Au terme de trois journées d’assises, le Forum baptisé « Quelle armée pour Haïti ? », s’est achevé dimanche à l’hôtel Karibe Convention center à Juvénat, par des recommandations adressées au Ministère de la Défense, institution initiatrice de l’événement. Une telle initiative relève de superflue, juge Ashley Laraque, dirigeant de l’Association des militaires d’Haïti.
Combien de forums, d’assises, de réunions faudra-t-il encore sur l’insécurité avant que les autorités décident de regarder la réalité en face ? Combien de victimes il faudra compter pour qu’enfin l’État décide d’assumer ses responsabilités ? Des interrogations qui émergent dans les débats dans un contexte où le gouvernement multiplie les rencontres sur la crise, mobilise des acteurs dans des hôtels pour des résultats stériles. « Les moyens sont dans la mission », rappelle le porte-parole de l’Association des militaires d’Haïti, Ashley Laraque.
La position du porte-parole d’Ashley Laraque sur l’organisation du Forum sur l’avenir des Forces armées d’Haïti (FAd’H) s’inscrit dans une logique responsable, dit-il. Par son caractère sensible, le traitement des thématiques relevant de la sécurité nécessité une approche plus intelligente et exige moins d’étalage public. Le dirigeant de l’Association des militaires d’Haïti désapprouve l’idée de tenir un forum pour exposer les besoins de l’institution militaire au regard de la conjoncture.
Pour l’entrepreneur, un forum pour aborder le rôle et le fonctionnement des FAd’H ferait mieux l’affaire, tout en soulignant sa non-objection sur l’agenda et l’agencement des interventions et dans le forum. L’armée d’Haïti, par son caractère régalien exige des politiques en lien à sa mission fondamentale. En outre, sans détour, il pose le problème d’assistance psychologique au sein des FAd’H. Retenu comme conférencier lors des assises sur l’avenir des FAd’H, Ashley Laraque appelle à l’adoption des politiques pour l’accompagnement psychologique des soldats.
Hervé Noël

