Totalement abandonnée aux mains des gangs armés depuis près d’un an, la commune de Marchand-Dessalines, ancienne capitale impériale d’Haïti, vit une réalité alarmante avec un déplacement massif de sa population. La Police nationale d’Haïti (PNH), invitée à intervenir, peine à convaincre dans ses opérations à charge explosive.
« La peur a changé de camp », soutient le vice-délégué de l’arrondissement de Marchand-Dessalines, Dunelson Duval en lien aux dernières opérations à charge explosive lancées par la PNH dans la commune depuis le weekend écoulé, avant de souligner qu’aucun dommage n’a été enregistré dans le camp des bandits. Retranchés dans des maisons abandonnées, les bandits dominent les axes stratégiques de Marchand-Dessalines, précise le vice-délégué.
Les zones «Bienvenue» et «Hatte-Granmont» concernées par les raids des drones à charge explosive de la task-force restent pour le moins inaccessibles. Selon le vice-délégué, les policiers mobilisés dans des blindés hésitent à faire des opérations de pénétration dans la commune. Au dernier bilan, un véhicule a été démoli, plusieurs bandits ont eu des blessures légères, samedi.
Le responsable de la Direction départementale de l’Artibonite de la PNH, le commissaire divisionnaire Jean Alex Pierre-Louis entretient des rapports tumultueux avec les autorités locales de Marchand-Dessalines. Plusieurs contacts initiés avec le DDA Pierre-Louis sont restés sans succès, dénonce Dunelson Duval. Alors que la société criminelle «Grand-Griff»/«Kokorat sans ras» continuent d’orchestrer la violence, les dirigeants politiques et judiciaires peinent transcender leurs divergences.
Parallèlement, à l’hôpital de référence Sainte-Claire de Marchand-Dessalines, plusieurs bandits sont pris en charge depuis près de deux mois par des professionnels de la santé. Blessés lors des dernières attaques aux drones à charge explosive, des membres du gang «Kokorat san ras» n’ont pas été poursuivis et bénéficient du règne de l’impunité.

