15 août 2026
USA TODAY | Après la fin du TPS aux Etats-Unis, des Haïtiens se tournent vers le Canada malgré les restrictions à la frontière
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USA TODAY | Après la fin du TPS aux Etats-Unis, des Haïtiens se tournent vers le Canada malgré les restrictions à la frontière

photo : cba

MONTRÉAL/WASHINGTON, 15 août 2026 — La perte du Statut de protection temporaire (TPS) aux États-Unis pousse certains ressortissants haïtiens à envisager le Canada, particulièrement le Québec, comme solution de repli, rapporte USA TODAY dans une enquête publiée samedi 15 août. Plus de 330 000 Haïtiens bénéficiaient de cette protection américaine, tandis que les organisations d’aide aux migrants signalent un intérêt accru pour les possibilités d’asile au nord de la frontière.

Selon USA TODAY, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et plusieurs défenseurs des migrants constatent une présence accrue d’Haïtiens cherchant à gagner le territoire canadien. Le Québec apparaît comme une destination privilégiée, notamment en raison du français, l’une des deux langues officielles d’Haïti. Cette perspective demeure toutefois juridiquement complexe : l’Accord sur les tiers pays sûrs entre le Canada et les États-Unis permet généralement aux autorités canadiennes de déclarer irrecevables certaines demandes présentées à la frontière terrestre par des personnes arrivant des États-Unis, sauf lorsqu’une exception prévue par l’accord s’applique.

Les données officielles canadiennes confirment l’importance prise par les ressortissants haïtiens dans le système d’asile. En 2025, 14 192 demandes concernant Haïti ont été transmises à la Section de la protection des réfugiés, contre 7 864 en 2024, selon les chiffres cités par USA TODAY. Les statistiques de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada confirment les 14 192 dossiers référés en 2025.

La concentration à la frontière québécoise était déjà perceptible avant la disparition effective du TPS américain. Ottawa indiquait qu’au printemps et à l’été 2025, environ 60 % des demandeurs arrivant à la frontière terrestre au Québec étaient des ressortissants haïtiens et que beaucoup pouvaient invoquer l’exception familiale prévue par l’Accord sur les tiers pays sûrs. Les autorités canadiennes précisaient que ces arrivées s’effectuaient principalement au poste frontalier de Lacolle.

Une autre donnée officielle mesure l’ampleur du phénomène : au 30 septembre 2025, le Canada comptabilisait 12 320 demandes haïtiennes à ses postes frontaliers terrestres, sur 18 165 demandes au total. Ottawa précisait que ces ressortissants invoquaient principalement l’exception familiale, c’est-à-dire l’existence au Canada d’un proche répondant aux conditions prévues par l’accord.

L’article de USA TODAY, signé Trevor Hughes, rapporte parallèlement que certaines personnes envisageraient des passages clandestins organisés par des passeurs. Une telle démarche expose cependant les migrants à des conséquences migratoires et judiciaires considérables. Les autorités canadiennes rappellent que l’élargissement, en mars 2023, de l’Accord sur les tiers pays sûrs à l’ensemble de la frontière terrestre permet le renvoi vers les États-Unis des demandeurs qui ne satisfont pas aux conditions d’une exception.

Le phénomène dépasse par ailleurs la seule frontière. Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Haïti constituait en 2025 la première nationalité parmi les demandeurs d’asile au Canada, représentant environ 16 % des demandes, soit quelque 18 000 dossiers selon une mesure statistique plus large du système canadien. Le Canada avait enregistré environ 114 500 demandes d’asile toutes nationalités confondues cette année-là, après plus de 173 000 en 2024.

Aux États-Unis, la disparition du TPS place simultanément des centaines de milliers d’Haïtiens devant un choix particulièrement contraignant : demeurer sans la protection attachée à ce statut, rechercher une autre base juridique permettant leur séjour, quitter volontairement le pays ou tenter d’obtenir une protection dans un État tiers. USA TODAY rapporte également qu’à Springfield, dans l’Ohio, certains ressortissants haïtiens convoqués par les services américains de l’immigration ont été placés sous surveillance électronique au moyen de bracelets GPS.

La perspective canadienne ne constitue cependant ni un transfert automatique du TPS américain ni une garantie d’admission comme réfugié. Chaque demande recevable doit franchir l’examen d’admissibilité avant, le cas échéant, d’être transmise à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, tribunal administratif indépendant chargé de déterminer si le demandeur répond aux critères de réfugié ou de personne à protéger.

Source principale : USA TODAY, Trevor Hughes, « After losing TPS in United States, some Haitians seek Canadian refuge », 15 août 2026. Données complémentaires : Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR/IRB) et Agence des services frontaliers du Canada (ASFC/CBSA).

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