11 mai 2026
Charlatanisme, imposture et enfumage : actualisation des liaisons délictueuses entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation d’Haïti 
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Charlatanisme, imposture et enfumage : actualisation des liaisons délictueuses entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation d’Haïti 

Par Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Ancien enseignant à la Faculté de linguistique appliquée de l’Université d’État d’Haïti

Conseiller spécial au Conseil national d’administration

du Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH)

Konseye pèmanan, Asosyasyon pwofesè kreyòl Ayiti (APKA)

Membre du Comité international de mise à jour du Dictionnaire des francophones

Montréal, le 11 mImage 1ai 2026

Charlatanisme – subst. masc. (a) Art d’exploiter la crédulité d’autrui érigé en système. Le charlatanisme à côté du mérite est comme le zéro à la droite d’un chiffre et décuple sa partenairevaleur (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 3, 1836, p. 228). (b) Péj. Comportement de charlatan. Ceci était charlatanisme pur et conscient (Montherlant, Les Lépreuses,1939, p. 1467). (c) Caractère de ce qui est digne d’un charlatan. Le charlatanisme d’un écrit (Senancour, Obermann, t. 1, 1840, p. 11). Dictionnaire OrtoLang, Centre national de ressources textuelles et lexicales, CNRS, Université de Nancy.

À l’entame du présent article, il est utile de contextualiser notre propos en posant une question de premier plan : le Canada étant un État de droit, une organisation culturelle haïtienne sise à Montréal peut-elle en toute impunité offrir l’hospitalité et donner la parole à une institution haïtienne objet, en Haïti, d’une demande d’audit financier et administratif auprès de la Cour supérieure des comptes ? Cette question peut être formulée de manière plus déictique : les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, organisme culturel haïtien oeuvrant à Montréal, avaient-elles pleinement le droit –au regard des lois du Québec–, d’offrir l’hospitalité et une ample tribune promotionnelle et politique au Fonds national de l’éducation dont le fugitif ex-directeur Jean Ronald Joseph a été l’objet le 10 novembre 2025 d’un Avis de recherche émis en Haïti par l’ULCC, l’Unité de lutte contre la corruption ? Cet Avis de recherche adressé au directeur de l’époque du Fonds national de l’éducation a été émis au motif allégué de détournement de fonds publics, d’entrave à la justice et d’abus de biens sociaux commis au Fonds national de l’éducation. Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, une organisation culturelle haïtienne légalement constituée selon les lois du Québec, avaient-elles le droit d’offrir un micro ouvert sans contrepartie critique au Fonds national de l’éducation alors même que, en Haïti, cet organisme d’État a été l’objet le 4 juin 2024 d’une perquisition dans le cadre d’une enquête sur des allégations de corruption et de détournement de fonds publics, enquête diligente par l’Unité de lutte contre la corruption ? Sur un registre judiciaire apparenté, les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 auraient-elles eu le droit, en toutes impunité, d’accorder une tribune promotionnelle et un micro ouvert sans contrepartie critique à l’institution religieuse américaine Christian Aid Ministries (CAM), une organisation chrétienne basée dans l’Ohio et dont l’un des anciens missionnaires, Jeriah Mast, a été accusé et inculpé au niveau fédéral pour avoir abusé sexuellement de mineurs en Haïti lors de voyages missionnaires effectués avec cette organisation entre 2002 et 2019 (source : Peter Smith & Julie Carr Smyth, « Ex-missionary from Ohio charged with sexually abusing 4 children in Haiti », Associated Press, 3 décembre 2025). Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 auraient-elles eu le droit, en toute impunité, d’accorder une tribune promotionnelle et un micro ouvert sans contrepartie critique à la pègre de Montréal sous le fallacieux prétexte de la « liberté d’expression » ? Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ont-elles le droit, en toute impunité, d’inviter à leurs Assises les chefs de gangs d’Haïti, notamment Jonel Catel (gang Terre Noire (G9), Gabriel JeanPierre (coalition GPep), Ferdens Tilus (gang Kokorat san ras) ? Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ont-elles le droit, en toute impunité et sans enquête préalable, d’inviter à leurs Assises des « honorables » personnalités haïtiennes du type « zenglendo à cravate » et de leur offrir une tribune promotionnelle et politique ainsi qu’un micro ouvert sans contrepartie critique

Éclairage terminologique ponctuel  

Le terme « zenglendo à cravate » désigne un acteur institutionnel (responsable politique, administratif ou économique) impliqué dans des pratiques de corruption, de détournement de fonds ou d’abus de pouvoir, assimilé métaphoriquement à un « voleur » opérant sous couvert de respectabilité et de légitimité institutionnelle.

