Existe-t-il, au sein de la Police nationale d’Haïti ou des Forces armées d’Haïti, un fils issu des grandes familles de la classe des affaires — Brandt, Madsen, Bigio, Accra, Vorbe ou Baussan, Fils-Aimé ou Forbin — servant dans leurs rangs ? Haïti | Après avoir décrit l’horreur des gangs, Brian Mast propose d’intégrer à la Police et à l’Armée des Haïtiens renvoyés après la fin du TPS
PORT-AU-PRINCE, 29 juillet 2026 — Le président républicain de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des États-Unis, Brian Mast, a livré un récit particulièrement sombre de sa récente visite en Haïti. Le parlementaire floridien décrit une capitale éventrée par les barricades, les fossés creusés dans les chaussées, les murs criblés de balles et la présence de policiers lourdement équipés. Malgré ce tableau de désagrégation sécuritaire, il défend le retour en Haïti des bénéficiaires du Statut de protection temporaire, TPS, qui n’ont obtenu aucun statut permanent aux États-Unis, estimant que certains pourraient rejoindre la Police nationale d’Haïti ou les Forces armées.
Selon le reportage publié mercredi par Fox News Digital, sous la signature d’Elizabeth Elkind, Brian Mast conduisait une délégation bipartisane du Congrès en Haïti et au Venezuela. Il présente ce déplacement comme la première visite d’une délégation parlementaire américaine dans ces deux pays depuis environ dix ans. En Haïti, les élus ont été reçus par le premier ministre, dans un secteur qui, selon Mast, aurait encore été assimilable à une zone de guerre un an auparavant.
Le parlementaire affirme avoir observé certains indices d’une lente progression des opérations contre les groupes armés. Il attribue cette évolution à l’intervention de forces internationales et à l’action d’une société privée dirigée par Erik Prince. Fox News fait référence à l’appui paramilitaire américain déployé parallèlement aux structures internationales chargées de combattre les gangs. Brian Mast soutient que les forces engagées tentent de reprendre progressivement des portions du territoire métropolitain.
Cette appréciation demeure toutefois accompagnée d’un constat accablant. Le président de la Commission des affaires étrangères compare certains secteurs de Port-au-Prince à l’Afghanistan, en raison des obstacles installés par les gangs pour empêcher la circulation des unités policières et militaires. Des amas de débris, des tranchées et des barricades rendent plusieurs axes difficilement praticables. Mast décrit également la capitale haïtienne comme l’un des espaces les plus pauvres qu’il ait visités.
Le reportage de Fox News revient sur une vidéo montrée au parlementaire pendant son séjour. Les images concernaient un conducteur d’engin lourd qui aidait la police à dégager des rues bloquées par les groupes armés. D’après le récit transmis à Mast, les criminels auraient enlevé la famille de cet opérateur avant de lui proposer un échange. L’homme se serait livré pour obtenir la libération de ses proches, puis aurait été torturé et tué à coups de machette. Brian Mast utilise ce cas pour décrire la méthode punitive appliquée aux civils soupçonnés de collaborer avec les forces publiques.
Le responsable républicain rapporte également l’enlèvement d’une fillette américaine âgée de six ans, retenue pendant au moins 46 jours. Selon ses déclarations, des éléments médicaux faisaient craindre que l’enfant ait subi des violences sexuelles pendant sa captivité. Sa remise en liberté serait intervenue après la conclusion d’un accord sur le montant de la rançon exigée à sa famille. Le département d’État américain a confirmé à Fox News avoir connaissance du rapt d’une enfant américaine en Haïti, sans fournir d’informations supplémentaires afin de protéger la vie privée de la famille.
Au-delà des atrocités attribuées aux gangs, Mast met directement en cause une partie de la classe politique haïtienne. Selon lui, des responsables politiques ont créé ou soutenu des groupes armés pour servir leurs intérêts, avant que ces structures criminelles ne deviennent suffisamment puissantes pour défier l’État. Il accuse également de nombreux dirigeants d’avoir pillé le pays au lieu de consolider les institutions publiques. Cette lecture fait de la prolifération des gangs le produit d’une longue instrumentalisation politique, et non celui d’une criminalité apparue hors de tout rapport avec les détenteurs du pouvoir.
