21 août 2026
Le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, offre des garanties de continuité à la corruption au Fonds national de l’éducation
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Le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, offre des garanties de continuité à la corruption au Fonds national de l’éducation

Par Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien responsable de la coopération inter-universitaire à la Banque de terminologie du Québec (Gouvernement du Québec, Office québécois de la langue française). 

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti. 

Conseiller spécial, Conseil national d’administration du Regroupement

des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH). 

Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de suivi du Dictionnaire des francophones.

Montréal, le 21 août 2026

La nouvelle semble une fois de plus provenir de l’arsenal des recettes politiques compulsives et kleptocratiques dont le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste a le secret : « Jefnie Toussaint a officiellement pris ses fonctions à la tête du Fonds national de l’éducation (FNE), ce lundi 17 août 2026. Sa nomination a été approuvée par le Conseil des ministres le 11 août dernier en remplacement d’Élysée Colagène » (Le Nouvelliste, 17 août 2026).

À quatre heures d’avion de Port-au-Prince, la nouvelle semble elle aussi provenir de l’arsenal de la rumination idéologico-politique dans l’indocte et pavlovien paysage médiatique haïtien de Montréal : les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) –récemment engluées dans le délictueux soutien public à la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti–, ont annoncé la tenue le 25 août 2026 du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti ». Par courriel daté du 18 août 2026, les JIDH2026 ont fait savoir que cet événement sera honoré de la participation du ministère de l’Éducation d’Haïti ainsi que de celle du ministère haïtien de la Santé publique. 

Dans la Cour des Miracles du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste –où pavanent et officient nombre de « consultants » grassement payés–, dans l’écosystème médiatique de la diaspora, y a-t-il un lien politique, idéologique et « stratégique » entre les deux événements, la nomination de Jefnie Toussaint par le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro et le « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » du 25 août 2026 ? En lien avec ces deux événements, comment comprendre et situer l’empressement, sinon l’entêtement, du ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, à se muer en caution intellectuelle de l’invisibilisation de la corruption au Fonds national de l’éducation ?

Avec la nomination de « Jefnie Toussaint à la direction tant convoitée du FNE, Vijonet Déméro, serait-il sur le point de franchir une nouvelle étape de sa brillante carrière universitaire dans le but de devenir sous peu l’ordonnateur, le chef d’orchestre, le « parrain » de la plus vaste entreprise mafieuse de corruption du système éducatif haïtien qu’est le Fonds national de l’éducation ?  

Dans le prolongement de la scabreuse et juteuse carrière politique du PHTKiste Nesmy Manigat à la direction du ministère de l’Éducation nationale –période de grandes récoltes kleptocratiques au cours de laquelle des centaines de millions de dollars ont été détournés en toute impunité au Fonds national de l’éducation–, le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, qui est aujourd’hui encore fort puissant dans les allées du pouvoir en Haïti, aurait-il trouvé en Vijonet Déméro la perle rare capable d’innover dans la continuité, de préserver les rituels administratifs et financiers, illusionnistes et dollarisés du « vire won » institutionnel afin que l’industrie de la corruption puisse se perpétuer, se renouveler en se consolidant, bref, afin qu’elle continue d’être hautement rentable en toute impunité au Fonds national de l’éducation ? 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit avec la nomination de Jefnie Toussaint à la direction du Fonds national de l’éducation et la tenue concomitante du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » organisé par les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) : donner l’illusion de la légalité et de la légitimité à une décision gouvernementale, organiser un forum de « solidarité » en diaspora destiné, semble-t-il, à « fournir un soutien structurant à l’éducation » en Haïti. Et pour y parvenir l’on promeut en particulier le soutien public du Fonds national de l’éducation, l’un des 9 organismes placés sous la tutelle administrative et financière du ministère de l’Éducation nationale. L’on a observé qu’en avril 2026 les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) –en faisant du FNE le partenaire principal de cet événement–, ont publiquement proclamé, haut et fort, que la voie à suivre est celle d’une gouvernance normée, formatée et dont le modèle de référence est celui, essentiellement kleptocratique, du PHTK néo-duvaliériste. Ainsi, à contre-courant de l’éthique citoyenne et des principes de la reddition des comptes, cette gouvernance normée promeut le « kase fèy kouvri sa », la myopie et la surdité volontaires et programmées permettant de contribuer à perpétuer la corruption systémique et son invisibilisation, en toute impunité, au Fonds national de l’éducation. NOTE – En Haïti, le « Décret du 17 mai 2005 portant organisation et fonctionnement de l’Administration centrale de l’État » est la référence normative la plus explicite en matière de reddition des comptes. Les articles 150 et 151 imposent aux entreprises publiques :

  • la transmission dans les trois mois suivant la clôture de l’exercice fiscal : bilan, état des profits et pertes, analyse de gestion et situation financière ;
  • la production de rapports financiers trimestriels dans les 15 jours ouvrables suivant la fin de chaque trimestre.