Un « zenglendo à cravate » désigne donc, dans le discours social et politique haïtien, un acteur public ou privé (souvent un responsable politique, administratif ou économique) qui détourne, pille ou exploite les ressources de l’État ou de la collectivité, en utilisant les attributs de respectabilité institutionnelle plutôt que la violence armée. L’expression repose sur une extension métaphorique du mot « zenglendo », qui signifie littéralement voleur en créole haïtien, pour désigner une forme de criminalité en col blanc dans un contexte d’impunité structurelle.

Construction sociopolitique de l’expression « zenglendo à cravate »

Bien que non répertoriée dans les dictionnaires, l’expression est largement utilisée dans les analyses politiques haïtiennes pour désigner :

  • des fonctionnaires, ministres, directeurs généraux, parlementaires ou entrepreneurs impliqués dans des pratiques de corruption ;
  • des acteurs qui, contrairement aux « zenglendo » armés, opèrent dans les sphères du pouvoir, protégés par leur statut, leurs réseaux ou leur apparence de respectabilité (la « cravate »).

Elle s’inscrit dans une tradition haïtienne de métaphores politiques dénonçant la prédation institutionnelle, dans un contexte où les gangs, les milices et les réseaux politico-économiques sont souvent décrits comme des acteurs du même continuum de violence et de pillage. Les analyses historiques sur les milices et gangs haïtiens montrent comment ces structures ont servi au dysfonctionnement de l’État et à la consolidation de systèmes de prédation. 

NOTE — Quelques références sur le dysfonctionnement de l’État haïtien et la modélisation/consolidation de la kleptocratie 

L’ONU, le PHTK et la criminalité en Haïti. Par Rorome Chantal. Le Nouvelliste, 2 août 2022.

–Haïti : continuation et interruption de la politique par d’autres moyens. Par Frédéric Thomas. Actes des journées d’étude Failles haïtiennes, 2025. 

–Haïti n’a pas un problème de leadership, mais un problème d’État. Par Rorome Chantal. Haiti Press Network, 3 octobre 2025.

–Crise de la politique et crises politiques en Haïti (1986–2024). Par Jean Fritzner Étienne. Ayitiunice.fr, 2025. 

Droits humains et État de droit en Haïti : principaux développements récents. Institute for Justice & Democracy in Haiti, 2023.

Haïti au bord du gouffre : quelles issues possibles ? Par Jean Michel Charles. Revue haïtienne des sciences sociales, 2025.

L’effondrement systémique de l’État haïtien : au-delà de la crise éducative. Boukan News, 2025.

L’énigme haïtienne. Échec de l’État moderne en Haïti. Par Sauveur Pierre-Étienne. Presses de l’Université de Montréal / Mémoire d’encrier, 2007. 

 Genèse de l’État haïtien (1804-1859). Sous la direction de Michel Hector et Laënnec Hurbon. C3 Éditions, 2024.

Tribune promotionnelle et politique, micro ouvert sans contrepartie critique, paravent juridique et vaste opération de maquillage : le Fonds national de l’éducation « en mission spéciale » à Montréal auprès des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026

Dans le présent article nous procédons à l’analyse critique et documentée du partenariat institutionnel mis en place entre le Fonds national de l’éducation (FNE) et les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 qui ont offert au FNE, à visière levée et sur le mode d’un actif partenariat politique, une ample tribune promotionnelle et politique un micro ouvert sans contrepartie critique–, lors des Assises tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. 

Au moment de la publication du présent article, nous n’avons pas été en mesure de déterminer si l’Unité de lutte contre la corruption aurait émis, via Interpol, une « Notice rouge » à l’encontre de l’ex-directeur du Fonds national de l’éducation, le fugitif Jean Ronald Joseph pour détournement de fonds publics, entrave à la justice et abus de biens sociaux commis au FNE. Une « Notice rouge » est une demande adressée aux services chargés de l’application de la loi du monde entier dans le but de localiser une personne et de procéder à son arrestation provisoire dans l’attente de son extradition, de sa remise ou d’une mesure similaire conforme au Droit. Elle est fondée sur un mandat d’arrêt délivré par les autorités compétentes du pays membre à l’origine de la demande ou sur une décision de justice rendue par ces mêmes autorités. Les pays membres appliquent leur propre droit pour décider d’arrêter ou non la personne.

