le Port franc de Genève : un coffre-fort géant

Nous arrivons ensuite au Port franc de Genève. Je demande à Damien ce que représente exactement cet endroit.

Il m’explique qu’il s’agit d’un espace sécurisé destiné notamment au stockage de biens de valeur.

On peut y conserver du vin, des œuvres d’art, des métaux précieux et différents autres biens. Il prend l’exemple du rhum : un producteur pourrait théoriquement y conserver une quantité importante de bouteilles pendant plusieurs années.

L’or et d’autres objets précieux peuvent également y être entreposés dans des conditions de haute sécurité.

— C’est comme un abri militaire, explique Damien. Tout est protégé jour et nuit.

L’image du coffre-fort géant me vient immédiatement à l’esprit.

Le coffre-fort le plus secret du monde !

À proximité, je découvre un quartier de grands immeubles modernes qui tranche radicalement avec la vieille ville.

Damien appelle cette partie le « Manhattan de Genève ». Les bâtiments sont beaucoup plus hauts que ceux du centre historique et abritent principalement des bureaux.

Le nouveau visage de Genève

Je lui demande pourquoi Genève n’avait pas davantage de grands immeubles autrefois. Sa réponse est simple : il n’y en avait pas besoin.

Avec le développement économique et l’arrivée de nouvelles entreprises, la demande de bureaux a considérablement augmenté.

Selon lui, la Suisse est devenue particulièrement attractive grâce à sa stabilité, sa sécurité, son organisation, ses écoles et la qualité de ses infrastructures.

Les dirigeants et les grandes entreprises trouvent donc en Suisse un environnement favorable à leurs activités.

C’est ainsi que Genève s’est progressivement agrandie, surtout à partir des années 1960.

Genève, une ville internationale

Je demande ensuite quelles communautés étrangères vivent en Suisse.

Damien cite les Allemands, les Français, les Autrichiens, les Belges et de nombreux autres ressortissants européens. Il mentionne également les communautés originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord : Qatar, Arabie saoudite, Égypte et autres pays.

De grandes entreprises internationales, notamment dans le secteur pétrolier, ainsi que des sociétés françaises, russes et multinationales, disposent également de bureaux ou d’activités en Suisse.

Genève bénéficie surtout d’un atout majeur : la présence des Nations Unies et de nombreuses organisations internationales.

La ville attire donc naturellement des diplomates, des fonctionnaires internationaux, des entreprises et des professionnels venus du monde entier.

Une communauté haïtienne en diminution

Je reviens alors sur la présence haïtienne.

Damien me dit que la communauté haïtienne de Genève est aujourd’hui relativement petite. Il se souvient d’une présence plus importante dans les années 1960, notamment de nombreux étudiants et infirmières.

Au fil des années, plusieurs Haïtiens ont cependant quitté la Suisse pour le Canada ou les États-Unis.

D’autres ont également migré vers l’Afrique à la recherche de possibilités professionnelles.

Damien évoque notamment Roger Michel, un Haïtien qui aurait travaillé pendant de nombreuses années au Mali, au Congo et au Rwanda.

— On va là où le travail nous appelle, résume-t-il.

Selon son estimation personnelle, Genève compterait aujourd’hui environ 200 Haïtiens, tandis que l’ensemble de la Suisse en compterait peut-être entre 400 et 500. Il explique cette diminution par le durcissement progressif des politiques migratoires suisses et européennes, particulièrement à partir des années 1970 et 1980. Il ajoute que la distance entre Haïti et la Suisse ainsi que les difficultés pour quitter Haïti contribuent également à cette faible présence.

Les étudiants haïtiens en Suisse

Aujourd’hui, les Haïtiens qui arrivent en Suisse sont, selon Damien, principalement des étudiants. Mais l’accès aux universités suisses serait devenu plus difficile pour les titulaires du baccalauréat haïtien.

Damien affirme que le baccalauréat haïtien n’est plus directement accepté depuis la fin des années 1970 et que les candidats doivent satisfaire à certaines conditions ou passer des examens d’admission. Il estime que la baisse du niveau de l’enseignement en Haïti constitue également un obstacle.

En revanche, les jeunes ayant suivi le cursus français disposent de possibilités différentes grâce au baccalauréat français. Il cite notamment les élèves du Collège de l’Étoile et d’autres établissements qui ont préparé ce diplôme en Haïti.