Dans le présent article nous faisons la démonstration, de manière rigoureuse et documentée, qu’il y a une étroite corrélation « stratégique » entre la nomination par Vijonet Déméro de la comptable « Jefnie Toussaint à la direction tant convoitée du FNE et la tenue concomitante du « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » organisé par les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026).

Il y a lieu préalablement de situer la toile de fond du présent article : toutes les fois que nous abordons le sujet de l’éducation en Haïti, nous avons en tête des données de premier plan dont il faut rigoureusement tenir compte :

  1.  Actuellement le système éducatif national haïtien (secteurs public et privé) comprend 4 millions d’élèves en cours de scolarisation.

Selon le document officiel du ministère de l’Éducation nationale daté du 11 décembre 2025, Haïti compte :

  • 4 028 897 élèves scolarisés (préscolaire, fondamental, secondaire). 
  • 18 241 écoles (82 % non publiques ; 18 % publiques). 

Ces données sont issues du Recensement scolaire national 2024-2025 réalisé par :

  • la DPCE (Direction de la planification et de la coopération externe)
  • la Direction générale du ministère de l’Éducation nationale
  • le SIGE
  • lUCP avec l’appui de la BID, de la Banque mondiale et de l’UNESCO. 
  1. Selon les données officielles fournies par le SIGE du ministère de l’Éducation nationale, le nombre total d’enseignants (secteurs public et privé) en poste dans le système éducatif haïtien s’élève à 101 947 professeurs

Ce chiffre couvre tous les niveaux :

  • préscolaire
  • fondamental I, II, III
  • secondaire

Il s’agit de données nationales consolidées affichées sur la plateforme SIGE, qui est l’outil officiel du MENFP pour la gestion des écoles, des élèves et des enseignants.

  1.  Selon les estimations fournies par l’UNESCO, le salaire mensuel moyen d’un enseignant haïtien se situe dans une fourchette, entre 490 € et 1 110 €, soit environ 55 000 à 125 000 gourdes par mois. Ces montants proviennent des estimations des salaires mensuels moyens par profession (ILOSTAT) ajustés par l’UNESCO selon la méthodologie ODD 4.c.5. De telles estimations donnent un ordre de grandeur apparemment fiable, mais elles ne s’appuient pas sur les données officielles en provenance du ministère de l’Éducation nationale… Une estimation n’est pas une mesure précise, une donnée chiffrée établie et attestant, par exemple, le montant légal d’un salaire effectivement versé.

(4) Les données de l’Institut haïtien de la statistique et de l’informatique indiquent que les salaires du personnel enseignant du secteur public sont fixés par grille indiciaire budgétaire et dépendent des qualifications et du statut des enseignants :

•⁠  ⁠Non-qualifiés / Recrutés directement : environ 13 000 gourdes brut/mois.

•⁠  ⁠Capistes (ENS non diplômés) : environ 16 000 gourdes brut/mois.

•⁠  ⁠Normaliens / Diplômés : entre 19 000 et 24 800 gourdes brut/mois selon le niveau.

•⁠  ⁠Professeurs du secondaire (par chaire/vacation) : payés sur la base du nombre de chaires dispensées (~13 000 gourdes brut/mois pour une chaire de 6 h/semaine, avec un plafond réglementaire d’heures).

Il existe de nettes disparités de salaire entre les écoles situées dans les grandes villes et celles des provinces et entre les écoles à statut communautaire ou paroissial différent ou encore les écoles privées subventionnées par la diaspora. Plusieurs enseignants oeuvrant en Haïti soutiennent qu’un grand nombre d’enseignants n’atteignent pas les 13 000 gourdes brut/mois.

