11 août 2026
Colombie | Investiture d’Abelardo de la Espriella : Haïti absent du cercle des délégations de haut niveau à Cali
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Colombie | Investiture d’Abelardo de la Espriella : Haïti absent du cercle des délégations de haut niveau à Cali

CALI, Colombie — Le nouveau président colombien, Abelardo de la Espriella, a prêté serment vendredi 7 août 2026 à Cali, lors d’une cérémonie exceptionnellement organisée hors de Bogotá et marquée par une forte présence diplomatique régionale. Plusieurs chefs d’État latino-américains avaient fait personnellement le déplacement, parmi lesquels Javier Milei, président de l’Argentine, Daniel Noboa, président de l’Équateur, José Raúl Mulino, président du Panama, ainsi que Luis Abinader, président de la République dominicaine. Le roi Felipe VI d’Espagne figurait également parmi les principaux invités.

Haïti, en revanche, n’apparaît pas parmi les délégations politiques de haut niveau publiquement recensées. Ni le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ni la ministre des Affaires étrangères Raina Forbin ne figurent dans les listes d’autorités ayant participé aux cérémonies de transmission du pouvoir. Selon les informations recueillies par notre rédaction, aucune délégation gouvernementale n’aurait quitté Port-au-Prince à destination de Cali et la représentation haïtienne aurait été limitée au niveau diplomatique local. Les recherches effectuées n’ont toutefois pas permis d’établir avec suffisamment de certitude l’identité de la personne ayant officiellement représenté Haïti lors de la cérémonie.

L’absence d’une délégation gouvernementale haïtienne prend une dimension particulière au regard de l’intensification récente des rapports entre Port-au-Prince et Bogotá sous Gustavo Petro. L’ancien président colombien s’était rendu à deux reprises en Haïti en 2025, notamment pour des discussions portant sur la coopération sécuritaire, la formation policière et les relations bilatérales. Il avait également rencontré les autorités de transition et Alix Didier Fils-Aimé lorsque celui-ci exerçait déjà les fonctions de Premier ministre.

Le contraste est d’autant plus perceptible que plusieurs États de la région étaient représentés au niveau présidentiel ou vice-présidentiel. Outre la République dominicaine, le Panama, l’Argentine et l’Équateur, les autorités colombiennes avaient annoncé la présence de représentants du Paraguay, du Chili, du Honduras, du Salvador et du Guatemala. Les États-Unis avaient, pour leur part, dépêché une délégation présidentielle conduite par le procureur général par intérim Todd Blanche.

La séquence intervient par ailleurs dans un contexte diplomatique moins favorable à Port-au-Prince : avant même son investiture, De la Espriella avait annoncé son intention de fermer plusieurs ambassades colombiennes à l’étranger, dont celle ouverte récemment en Haïti sous Gustavo Petro, dans le cadre d’une restructuration du réseau diplomatique. Cette décision, combinée à l’absence d’une délégation haïtienne de haut rang à Cali, peut être interprétée comme le signe d’un refroidissement potentiel de la relation bilatérale, même si aucune rupture diplomatique entre les deux États n’a été officiellement annoncée.La formulation « Haïti n’était pas invité » serait, à ce stade, trop catégorique : les sources accessibles documentent mieux l’absence de Fils-Aimé et de Forbin ainsi que l’absence apparente d’une délégation gouvernementale venue de Port-au-Prince que l’inexistence formelle d’une invitation diplomatique.

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