— The Independent
L’Iran affirme que le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à ce que les États-Unis satisfassent six exigences, parmi lesquelles figure le versement de compensations pour les dommages causés par la guerre.
Mohammad Bagher Zolghadr, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a déclaré samedi que les États-Unis devaient mettre fin à l’ensemble de leurs interventions militaires dans la région avant qu’une réouverture complète du détroit à la navigation puisse intervenir.
Il a également exigé le retrait des forces américaines déployées autour de l’Iran, le versement par Washington de compensations à Téhéran pour ce qu’il qualifie de « deux guerres d’agression », ainsi que la levée des sanctions américaines.
Zolghadr a réitéré l’exigence iranienne concernant la libération des avoirs gelés à l’étranger et demandé à l’administration américaine de mettre fin à ses menaces et à ses propos jugés insultants envers l’Iran.
« Tant que l’Amérique ne corrigera pas son comportement, le détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert », a-t-il déclaré, selon des agences de presse iraniennes.
Plus tôt samedi, le général de brigade Hossein Mohebbi, porte-parole du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), avait déclaré devant des alliés et des journalistes réunis à Bandar Abbas que le détroit était passé du statut de voie commerciale à celui d’« instrument de puissance et de guerre ».
L’Iran exerce un contrôle sur le trafic empruntant cette voie maritime internationale depuis les attaques menées en février par les États-Unis et Israël. La fermeture de fait du détroit, notamment au moyen de vedettes d’attaque rapides et de missiles, a provoqué une hausse des prix du pétrole, accentuant la pression sur le président américain Donald Trump pour qu’il mette fin à la guerre.
Les opérateurs maritimes ont également exprimé leurs préoccupations concernant le projet iranien d’imposer des droits ou des redevances aux navires traversant le détroit. En tant que voie maritime naturelle, celui-ci a historiquement été ouvert au passage des navires sans paiement, conformément au droit international.
« Dès que les États-Unis accepteront les conditions de l’Iran, le détroit d’Ormuz sera certainement rouvert », a ajouté Mohebbi.
Un projet d’accord entre l’Iran et Oman destiné à contribuer à la fin des cinq mois de guerre entre l’Iran et les États-Unis pourrait désormais conférer à Téhéran un contrôle sur les navires entrant dans le Golfe par le détroit. Un haut responsable iranien et deux responsables régionaux l’ont indiqué mercredi à Reuters. Une telle disposition constituerait l’une des concessions les plus importantes accordées jusqu’ici à l’Iran.
Les responsables américains ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils n’accepteraient jamais que l’Iran contrôle l’accès à la voie commerciale la plus importante au monde pour l’approvisionnement énergétique. Il demeure toutefois incertain que Washington ait cherché à modifier les paramètres de l’accord actuellement négocié.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a indiqué que l’Iran et Oman étaient « très proches » d’un accord concernant une nouvelle route maritime à travers le détroit, tout en précisant que sa réouverture dépendait également d’autres conditions, notamment du versement de compensations américaines à l’Iran.
Les six conditions formulées par Mohammad Bagher Zolghadr à l’adresse des États-Unis pour la réouverture du détroit sont les suivantes :
- Ne jamais menacer l’Iran, sous quelque forme ou dans quelque langage que ce soit, ni porter atteinte à ce que Téhéran considère comme les valeurs sacrées de la nation iranienne.
- Mettre définitivement fin à la guerre et aux agressions contre l’Iran et ses alliés au Liban, en Palestine, au Yémen et en Irak.
- Lever le blocus naval et retirer les forces militaires américaines, navales et aériennes, déployées autour de l’Iran.
- Verser intégralement, sans aucune réduction, les réparations correspondant aux dommages causés à l’Iran par ce que Téhéran qualifie de « deux guerres d’agression et d’imposition ».
- Lever les sanctions que l’Iran considère comme « injustes et illégales » contre la nation iranienne.
- Libérer sans condition les avoirs du peuple iranien actuellement bloqués à l’étranger et qualifiés de « volés » par Téhéran.
Source : The Independent, 8 août 2026