(5) Le salaire mensuel du directeur général du Fonds national de l’éducation est attesté, authentifié et confirmé par plusieurs sources médiatiques haïtiennes et par une déclaration de l’ancien directeur général Jean Ronald Joseph lui-même le 1er avril 2024, avant qu’il ne soit l’objet d’un mandat d’arrêt émis par l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) ; il est désormais un fugitif aux États-Unis. Ce salaire est de 650 000 gourdes par mois pour un montant annuel de 7 800 000 Gourdes. À cette somme s’ajoute l’indemnité de fonction à hauteur de 1/3 du salaire, soit 216 000 Gourdes, ainsi qu’une pléthore d’autres postes budgétaires : 

Dépenses salariales du bureau du directeur général : 24 000 000 Gourdes/an.

Dépenses salariales du cabinet du directeur général : 49 000 000 Gourdes/an

Les dépenses salariales du Fonds national de l’éducation s’élèvent à 80 800 000 Gourdes par an, sans compter les juteux perdiem et autres dépenses zonbi non budgétisées dont l’Administration publique haïtienne fait un usage glouton…

Habituellement le bureau du directeur général comprend 6 à 8 personnes tandis que son cabinet comprend 10 à 15 personnes

(6) En Haïti l’éducation est un droit et une obligation de l’État (article 32 de la Constitution de 1987). Il est attesté que 80% de l’offre scolaire est financée et gérée par le secteur privé national et international tandis que l’État finance très peu l’éducation en Haïti. Il est donc utile et éclairant de mettre en perspective les sommes cumulées et détournées par le Fonds national de l’éducation, le salaire exorbitant du directeur du Fonds national de l’éducation auquel s’ajoutent les dépenses salariales de son bureau et de son cabinet, les maigres salaires des enseignants et le coût de la contribution des parents d’élèves à la scolarisation de leurs enfants : 

TABLEAU 1Dépenses scolaires des ménages haïtiens 

Source authentifiéeAnnéeDonnée publiéeInterprétationMontant annuel estimé
ECVMAS – IHSI2012–2018Les ménages consacrent 10–15 % de leurs dépenses totales à l’éducationPour un ménage moyen (≈ 180 000 GHT/an), cela représente une charge scolaire significative18 000–27 000 G/an par enfant
Banque mondiale – Revue des finances publiques2016Les ménages « dépensent des sommes importantes » pour la scolarisation ; le privé domineLe poids du privé augmente fortement les coûts directs> 30 000 G/an en zone urbaine
MENFP – Cadre de dépenses à moyen terme2021–2024Le secteur privé absorbe la majorité des coûts supportés par les familles84 % des écoles sont privées → frais élevés40 000–60 000 G/an dans les écoles privées
UNICEF Haïti – Rapports éducation2019–2023Les familles supportent la majorité des coûts (uniformes, inscriptions, matériel)Confirme la charge financière mais sans montants fixes≈ 20 000–30 000 G/an (fourchette compatible ECVMAS)
GPE – Cadre de résultats Haïti2024–2025Dépenses publiques d’éducation = 15 % des dépenses totales de l’ÉtatFaible financement public → charge accrue pour les ménages≈ 25 000–35 000 G/an (charge compensatoire)

(Sources : les 10 articles de Robert Berrouët-Oriol ; voir plus bas)

Les lecteurs familiers de nos articles sur divers sujets liés à l’éducation en Haïti ont certainement noté que nous avons accordé, de 2024 à 2026, une attention spéciale au dossier de la corruption au Fonds national de l’éducation tant les enjeux sont cruciaux à l’échelle nationale. Les articles suivants en témoignent :  

Articles du linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol consacrés à la corruption au fonds national de l’éducation (2024 – 2026)

1 — Le Fonds national de l’éducation en Haïti, un système mafieux de corruption créé par le PHTK néo-duvaliériste. Rezonòdwès, 20 avril 2024.

2 — La corruption au Fonds national de l’éducation en Haïti : ce que nous enseignent l’absence d’états financiers et l’inexistence d’audits comptables entre 2017 et 2024. Madinin’Art, 3 mai 2024. 

3 — En Haïti le Fonds national de l’éducation, haut-lieu de la corruption, tente de s’acheter une impunité « à vie » à Radio Magik9. Haïti Inter, 7 janvier 2025.

4 — En Haïti, la corruption généralisée au Fonds national de l’éducation met encore en péril la scolarisation de 3 millions d’écoliers. Rezonòdwès, 18 février 2025.

