PORT-AU-PRINCE, 25 août 2026 — Le docteur Schiller Louidor, figure de Fanmi Lavalas, a qualifié mardi de « criminels » ceux qui envisagent de se porter candidats aux prochaines élections en Haïti, une déclaration qui contraste avec l’implication de responsables apparentés à sa formation politique dans le dispositif institutionnel accompagnant le processus électoral discrédité.
« Ils sont tous des criminels, ceux qui veulent se faire inscrire ou se sont inscrits comme candidats, sénateurs, députés, maires », a déclaré M. Louidor sur Radio Méga, au cours de l’émission « Booster ».
Évoquant le massacre de Kenscoff, où plusieurs dizaines de personnes ont été tuées lors d’une attaque des groupes armés « en mission », ce haut cadre d’un parti engagé dans les arrangements politiques de la transition post-Jovenel s’est interrogé : « Où ces élections vont-elles se tenir ? » Sa déclaration intervient alors que Fanmi Lavalas est associé à un processus comprenant également un projet référendaire vivement contesté au regard de l’article 284-3 de la Constitution de 1987, qui interdit toute consultation populaire destinée à modifier la Constitution.
Les propos de M. Louidor posent dès lors la question d’une éventuelle divergence avec la direction de Fanmi Lavalas : dénonce-t-il seulement l’organisation d’élections dans un environnement dominé par l’insécurité, ou désavoue-t-il plus largement la stratégie adoptée par sa propre formation politique dans le cadre de la transition ?
La controverse comporte enfin une dimension historique. Le mouvement Lavalas demeure associé à la victoire de Jean-Bertrand Aristide à l’élection présidentielle du 16 décembre 1990, organisée sous l’empire de la Constitution de 1987. Plus de trois décennies après ce scrutin, l’implication de secteurs proches de Lavalas dans un processus susceptible d’aboutir au remplacement de cette même Constitution contraste avec le réquisitoire de Schiller Louidor. Fanmi Lavalas n’avait pas, mardi matin, indiqué si ses déclarations traduisaient la position officielle du parti ou une dissidence interne encore non assumée publiquement.