Le baccalauréat français pouvait être passé en Haïti, et certains élèves choisissaient de présenter à la fois le baccalauréat haïtien et le baccalauréat français, tandis que d’autres optaient uniquement pour le diplôme français.

Le coût des études

Je demande ensuite ce qu’il faudrait faire pour encourager davantage de jeunes Haïtiens à venir étudier en Suisse.

Damien répond que la question financière constitue désormais un obstacle majeur. Il compare sa propre expérience à la situation actuelle.

— Lorsque j’ai étudié en Suisse, en 1977, je vivais très bien avec 100 dollars américains par mois. Aujourd’hui, un étudiant peut avoir besoin d’environ 2 000 dollars par mois.

La hausse du coût de la vie et l’évolution du franc suisse rendent donc les études beaucoup plus difficiles pour une famille haïtienne moyenne.

À moins d’être particulièrement fortuné ou de bénéficier d’une bourse, le projet devient difficile à réaliser.

Cette remarque me fait immédiatement penser à la nécessité de développer des programmes de bourses et de partenariats universitaires entre la Suisse et Haïti.

La solidité des constructions suisses

Nous poursuivons notre déplacement et parlons cette fois de l’architecture contemporaine.

Damien m’explique que les constructions suisses utilisent largement le béton, l’acier et le verre, avec des fondations particulièrement solides.

Certains immeubles disposent de plusieurs niveaux souterrains : deux, trois, quatre, voire davantage.

Les constructions sont conçues avec un important ancrage dans le sol. Il évoque également les abris antiatomiques autrefois prévus dans de nombreux bâtiments et habitations suisses. Selon lui, leur importance avait diminué au fil du temps, mais la guerre en Ukraine a ravivé l’intérêt pour ces infrastructures de protection.

À la gare de Cornavin : les ressources d’Haïti

Nous arrivons finalement à la gare de Cornavin, la principale gare ferroviaire de Genève, située au cœur de la ville.

La conversation revient alors sur les ressources naturelles d’Haïti.

Damien évoque notamment le marbre et d’autres ressources minières présentes dans le pays. Il estime que ces ressources pourraient être davantage valorisées, à la fois pour la construction en Haïti et pour l’exportation.

La conversation aborde également les possibilités liées au cuivre et à d’autres minerais.

Certaines affirmations avancées au cours de cet échange nécessiteraient toutefois des études géologiques précises et des données officielles avant de pouvoir être retenues comme des faits établis.

Nous revenons ensuite sur notre itinéraire.

Nous avons longé le lac, traversé le pont, parcouru le secteur des Nations Unies, puis rejoint l’université et la vieille ville avant de redescendre vers le centre.

Nous avons parcouru une bonne partie de Genève.

Comment les Suisses perçoivent-ils les Haïtiens ?

Je pose finalement à Damien une question qui me paraît essentielle : comment les Haïtiens sont-ils considérés en Suisse ?

Selon lui, beaucoup de Suisses ont encore une réelle considération pour Haïti.

De nombreux Suisses ont vécu dans le pays, y ont travaillé ou l’ont visité. Ils connaissent donc Haïti et gardent souvent une certaine affection pour le peuple haïtien. Mais cette image positive est aujourd’hui profondément affectée par la situation politique et sécuritaire.

— Les Suisses sont déçus parce qu’ils voient un pays qui est mal géré et mal gouverné, alors qu’Haïti possède tous les atouts nécessaires pour se développer.

Pour Damien, le contraste est douloureux entre les potentialités du pays et la réalité actuelle.

L’insécurité, les assassinats, les enlèvements, les violences et les attaques contre des innocents contribuent à donner une image particulièrement négative d’Haïti. Il va jusqu’à reconnaître qu’il peut être difficile pour certains Haïtiens de dire fièrement d’où ils viennent lorsqu’ils se trouvent à l’étranger.

— C’est la honte. On a pitié de nous.

Il ne s’agit pas, précise-t-il, d’une honte d’être Haïtien, mais plutôt de la douleur de voir son pays, riche de tant de possibilités, associé à la pauvreté, à la violence et à la mauvaise gouvernance. Il évoque également les producteurs et les paysans victimes de la violence et condamne particulièrement les massacres commis dans la région de Kenscoff.

Quelle coopération entre la Suisse et Haïti ?