5 — Le parachutage de Sterline CIVIL à la direction du Fonds national de l’éducation : vers le renforcement de la corruption et de l’impunité dans le système éducatif national d’Haïti. Rezonòdwès, 5 mars 2025.

6 – L’occultation de la corruption au Fonds national de l’éducation : nouvelles acrobaties de Sterline Civil, profuse « missionnaire » du PHTK néo-duvaliériste. Rezonòdwès, 17 juin 2025.

7 — Corruption, détournement de fonds publics, népotisme : le Fonds national de l’éducation défie et échappe encore à la Justice haïtienne. Rezonòdwès, 21 août 2025.

8 — Les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH 2026) de Montréal avalisent la corruption endémique qui sévit, en Haïti, au Fonds national de l’éducation. Rezonòdwès, 23 avril 2026.

9 — Charlatanisme, imposture et enfumage : actualisation des liaisons délictueuses entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation d’Haïti. Madinin’art, 11 mai 2026. 

10 — Tonton-macoutique tentative d’intimidation du linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol : les Journées internationales de la diaspora haïtienne de Montréal avalisent une fois de plus la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti. Madinin’art, 15 mai 2026.

L’on observe que ces dix articles attestent une connaissance approfondie du phénomène de la corruption et de son invisibilisation au Fonds national de l’éducation d’Haïti.

Quels sont les principaux enseignements consignés dans ces dix articles ? De quelle manière permettent-ils de mettre en perspective la nomination de Jefnie Toussaint à la direction du Fonds national de l’éducation et l’événement, concomitant, annoncé par les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) récemment engluées dans le délictueux soutien public à la corruption au Fonds national de l’éducation d’Haïti, à savoir le « Forum international sur l’éducation et la santé Canada-Haïti » du 25 août 2026 ?  

L’HYPOTHÈSE suivante mérite d’être évoquée et analysée : sommes-nous en présence d’une véritable stratégie de communication kleptocratique à l’échelle nationale et internationale dont les principaux acteurs institutionnels seraient –pour le Canada–, le ministère de l’Éducation nationale et… les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ? Cette hypothèse est pleinement justifiée au niveau politique et institutionnel car, comme nous l’avons démontré dans plusieurs articles, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ont fait du Fonds national de l’éducation un partenaire majeur lors des Assises tenues à Montréal en avril 2026. L’on observe d’ailleurs que d’avril 2026 à août 2026, le site Web officiel des Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ne consigne aucun bilan de ces Journées, aucun bilan financier, aucun rapport d’audit financier relatif à ces Assises tenues à Montréal en avril 2026. 

QUESTION : le Fonds national de l’éducation a-t-il financé les Assises des JIDH2026 tenues à Montréal en avril 2026 ? Dans l’affirmative, pourquoi les JIDH2026 n’ont-elles pas déjà publié un bilan public précisant le montant des sommes éventuellement reçues du FNE et indiquant que ces sommes ont fait l’objet d’un rapport d’audit financier consultable selon les lois en vigueur au Canada ? Au chapitre de la transparence et de la reddition publique des comptes d’une institution, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026), qui prétendent offrir un transparent « modèle de gouvernance » au système éducatif national haïtien, l’on observe que l’omertà sicilienne est de rigueur : de manière générale, QUI EST-CE QUI FINANCE, DEPUIS LEUR CRÉATION, LES JOURNÉES INTERNATIONALES DE LA DIASPOR A HAÏTIENNE (JIDH2026) ? Est-ce la caisse noire du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste par le discret truchement du… Fonds national de l’éducation ? Est-ce le gouvernement fédéral canadien et/ou celui du Québec, qui gèrent les impôts des contribuables ? Est-ce la ville de Montréal ? La Chambre de commerce haïtienne du Canada et la Jeune Chambre de commerce haïtienne auraient-elles, éventuellement, été sollicitées pour financer les activités des JIDH2026

RAPPEL – Mission statutaire et réalisations présumées : les mécanismes d’invisibilisation de la corruption au Fonds national de l’éducation

Tel que précisé dans les articles que nous lui avons consacrés, le Fonds national de l’éducation (FNE) a été créé en 2011, sans base légale, par les deux caïds en chef du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste Michel Martelly et Laurent Lamothe –qui ont été, quelques années plus tard, sanctionnés par le Canada et les États-Unis (voir plus bas).

