28 mai 2026
Mort d’Adams Ismo à Petit-Goâve : le tribunal de première instance au centre des accusations
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Mort d’Adams Ismo à Petit-Goâve : le tribunal de première instance au centre des accusations

Par Delmondo Charlemagne

La mort d’Adams Ismo, PDG de Radio Ayiti Libere, survenue après cinq mois de détention à la prison civile de Petit-Goâve, provoque une vive émotion et de fortes accusations dans la commune. Depuis l’annonce de son décès le mardi 26 mai 2026, sa famille, des citoyens et plusieurs organisations de la société civile dénoncent une « mort suspecte » et réclament l’ouverture d’une enquête indépendante.

Le tribunal de première instance de Petit-Goâve est aujourd’hui directement mis en cause. Des messages vocaux attribués au doyen du tribunal, Me Fritzner Duclair, circulent sur les réseaux sociaux. Dans ces enregistrements, il aurait tenu des propos jugés hostiles à la victime, affirmant notamment qu’il n’interviendrait pas dans le dossier.

Selon les informations disponibles, Adams Ismo avait été arrêté en janvier dans le cadre d’un conflit foncier familial. L’affaire aurait débuté après un différend impliquant un individu identifié comme Jimmy Louissaint, accusé d’avoir déversé du sable sur la propriété d’Adams Ismo. Un constat du juge de paix Jean Robert Noël aurait ensuite conduit à des accusations de menaces de mort, de détention d’arme illégale et de tentative d’assassinat.

Le responsable de média s’était ensuite présenté devant le juge Jacky Jean avec son avocat, Me Alcide Laguerre. À l’issue de l’audience, un mandat de dépôt avait été émis, entraînant son incarcération à la prison civile de Petit-Goâve.

Durant sa détention, son état de santé se serait subitement détérioré. Il a été transféré en urgence à l’hôpital Notre-Dame de Petit-Goâve, où son décès a été constaté.

Le commissaire du gouvernement, Danilo Vales, est critiqué pour son inaction et son manque d’indépendance face aux pressions locales.

Son avocat avait, le 29 janvier dernier, déposé une requête en libération provisoire auprès du juge d’instruction Me Jacky Jean, en invoquant des arguments juridiques ainsi que les conditions de détention de son client, selon des documents rendus publics ce mercredi.

Pour la famille, cette affaire dépasse le cadre strictement judiciaire. Son frère, Wesley Quincy Ismo, parle d’un « assassinat planifié ». Les proches évoquent également un conflit foncier de longue date opposant la famille à certains « gwo palto » locaux, qu’ils accusent d’être liés à un réseau de « vòlè tè ».

Dans la commune, plusieurs voix dénoncent la gestion du dossier par la justice locale, évoquant des irrégularités procédurales et une rapidité jugée inhabituelle dans le traitement de l’affaire.

La famille conteste également la version selon laquelle une arme illégale aurait été utilisée, affirmant qu’un fusil de calibre 12 mentionné dans le dossier était légalement enregistré et autorisé par les autorités compétentes de Petit-Goâve.

À ce stade, des appels se multiplient pour l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cette mort et sur les responsabilités éventuelles.

Delmondo Charlemagne

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