Je lui demande alors ce qu’un gouvernement haïtien sérieux pourrait faire s’il souhaitait établir avec la Suisse une véritable relation de développement.

Pour lui, tout commencerait par la qualité de la gouvernance. Il faudrait des dirigeants de bonne volonté, entourés de personnes compétentes et intègres.

Compétence et intégrité seraient, selon lui, les deux conditions essentielles.

Avec ces deux éléments, il estime que les possibilités de coopération seraient considérables.

La Suisse et Haïti pourraient, à ses yeux, être complémentaires : un pays tempéré disposant d’une forte expertise industrielle, technologique et éducative, et un pays tropical possédant des ressources agricoles, touristiques et naturelles différentes.

— L’alliance pourrait bien se faire, estime-t-il.

Il imagine des Suisses venant passer leurs vacances en Haïti, mais aussi certains venant y investir ou même s’y établir.

Ce serait, selon lui, une coopération bénéfique pour les deux pays.

L’éducation et la sécurité comme priorités

Lorsqu’il faut déterminer les secteurs prioritaires, Damien cite d’abord l’éducation, puis la sécurité.

La Suisse pourrait, selon lui, aider Haïti à améliorer son organisation et ses mécanismes de sécurité.

Mais l’éducation resterait le véritable axe central.

— Il faut donner la priorité à l’éducation et à la sécurité. Les Suisses peuvent aider les Haïtiens à mieux s’organiser.

Et pourquoi pas les îles haïtiennes ?

La conversation prend alors une direction plus originale.

Damien propose d’imaginer des partenariats autour de certaines îles haïtiennes : la Gonâve, l’île de la Tortue, l’île-à-Vache et d’autres territoires insulaires. Il évoque également les Cayemites.

Pour lui, ces îles disposent d’un potentiel touristique important, mais aussi de possibilités agricoles, minières et maritimes.

— Pourquoi ne pas avoir un partenariat pour gérer ou développer l’une de ces îles ?

La Gonâve pourrait devenir une destination touristique davantage valorisée. L’île de la Tortue possède également des possibilités touristiques et agricoles.

La pêche représente un autre secteur.

Damien fait remarquer que la Suisse ne possède pas de façade maritime, mais qu’elle possède néanmoins une importante activité de pêche dans ses lacs. Il estime donc qu’une coopération suisse dans le secteur de la pêche pourrait également être envisageable.

Mais, une fois encore, il revient à l’éducation.

La Suisse dispose, selon lui, d’une expérience particulière dans ce domaine et pourrait contribuer à la formation des jeunes Haïtiens.

Rencontre avec Cédric Ammann, un Suisse d’origine haïtienne

C’est dans le prolongement de cette réflexion que je fais une rencontre inattendue.

Nous échangeons avec un homme qui se présente comme Cédric Ammann, Suisse d’origine haïtienne.

Je lui demande comment il définit ses origines.

— Je suis à moitié Suisse et à moitié Haïtien, répond-il. J’ai grandi à Genève.

Il m’explique que sa mère était originaire du Cap-Haïtien. Elle avait étudié aux États-Unis avant de s’installer en Suisse. Elle s’appelait Myriam Pierre Zamor et est malheureusement décédée.

Cédric est né en Suisse. Il a cependant effectué un séjour en Haïti lorsqu’il était très jeune, sans avoir véritablement eu le temps de connaître le pays. Il explique avoir également voyagé en Dominique et dans différentes régions de Suisse romande.

Sa famille haïtienne est néanmoins importante. Il me dit avoir 34 cousins, aujourd’hui dispersés principalement entre les États-Unis et le Canada, sur la côte Est, de Montréal jusqu’à la Floride.

Malgré cette distance, il conserve un lien affectif profond avec Haïti.

— Mon cœur est aussi un peu là-bas.

Chez lui, ce lien se traduit notamment par la présence de tableaux haïtiens.

« Je pense tellement comme vous »

Cédric m’explique qu’il a entendu une partie de notre conversation et qu’il se reconnaît dans plusieurs des analyses formulées. Il estime notamment que les États-Unis et la France portent, selon lui, une part importante de responsabilité dans la situation actuelle d’Haïti. Il exprime également une opinion personnelle sur l’évolution de la politique américaine.

Je lui demande ensuite ce que la Suisse pourrait faire pour contribuer au développement d’Haïti.

