26 juillet 2026
28 juillet 1915 – 28 juillet 2026 : mentir ne change jamais le jugement de l’Histoire
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28 juillet 1915 – 28 juillet 2026 : mentir ne change jamais le jugement de l’Histoire

Haïti, 28 juillet 1915 – 28 juillet 2026 : encore les mêmes « conzés »

Le vingt-huit juillet revient, pareil à l’ombre obstinée,
Comme un vieux glas d’airain que nul n’a désarmé.
Les siècles changent d’habits, les visages changent de nom,
Mais les chaînes aiment parfois revêtir d’autres fronts.

Hier, Sudre Dartiguenave gravissait l’escalier dressé,
Par des mains étrangères jusqu’au sommet hissé.
Autour du Palais veillaient les baïonnettes étrangères ;
Le pouvoir parlait français, mais répondait à d’autres prières.

Aujourd’hui renaît l’écho d’une mémoire blessée ;
Le calendrier bégaie une histoire traversée.
Le référendum s’avance sans peuple consulté,
Comme si le silence pouvait tenir lieu de légitimité.

La Constitution n’est pas un papier que l’on déchire ;
Elle demeure la parole qu’une nation aspire à dire.
Même lorsque les palais prétendent en fermer la voix,
La mémoire des peuples conserve toujours ses droits.

On peut repeindre les murs, rebaptiser les saisons,
Habiller les décrets d’élégantes raisons ;
Aucun vernis juridique, aucun discours savant,
N’efface la conscience d’un peuple demeuré vivant.

Depuis mille huit cent quatre, le soleil s’est levé ;
Il promettait un destin que nul ne pouvait briser.
D’autres nations, venues bien après sur le chemin,
Ont bâti leurs chemins de fer, leurs ports et leur destin.

Pendant que l’on célébrait des promesses sans lendemain,
Les routes perdaient leur pierre, les écoles leur pain.
Les gares sont devenues des souvenirs sans voix,
Et l’espérance s’exile chaque fois qu’elle y croit.

Le peuple reçoit l’injure avant même le respect ;
Il porte les cicatrices d’un honneur incomplet.
On l’humilie d’un mot, on l’accable d’un regard,
Puis certains gouvernants parlent encore de victoire.

Mentir ne change jamais le jugement de l’Histoire ;
Le mensonge éclaire un soir, la vérité la mémoire.
Chaque illusion bâtie sur le sable des palais
S’effondre sous le poids des siècles réveillés.

Quelques-uns choisissent le confort des salons,
Le silence prudent, les prudentes démissions.
Ils échangent la parole contre un fragile privilège,
Comme si l’honneur d’un peuple pesait moins qu’un cortège.

Mais il reste des femmes, il reste des enfants,
Des vieillards, des étudiants, des citoyens debout pourtant.
Ils refusent de vendre la voix de leurs aïeux,
Car une patrie ne se négocie jamais sous d’autres cieux.

Le vingt-huit juillet interroge autant qu’il accuse ;
L’Histoire n’ordonne pas, mais jamais ne s’excuse.
Elle demande seulement, devant chaque génération :
Qui servait la République, et qui servait une domination ?

Haïti ne réclame ni maître, ni tutelle, ni couronne ;
Elle réclame seulement que sa souveraineté résonne.
Les peuples tombent parfois, mais renaissent par le droit ;
Car la liberté ne survit que lorsqu’un peuple la reçoit… et la défend, chaque fois.

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