Le FNE a été créé sur le modèle de la Régie du tabac et des allumettes : le dictateur François Duvalier a établi cette Régie kleptocratique comme un fonds extra-budgétaire. Le Fonds national de l’éducation, lui aussi structuré comme un fonds extra-budgétaire, est financé par deux taxes imposées sans débat parlementaire : 1,50 $US sur les appels internationaux entrants et 1,50 $US sur les transferts d’argent de la diaspora. Dès sa création, le FNE a été conçu comme un dispositif hors contrôle parlementaire, échappant aux mécanismes classiques de reddition de comptes. En 2014, une loi lui a donné un habillage légal mais sans imposer d’audits obligatoires ni de publication d’états financiers, ce qui permet la consolidation d’une gouvernance opaque. Sa mission statutaire est de financer l’éducation nationale, notamment la construction d’écoles, la formation des enseignants et le soutien aux infrastructures éducatives. Entre 2011 et 2026, les montants totaux versés au FNE par le CONATEL (taxe téléphonique) par le truchement de la Banque de la République d’Haïti (BRH) (taxe sur les transferts) sont estimés à plusieurs centaines de millions de dollars, mais le FNE n’a jamais publié un seul état financier annuel. Nos articles démontrent que de 2017 à 2025, il n’existe aucun audit comptable, aucune reddition de comptes, aucune publication de bilan, et aucune trace d’un arrêt de conformité de la Cour supérieure des comptes. Cette absence totale de transparence permet la mise en place d’un système mafieux de corruption caractérisé par le détournement de fonds publics, le népotisme, les dépenses salariales faramineuses et la manipulation politique. Les directeurs successifs du FNE –entre autres Jean Ronald Joseph, Sterline Civil, Élisée Colagène–, ont œuvré pour consolider un réseau d’impunité, notamment par des opérations de communication visant à légitimer le FNE auprès de médias complaisants et par l’organisation de « Forums » dans la diaspora haïtienne. Dans nos plus récents articles, nous avons démontré que le FNE a mis en place des « opérations de séduction » dans la logique de la consolidation d’une impunité permanente, notamment via des « alliances stratégiques », entre autres avec les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026). Ces « alliances stratégiques » servent de plateforme et de paravent au « blanchiment symbolique » de l’ensemble des opérations du FNE. L’absence d’audit des états financiers du FNE, de 2014 à 2026, l’opacité financière et la captation des ressources publiques continuent de mettre en péril la scolarisation de 4 millions d’écoliers haïtiens.

TABLEAU 2 — Synthèse : création, légalisation, mission, flux financiers, absence d’audit au Fonds national de l’éducation

ParamètreDonnéesSource (articles de RBO)Analyse
Création du FNE en 2011Par Michel Martelly et Laurent LamotheArticles 1, 2Fonds extra-budgétaire conçu dans l’opacité.
Légalisation du FNELoi de 2014Articles 1, 2Habillage légal sans obligation d’audit administratif et d’audit des états financiers.
Mission statutaireFinancement de l’éducationArticles 1, 2, 4Mission détournée par la corruption systémique.
Sommes totales reçues via le CONATELPlusieurs centaines de millions $ US (2011–2026)Articles 1, 2, 4Montants totaux exacts jamais publiés par le FNE. Aucune reddition de comptes.
Sommes totales reçues via BRHPlusieurs centaines de millions $ USArticles 1, 2Montants totaux exacts jamais publiés par la BRH. Aucune reddition de comptes.
Absence d’états financiers2017–2026 : aucun état financier publiéArticle 2Violation totale des obligations légales.
Absence d’audit comptableAucun audit d’états financiers depuis la création du FNE en 2011Articles 2, 7Le FNE « échappe » à la Cour supérieure des comptes.
Corruption systémiqueDétournement, népotisme, dépenses opaquesArticles 1, 3, 4, 5, 6, 7Système mafieux consolidé.
Dépenses salariales bureau DG24 000 000 Gourdes/anArticle 1Sommes colossales attribuées sans justification d’expertise connue. Structure hypertrophiée et opaque.
Dépenses salariales cabinet DG49 000 000 GHT/anArticle 1Sommes colossales attribuées sans justification d’expertise connue. Structure hypertrophiée et opaque.
Tentatives de banaliser l’impunitéOpérations médiatiques à Radio Magik9Article 3Stratégie de blanchiment institutionnel.
Rôle des JIDH 2026Appui public à la légitimation de la corruption au FNEArticles 8, 9, 10Stratégie d’instrumentalisation de la diaspora.
Impact sur l’éducation3 millions d’écoliers affectésArticle 4Corruption met en péril la scolarisation nationale.