Il rappelle d’abord que les deux pays ont aujourd’hui des populations relativement comparables en nombre : autour de dix millions d’habitants chacun, selon son estimation.

Mais la différence de niveau de développement est considérable.

— Quand on voit qu’Haïti compte environ dix millions d’habitants et que la Suisse approche aussi les dix millions, entre l’un des pays les plus pauvres et l’un des pays les plus riches, je pense qu’il y a beaucoup à faire.

Il souligne cependant que des initiatives existent déjà, notamment dans le secteur privé et à travers certaines associations. Il mentionne également des professionnels haïtiens établis en Suisse. Il cite notamment le docteur Desmangles, spécialisé dans les problèmes oculaires, ainsi que Wanda Salestro-Mouski, une Haïtienne qui vit à Cologny et qui, selon lui, travaille avec ce médecin.

Ces exemples montrent que des réseaux haïtiens existent en Suisse, même si la communauté demeure relativement petite.

« Je suis un peu désabusé »

Avant de nous quitter, je demande à Cédric un mot pour Haïti.

Sa réponse est empreinte d’émotion.

— Franchement, je suis un petit peu désabusé comme vous. J’ai 50 ans et je rêverais, de mon vivant, de voir Haïti prendre une meilleure direction.

Il évoque les violences des gangs et les informations récentes faisant état de nombreuses victimes.

À ses yeux, Haïti ne pourra probablement pas résoudre seule la crise qu’elle traverse. Mais il ne pense pas non plus que la Suisse puisse agir seule.

— Je ne pense pas qu’Haïti pourra s’en sortir seule. La Suisse, toute seule, ne pourra pas non plus. C’est la communauté internationale qui doit se mobiliser, et en premier lieu les États-Unis.

Je lui demande enfin quel serait son souhait pour Haïti.

Il répond simplement :

— Que ça aille mieux, vraiment. C’est une île tellement riche et prospère, comme elle l’était il y a cent ans.

Nous nous remercions mutuellement et nous nous séparons.

Cette courte rencontre m’aura pourtant marqué. Elle montre que même chez des personnes nées et élevées en Suisse, l’attachement à Haïti peut demeurer très profond.

Genève vue à travers le miroir d’Haïti

Cette longue promenade m’a permis de découvrir Genève sous plusieurs angles : son lac, ses espaces de loisirs, ses paysages, ses montagnes, son centre-ville, ses quartiers résidentiels, ses institutions universitaires, son patrimoine historique et sa dimension internationale.

J’ai découvert la vieille ville, le quartier des institutions gouvernementales, le parc des Bastions, l’ancienne université, le mur des Réformateurs, les banques privées, les quartiers modernes, la gare de Cornavin et les environs des Nations Unies.

J’ai également observé les tramways genevois, qui m’ont parfois rappelé ceux qui circulaient autrefois en Haïti.

Mais cette visite ne fut pas seulement touristique.

Elle m’a surtout permis de regarder la Suisse à travers le miroir d’Haïti.

À chaque étape, je me suis interrogé sur ce qui explique la réussite de ce petit pays : l’organisation, l’éducation, la stabilité, la sécurité, la compétence technique, l’aménagement du territoire, la formation professionnelle, la gestion des ressources et la continuité institutionnelle.

À l’inverse, je n’ai pu m’empêcher de penser aux immenses possibilités inexploitées d’Haïti : ses montagnes, ses terres agricoles, ses îles, ses ressources naturelles, son potentiel touristique, ses produits agricoles et surtout sa population.

Entre le Léman et la mer des Caraïbes, entre les montagnes suisses et les mornes haïtiens, entre les tramways genevois et ceux qui circulaient autrefois en Haïti, une même question demeure :

Comment transformer les richesses d’un pays en véritables possibilités de développement ?

C’est peut-être là la principale leçon de cette promenade à Genève.

La richesse d’un pays ne réside pas uniquement dans ses ressources naturelles. Elle dépend aussi de la manière dont ces ressources sont organisées, valorisées et transformées en opportunités pour la population.

Je garde donc cette réflexion en tête : Haïti ne manque pas nécessairement de ressources ; elle manque surtout d’un système capable de transformer durablement ses potentialités en développement.

Joël Lorquet, PhD

Photo de Cédric Ammann

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.