31 août 2026
Grand-Nord : Josué Mérilien alerte sur une rentrée scolaire risquée
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Grand-Nord : Josué Mérilien alerte sur une rentrée scolaire risquée

Après un constat préoccupant de la situation du système éducatif haïtien dressé, la Centrale unitaire des travailleurs des secteurs public et privé (CUTRASEPH), l’Union nationale des normaliens d’Haïti (UNNOH et le Collectif des enseignants pour la nouveauté de l’Éducation en Haïti (CENEH), en tournée dans le Grand-Nord, appellent à une mobilisation des enseignants, des parents des élèves et de l’ensemble des citoyens en raison des retards de paiement des enseignants, de la dégradation des établissements scolaires et de la hausse du coût de la vie.

À quelques jours de la rentrée scolaire fixée par les autorités au 7 septembre, les organisations syndicales du secteur éducatif haïtien multiplient les rencontres avec les enseignants dans les différentes régions du pays. Dans le cadre de leur tournée nationale syndicale dans le Grand-Nord, la CUTRASEPH, l’UNNOH et le CENEH ont fait étape dans le département du Nord-Est.

Au centre des échanges : l’état de l’école haïtienne, les conditions de travail des enseignants et les préparatifs de la prochaine rentrée scolaire.

Lors de sa prise de parole devant les participants, le professeur Josué Mérilien, secrétaire général de la CUTRASEPH et figure de proue de l’UNNOH, s’est interrogé sur la capacité réelle de l’État à assurer une rentrée scolaire normale.

« La rentrée est annoncée pour le 7 septembre. Mais quelles préparations ont été faites ? Les enseignants seront-ils payés ? Dans quelles conditions les écoles vont-elles rouvrir ? », a-t-il notamment questionné.

Pour le dirigeant syndical, ces interrogations sont d’autant plus importantes que de nombreux établissements scolaires se trouvent dans une situation difficile. Certaines écoles sont, selon les constats rapportés par les enseignants, détruites, fissurées ou insuffisamment réparées. D’autres souffrent d’un manque important de matériels, de mobilier et d’équipements pédagogiques.

Des enseignants toujours en attente de salaire et de nomination

La question de la situation des enseignants occupe également une place centrale dans les revendications syndicales.

Au cours des rencontres organisées dans le Grand Nord, des enseignants ont fait part de leurs difficultés quotidiennes. Certains travaillent depuis longtemps sans recevoir de salaire régulier, tandis que d’autres attendent encore leur nomination officielle.

Pour Josué Mérilien, cette situation traduit une grave défaillance de l’État dans l’accomplissement de ses responsabilités envers le système éducatif.

Le responsable syndical estime qu’il est difficile d’exiger des enseignants qu’ils assurent correctement leur mission lorsque leurs propres droits fondamentaux ne sont pas respectés. Il rappelle que l’école publique dépend directement de l’État, qui doit garantir le paiement des personnels, l’entretien des infrastructures et la disponibilité des moyens nécessaires au fonctionnement des établissements.

« L’État doit prendre ses responsabilités », a insisté le secrétaire général de la CUTRASEPH, estimant que la rentrée scolaire ne peut être sérieusement préparée sans une réponse concrète aux problèmes des enseignants et des écoles.

Dans plusieurs zones du pays, la situation des infrastructures scolaires demeure préoccupante. Des bâtiments publics ont été endommagés sans être entièrement reconstruits, tandis que certaines écoles fonctionnent avec des équipements insuffisants.

Pour les organisations syndicales, une rentrée scolaire ne se résume pas à la fixation d’une date. Elle exige une véritable préparation administrative, financière et matérielle.

 La hausse du carburant, un facteur aggravant

À la crise de l’éducation s’ajoute, selon Josué Mérilien, la détérioration des conditions économiques des familles.

Le responsable syndical a particulièrement critiqué la hausse du prix du carburant, estimant que cette décision risque d’aggraver les difficultés des parents à l’approche de la rentrée.

Le transport représente déjà une charge importante pour de nombreuses familles. L’augmentation du coût du carburant peut entraîner une hausse des frais de déplacement et rendre encore plus difficile l’accès des enfants à l’école.

« Comment les parents pourront-ils assurer le transport de leurs enfants lorsque le coût de la vie continue d’augmenter ? », s’interroge le syndicaliste.

Cette situation intervient alors que les familles doivent également faire face aux dépenses liées aux uniformes, aux fournitures scolaires, aux livres et à d’autres besoins essentiels.

Pour les syndicats, l’État doit prendre en considération l’ensemble de ces réalités avant d’annoncer une rentrée scolaire.

Les syndicats réclament le respect des engagements de janvier 2025

Face aux difficultés constatées, Josué Mérilien a appelé à la mobilisation pour exiger le respect de l’accord signé en janvier 2025 entre les autorités et les organisations concernées.

Selon lui, cet accord prévoit notamment des engagements relatifs à la réparation des établissements scolaires, au paiement et à la régularisation de la situation des enseignants ainsi qu’au soutien aux parents les plus vulnérables dans la préparation de la rentrée.

Les organisations syndicales demandent donc aux autorités de passer des promesses aux actions.

Pour Josué Mérilien, la question est claire : si l’État souhaite réellement garantir le droit à l’éducation, il doit créer les conditions permettant aux écoles de fonctionner normalement.

« Il faut payer les enseignants, procéder aux nominations nécessaires, réparer et équiper les écoles, puis mettre en place les conditions indispensables à une véritable rentrée », soutient-il.