Cette position rejoint le discours prononcé par Brian Mast le 21 juillet devant la Commission des affaires étrangères. Il y affirmait que les organisations armées contrôlaient une très grande partie de Port-au-Prince, avaient déplacé plus de 1,4 million de personnes et cherchaient à substituer leur propre autorité à celle de l’État. Il critiquait parallèlement l’ancienne Mission multinationale d’appui à la sécurité, jugeant son bilan disproportionné par rapport aux dépenses supportées par les contribuables américains.
Mast avait également présenté la nouvelle Force de répression des gangs comme une structure dotée d’un mandat plus offensif. Selon les informations communiquées à sa commission, Washington finance parallèlement des équipements, des opérations de recrutement policier, un soutien aux Forces armées d’Haïti ainsi que certaines dépenses logistiques. Le parlementaire réclame néanmoins des objectifs mesurables, un calendrier opérationnel et une reddition de comptes sur l’utilisation des ressources américaines.
C’est au milieu de cette description d’un pays fragmenté que Brian Mast aborde la situation des Haïtiens installés aux États-Unis sous le régime du TPS. L’administration américaine ayant mis fin à cette protection, des centaines de milliers de ressortissants haïtiens risquent de perdre leur autorisation de séjour et de travail. Mast vise plus précisément ceux qui, après seize années de présence sous diverses périodes de protection, n’ont pas obtenu la résidence permanente ou un autre statut migratoire.
Le parlementaire considère leur retour comme une ressource potentielle pour les institutions sécuritaires haïtiennes. Il propose de sélectionner des « hommes valides » afin de les intégrer à la police ou à l’armée, deux institutions engagées, selon lui, dans des campagnes de recrutement. Il soutient que l’émigration facilitée par le TPS aurait contribué à vider Haïti d’une partie des personnes susceptibles de servir au sein de ses forces publiques.
Cette thèse établit toutefois un lien direct entre protection humanitaire, émigration et affaiblissement sécuritaire sans examiner plusieurs paramètres déterminants : les critères professionnels d’admission à la PNH et aux FAd’H, la formation requise, le contrôle des antécédents, la capacité budgétaire de l’État, les garanties salariales, la disponibilité des équipements et le consentement individuel des personnes expulsées. La fin d’un statut migratoire ne peut juridiquement se transformer en mécanisme automatique de recrutement militaire ou policier.
La proposition pose également une question de cohérence politique. Brian Mast reconnaît l’emprise territoriale des gangs, les enlèvements, les violences sexuelles, l’extrême pauvreté et la fragilité des institutions. Il estime néanmoins que le rapatriement de ressortissants protégés pendant plusieurs années pourrait servir de levier de reconstruction sécuritaire. Le raisonnement substitue ainsi à une politique migratoire humanitaire une logique de mobilisation des personnes renvoyées vers un État que le parlementaire décrit lui-même comme partiellement paralysé.
Le reportage de Fox News confirme surtout la ligne désormais défendue par une frange influente du Parti républicain : Washington ne paraît pas disposé à maintenir le TPS uniquement en raison de l’insécurité persistante en Haïti. Pour Brian Mast, les conditions dramatiques observées à Port-au-Prince ne justifient pas nécessairement la prolongation du programme; elles constituent au contraire un argument en faveur du retour de personnes susceptibles, selon lui, de participer à la reconquête du territoire.
Cette conception transforme les bénéficiaires haïtiens du TPS en force humaine disponible pour réparer les carences d’institutions qu’ils n’ont ni désorganisées ni financées. Elle laisse également sans réponse une interrogation fondamentale : un gouvernement étranger peut-il présenter comme une solution sécuritaire le renvoi de civils vers un pays où ses propres représentants disent avoir constaté des pratiques comparables à celles de territoires en guerre?
Source principale : Fox News Digital, Elizabeth Elkind, 29 juillet 2026.
Titre original : “‘They fed him his own ears’: Top Republican shares horrifying stories of gang rule in Haiti.” (Fox News)


