30 août 2026
CNN — « Je ne connais pas les conditions en Haïti » : l’aveu de Tom Homan, “Border Czar” de la Maison-Blanche et ancien patron de ICE
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CNN — « Je ne connais pas les conditions en Haïti » : l’aveu de Tom Homan, “Border Czar” de la Maison-Blanche et ancien patron de ICE

WASHINGTON, dimanche 30 août 2026 — Les États-Unis maintiennent Haïti au niveau 4 — « Do Not Travel », leur degré maximal d’alerte aux voyageurs, en raison des enlèvements, de la criminalité, des troubles civils et de capacités sanitaires limitées. Pourtant, l’administration Trump poursuit les expulsions d’Haïtiens vers ce même territoire. Interrogé dimanche sur CNN sur cette apparente contradiction, Tom Homan, responsable de la politique frontalière de la Maison-Blanche, a livré une réponse susceptible d’alimenter le débat : « Je ne connais pas les conditions en Haïti. Je ne suis jamais allé en Haïti. »

Homan défend néanmoins la politique d’éloignement au nom de l’exécution des décisions judiciaires et de la fin du Statut de protection temporaire (TPS). « Il s’agit d’une décision de justice. Leur expulsion a été ordonnée et l’ICE procède à leur expulsion », a-t-il déclaré à Dana Bash dans State of the Union. À ses yeux, le TPS, créé par le Congrès en 1990 précisément pour protéger des ressortissants dont le retour peut être compromis par un conflit, une catastrophe ou des circonstances extraordinaires, aurait perdu son caractère temporaire au fil des décennies.

La doctrine produit cependant une tension difficile à évacuer : comment un territoire peut-il être officiellement jugé suffisamment dangereux pour que Washington recommande à ses propres ressortissants de ne pas s’y rendre, tout en étant considéré comme destination d’éloignement pour des ressortissants haïtiens ? POLITICO rappelle que l’avertissement américain cite notamment les risques d’enlèvement, de criminalité et d’instabilité. La situation sécuritaire vient encore d’être aggravée par le massacre de Kenscoff, où, selon les chiffres cités par le média sur la base des Nations unies, au moins 47 personnes ont été tuées et 22 blessées.

L’argument de Homan est donc essentiellement juridique et administratif : « Nous ne faisons qu’appliquer la loi », affirme-t-il. Mais son admission — ne pas connaître les conditions en Haïti — place au premier plan une interrogation de politique publique : sur quelle appréciation concrète du risque repose le retour forcé d’une personne vers un pays que la diplomatie américaine classe elle-même au niveau maximal de danger ? Entre l’exécution d’une mesure d’éloignement et l’évaluation des risques encourus au retour, deux logiques de l’État américain paraissent ici fonctionner selon des critères distincts.

Source : POLITICO, Cheyanne M. Daniels, 30 août 2026 — entretien de Tom Homan à CNN, State of the Union.

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