Le dirigeant syndical prévient que les enseignants ne sauraient être tenus responsables d’éventuelles perturbations si les autorités ne prennent pas les dispositions nécessaires.

« L’école prépare le présent et l’avenir d’un peuple »

Au-delà des revendications immédiates, la tournée syndicale a également été l’occasion de rappeler l’importance stratégique de l’éducation dans le développement national.

Pour Josué Mérilien, l’école constitue l’un des principaux instruments dont dispose un peuple pour construire son avenir.

Il a repris une idée selon laquelle la qualité des écoles d’un pays constitue l’un des fondements de sa grandeur future.

« Le peuple qui possède les meilleures écoles est le plus grand peuple. Et s’il ne l’est pas aujourd’hui, il pourra le devenir demain », a-t-il déclaré, mettant en évidence le lien entre l’investissement dans l’éducation et la construction nationale.

À ses yeux, la préparation d’une rentrée scolaire doit donc être considérée comme une affaire d’intérêt national.

Former les enfants et les jeunes, assurer la stabilité des enseignants, garantir des écoles fonctionnelles et créer un environnement favorable à l’apprentissage représentent, selon les syndicats, des conditions essentielles pour préparer l’avenir du pays.

Un appel à la mobilisation des enseignants, des parents et des élèves

La CUTRASEPH, l’UNNOH et le CENEH ne limitent pas leur démarche à une simple dénonciation de la situation.

À travers cette tournée dans le Grand Nord, les organisations appellent à une mobilisation plus large des différents acteurs de la société.

Enseignants, parents, élèves, travailleurs publics et citoyens sont invités à s’engager pour défendre le droit à une éducation de qualité et exiger une meilleure gestion des affaires publiques.

Josué Mérilien estime que la mobilisation citoyenne constitue un moyen de faire pression sur les autorités afin qu’elles respectent leurs engagements.

Si aucune disposition sérieuse n’est prise pour garantir le paiement des enseignants, la régularisation de leur statut et l’amélioration des conditions matérielles des écoles, les difficultés de la rentrée risquent de s’aggraver, avertissent les organisations.

Dans ce cas, insiste le dirigeant syndical, la responsabilité ne devrait pas être attribuée aux enseignants, mais à l’État, chargé de mettre à disposition les ressources nécessaires au bon fonctionnement du système éducatif.

 L’éducation et la citoyenneté au cœur du combat syndical

La tournée syndicale porte également un message plus large sur l’engagement citoyen.

Pour Josué Mérilien, la défense de l’école doit s’inscrire dans une conception globale de la responsabilité de chaque citoyen envers sa communauté et son pays.

Il a notamment évoqué la nécessité de protéger l’environnement, considéré comme l’espace de vie commun de la population.

« Notre environnement est notre espace vital, notre salon », a-t-il rappelé, invitant les citoyens à participer activement au nettoyage et à la protection de leurs quartiers et de leurs communautés.

Cet appel vise à faire comprendre que le développement du pays ne repose pas uniquement sur l’action des autorités. Il suppose également l’implication des citoyens dans la préservation de leur environnement et dans la défense de l’intérêt collectif.

Les organisations syndicales veulent ainsi élargir le débat sur l’école à la question de la citoyenneté.

Sécurité, intérêt national et responsabilité de l’État

La situation sécuritaire du pays a également été évoquée dans la prise de parole de Josué Mérilien.

Le responsable syndical rappelle que l’une des premières responsabilités d’un État consiste à garantir la sécurité de sa population.

Or, selon lui, l’État haïtien éprouve aujourd’hui de grandes difficultés à remplir cette mission, alors que le pays fait face à une grave crise sécuritaire.

Cette défaillance affecte directement la vie nationale, y compris le fonctionnement des écoles. L’insécurité peut empêcher les élèves de se rendre en classe, perturber les activités éducatives et provoquer le déplacement de nombreuses familles.

Dans ce contexte, Josué Mérilien appelle les syndicalistes et l’ensemble des travailleurs du secteur public à privilégier l’intérêt général.

Il les invite à rejeter ce qu’il qualifie d’opportunisme et à renforcer leur engagement en faveur des grandes causes nationales.

Une tournée pour écouter et organiser la réponse

À travers leur présence dans le Grand Nord, la CUTRASEPH, l’UNNOH et le CENEH entendent recueillir directement les préoccupations des enseignants et évaluer les réalités locales.

La tournée permet également de sensibiliser les travailleurs sur les revendications liées à la rentrée scolaire et de renforcer l’organisation syndicale dans les différents départements.

Pour les responsables syndicaux, les problèmes rencontrés dans les écoles ne sont pas isolés. Ils relèvent d’une crise plus profonde du système éducatif et nécessitent une réponse nationale.

À l’approche du 7 septembre, le message porté par Josué Mérilien est donc sans équivoque : l’État doit agir rapidement pour éviter une nouvelle rentrée marquée par l’improvisation et les difficultés.

Paiement et nomination des enseignants, réparation des établissements, équipements scolaires, soutien aux familles et amélioration des conditions générales de fonctionnement : telles sont les principales exigences mises en avant par les organisations syndicales.

Dans le Grand Nord, la CUTRASEPH, l’UNNOH et le CENEH poursuivent ainsi leur campagne de mobilisation avec la conviction que l’école haïtienne ne pourra retrouver sa place centrale sans une véritable volonté politique et sans l’implication active de l’ensemble de la société.

Pour Josué Mérilien et les organisations syndicales, la défense de l’école dépasse désormais les seuls enseignants : elle constitue un combat pour l’avenir des enfants, pour la citoyenneté et pour l’avenir même du pays.

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