(Sources : les 10 articles de Robert Berrouët-Oriol)

RAPPEL– Sanctions des États-Unis (OFAC – U.S. Department of the Treasury)

Michel Martelly — sanctionné par les États-Unis

  • Date officielle : 20 août 2024
  • Autorité : OFAC (Office of Foreign Assets Control)
  • Document : Notice of OFAC Sanctions Actions
  • Base légale : Executive Order 14059 (15 décembre 2021)
  • Motif : implication dans des activités liées à la prolifération internationale de drogues illicites
  • Mesures : interdiction de transactions financières, gel des avoirs, interdiction de prêts et investissements par des entités américaines.

Référence attestée : U.S. Department of the Treasury, OFAC Sanctions List Update, 20 August 2024.

Sanctions du Canada (Loi sur les mesures économiques spéciales – Haïti)

Michel Martelly — Sanctionné par le Canada

  • Date d’enregistrement : 17 novembre 2022
  • Date de publication : 7 décembre 2022
  • Document : SOR/2022-231 — Regulations Amending the Special Economic Measures (Haiti) Regulations
  • Motif : soutien ou financement d’activités de gangs armés en Haïti
  • Mesures : gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction de services financiers, interdiction de territoire.

Référence attestée : Canada Gazette, Partie II, SOR/2022-231.

Laurent Lamothe — sanctionné par le Canada

  • Date d’enregistrement : 17 novembre 2022
  • Date de publication : 7 décembre 2022
  • Document : SOR/2022-231 — même décret que Martelly
  • Motif : soutien ou financement d’activités de gangs armés en Haïti
  • Mesures : identiques à celles imposées à Martelly.

Référence attestée : Canada Gazette, Partie II, SOR/2022-231.

En ce qui a trait à la consolidation d’un réseau d’impunité au Fonds national de l’éducation, notamment par des opérations de communication grand public visant à légitimer le FNE et par l’organisation de « Forums » dans la diaspora haïtienne, les Journées internationales de la diaspora haïtienne (JIDH2026) ont entrepris de recruter et d’instrumentaliser des personnalités de la diaspora haïtienne au Canada (intellectuels, enseignants, universitaires, professionnels, artistes, etc.). C’est le sens politique et « stratégique », exact et précis, de l’invitation officielle adressée le 20 août 2026 au linguiste-terminologue Robert Berrouët-Oriol. Elle est ici reproduite intégralement :

« De : Journées Internationales de la Diaspora haïtienne <jidh2026@gmail.com>

Objet : Invitation officielle – Robert Barrouët-Oriol

Date : 20 août 2026 à 08:00:00 HAE

À : Robert BERROUËT-ORIOL <robertberrouet.oriol@icloud.com>



Bonjour Robert,
À la suite des Journées Internationales de la Diaspora Haïtienne (JIDH), tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026, les travaux ont mis en évidence l’urgence d’engager une transformation profonde des systèmes éducatifs et sanitaire d’Haïti, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, institutionnels, économiques et sociaux majeurs.
Le panel principal, intitulé « De la diaspora comme capital dispersé à une ressource mobilisable : enjeux et perspectives de réforme des systèmes de santé et d’éducation en Haïti », a réuni des experts, des chercheurs, des universitaires, des représentants gouvernementaux ainsi que des partenaires internationaux. Les échanges ont confirmé qu’aucune réforme durable ne pourra être menée sans une alliance stratégique réunissant l’État haïtien, les établissements d’enseignement supérieur, les institutions de santé, les centres de formation professionnelle, les organismes internationaux et la diaspora haïtienne.
Dans cette perspective, le Forum International sur l’Éducation et la Santé Canada-Haïti prévu à Montréal le 25 août 2026,Mardi 25 août 2026 de 11 h à 20h au 653, boulevard Curé-Labelle, Sainte-Rose, Laval, s’inscrit dans une volonté commune de transformer les recommandations formulées lors des JIDH en partenariats institutionnels concrets, durables et structurants.
Ce forum et la mission ministérielle permettront notamment :De consolider les relations entre les ministères haïtiens et leurs partenaires canadiens;De favoriser la mise en place de projets de coopération dans les domaines de l’éducation, de la formation, de la recherche et de la santé;De tenir des rencontres bilatérales avec des universités, des établissements de santé, des centres de recherche, des représentants gouvernementaux et des organismes de développement;De mobiliser l’expertise de la diaspora haïtienne afin de soutenir la reconstruction et le renforcement des capacités institutionnelles d’Haïti;D’identifier des mécanismes de financement, d’accompagnement technique et de transfert de compétences au bénéfice des institutions haïtiennes.Ce forum constitue une occasion exceptionnelle de renforcer la coopération entre le Canada et Haïti et de jeter les bases d’une collaboration durable au service du développement du capital humain, de l’amélioration des services éducatifs et sanitaires ainsi que du renforcement des institutions publiques.
Nous serions honorés de pouvoir compter sur votre présence comme invité à ce forum. Votre présence et votre contribution à cette démarche stratégique seront essentielles au succès de cette initiative, porteuse d’un engagement commun en faveur de l’avenir de la jeunesse haïtienne et du développement durable du pays.
Cordialement,
Jean David Prophète,Fondateur des JIDHTel: XXX XXX XXXXE. jidh2026@gmail.comw. www.jidh.ca 

