9 juillet 2026
Haïti | Nouveau massacre à Kenscoff : le maire Massillon Jean dénonce une hécatombe à Wobè et réclame la « tolérance zéro »
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Haïti | Nouveau massacre à Kenscoff : le maire Massillon Jean dénonce une hécatombe à Wobè et réclame la « tolérance zéro »

La commune de Kenscoff a de nouveau basculé dans l’horreur moins de vingt-quatre heures après le retour du Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, de la conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM à Sainte-Lucie. Tandis que le chef du gouvernement évoquait la reprise graduelle des territoires occupés par les groupes armés et la poursuite du processus électoral, le maire intérimaire de Kenscoff, Massilon Jean, affirme que la localité de Wobè a été le théâtre d’un massacre d’une ampleur exceptionnelle.

Selon le magistrat, des hommes lourdement armés de la coalition « Viv Ansanm » ont attaqué la localité durant la nuit de mercredi à jeudi. Il fait état d’un très grand nombre de morts, de dizaines de personnes disparues, d’habitations incendiées, de maisons appartenant à des familles de brigadiers réduites en cendres ainsi que d’églises détruites. Des habitants auraient fui sous une pluie battante pour tenter d’échapper aux assaillants, tandis que des familles continuent de rechercher des enfants, des époux et d’autres proches dont elles sont sans nouvelles.

Massilon Jean soutient que les groupes armés avaient annoncé dès mardi leur intention de monter à Wobè afin de faire payer aux brigadiers leur collaboration avec la Police nationale d’Haïti. 

Parmi les victimes figure, selon un témoin, une jeune candidate aux épreuves du baccalauréat prévues lundi. Assassinée lors de l’attaque, son corps, selon des images virales sur les réseaux sociaux, ensuite été utilisé comme barricade sur la chaussée afin de ralentir toute tentative d’intervention des secours ou des forces de l’ordre.

Le maire considère que cette attaque représente « la dernière goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Il réclame une politique de tolérance zéro contre les groupes armés et appelle le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) ainsi que le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) à apporter une assistance immédiate aux blessés, aux déplacés et aux familles endeuillées.

Au moment où le gouvernement de doublure affirme progresser vers la restauration de l’autorité de l’État et l’organisation des élections, les témoignages recueillis à Kenscoff décrivent une population livrée à elle-même, confrontée à une nouvelle vague de violence dont le bilan exact reste à établir par les autorités compétentes.

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