Langue de bois, formules creuses, petit catéchisme de l’enfumage politique et de la démagogie populiste : le ministre de l’Éducation nationale, Vijonet Déméro, assure déjà le « service après-vente » que lui a commandé le PHTK néo-duvaliériste… 

Écoutons-le attentivement, son « discours de circonstance » a été partiellement reproduit dans le journal Le Nouvelliste :

« La cérémonie [d’installation de Jefnie Toussaint la nouvelle directrice du FNE] s’est déroulée en présence du dircteur général sortant du FNE, Élysée Colagène, de plusieurs ministres de l’actuel gouvernement et de cadres de l’institution. Dans son discours, le titulaire du MENFP, Vijonet Déméro, a salué la gestion du directeur général sortant, estimant qu’il avait assuré une bonne gestion de l’institution. M. Déméro a invité la nouvelle directrice générale à suivre le modèle de leadership instauré par son prédécesseur. Il l’a également enjointe à protéger son image, celle de sa famille, de ses professeurs et de son université. Vijonet Déméro a également appelé Mme Toussaint à poursuivre les efforts initiés par le directeur général sortant afin de faciliter la réouverture des classes prévue le 7 septembre prochain. En ce sens, il l’a appelée à prendre des dispositions pour la distribution des manuels scolaires aux directions départementales, la réparation des écoles nationales et des lycées, ainsi que l’achat des fournitures destinées aux établissements scolaires. M. Déméro a également invité Mme Toussaint à exiger le rapport sur les repas distribués par le Programme national de cantines scolaires (PNCS) durant les cours de rattrapage et les examens d’État dans les départements de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest. 

« L’argent du FNE doit servir à scolariser les enfants », a déclaré Vijonet Déméro. Dans son discours d’investiture, Jefnie Toussaint a salué le directeur général sortant, reconnaissant « son travail et les efforts consentis au sein du FNE ». Mme Toussaint a souligné qu’elle s’inscrira dans la continuité, « avec la volonté de préserver les acquis, tout en insufflant une nouvelle dynamique de modernisation et de performance ». Jefnie Toussaint s’est engagée à promouvoir une gestion à la fois « responsable, transparente et orientée vers les résultats ». « Je veillerai à renforcer la culture de la reddition de comptes, à améliorer les mécanismes de gouvernance, à optimiser l’utilisation des ressources disponibles et à développer des partenariats stratégiques susceptibles d’accroître l’impact du FNE sur l’ensemble du territoire national », a promis Mme Toussaint. Elle a profité de l’occasion pour appeler à la collaboration de tous les cadres du FNE, à tous les niveaux, soulignant que les défis auxquels ils seront confrontés exigent « compétence, professionnalisme et esprit de service public ». Nommée en marge du Conseil des ministres du jeudi 13 août 2026, Jefnie Toussaint remplace à la direction générale du FNE Élysée Colagène. Ce dernier n’aura passé que 10 mois et 25 jours à la tête du FNE. Depuis février 2025, c’est le troisième changement qui est opéré à la direction générale de l’institution » (Le Nouvelliste, 17 août 2026). [Les soulignés en italiques et gras sont de RBO]

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