Pour répondre de manière rigoureuse et documentée aux questions posées dès l’entame du présent article, il y a lieu de situer au plan légal et institutionnel les deux principaux protagonistes des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, à savoir l’institution hôte, les JIDH2026, et le Fonds national de l’éducation d’Haïti. La réponse aux questions posées devra prendre en compte les caractéristiques de la mission centrale des deux principaux protagonistes et leurs sources de financement éventuellement consignées sur leurs sites Web respectifs. Il s’agira également de déterminer, sur les registres de la transparence et de la reddition publique des comptes, si les Journées internationales de la diaspora haïtienne et le Fonds national de l’éducation d’Haïti publient chaque année leurs états financiers et les audits de leurs états financiers. Pareil éclairage documentaire permettra de calibrer et d’analyser, de manière objective et ordonnancée, le charlatanisme et l’imposture qui ont caractérisé l’édition 2026 des Journées internationales de la diaspora haïtienne tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026.

Recherche documentaire effectuée sur le site Web officiel du Registraire des entreprises du Québec. Question préalable : les Journées internationales de la diaspora haïtienne sont-elles, hormis leur congrès annuel, une coquille vide tout au long de l’année, une sorte d’« alias » quoique dotée d’un statut juridique obtenu au moyen d’une simple immatriculation administrative au Québec ? 

Le site Web officiel du Registraire des entreprises du Québec consigne l’information suivante :

Identification de l’entreprise

  • Numéro d’entreprise du Québec (NEQ) : 1181498008
  • Nom : Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH

Immatriculation

  • Date d’immatriculation : 2025-11-14
  • Statut : Immatriculée
  • Date de mise à jour du statut : 2025-11-14
  • Date de fin d’existence prévue : Aucune date de fin d’existence n’est déclarée au registre.
  • Forme juridique : Personne morale sans but lucratif
  • Date de la constitution : 2025-11-14 Constitution
  • Régime constitutif : QUÉBEC : Loi sur les compagnies, Partie 3 (RLRQ, C. C-38)
  • Régime courant : QUÉBEC : Loi sur les compagnies, Partie 3 (RLRQ, C. C-38)

Liste des administrateurs

  • Nom de famille : Prophète
  • Prénom : Jean David
  • Fonctions actuelles : Administrateur

Nom de famille : Defay

  • Prénom : Isabelle
  • Fonctions actuelles : Administrateur
  • Nom de famille : St Jean
  • Prénom : Judith Alegna
  • Fonctions actuelles : Administrateur

Activités économiques et nombre de salariés

1er secteur d’activité

  • Code d’activité économique (CAE) : 9861
  • Activité : Organisations civiques et amicales
  • Précisions (facultatives) : Congrès, conférence, forum économique, prix, honneur et mérite, évènement culturel, salon

2e secteur d’activité

  • Code d’activité économique (CAE) : 8591
  • Activité : Autres services d’enseignement
  • Précisions (facultatives) : Formation, enseignement, sensibilisation.

Nombre de salariés

  • Nombre de salariés au Québec : De 1 à 5

Le « premier secteur d’activité » mentionné sur le formulaire d’immatriculation des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH cible les congrès, conférence, forum économique, prix, honneur et mérite, évènement culturel, salon. Le « premier secteur d’activité » mentionné dans les archives du Registraire des entreprises du Québec est en lien avec les objectifs généraux des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH. Ces objectifs sont formulés comme suit sur le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne JIDH : « Notre mission – Favoriser la concertation, le dialogue et l’engagement collectif entre la diaspora, les institutions nationales et les partenaires internationaux afin de renforcer la solidarité, valoriser l’expertise diasporique, stimuler des partenariats durables avec Haïti et les sociétés d’accueil, et soutenir actions de reconstruction ». 

NOTE – Le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne JIDH comprend cinq grandes catégories : Accueil, À propos, Thématiques & panels, Accommodation [sic] et Contacts. Aucune de ces catégories ne comprend le moindre document relatif aux sources de financement passées et présentes de l’institution. Il ne consigne donc aucun document analytique, aucun rapport annuel identifiant (a) les organismes, institutions, individus ou États ayant directement financé les Journées internationales de la diaspora haïtienne JIDH depuis leur immatriculation légale au Registraire des entreprises du Québec en 2025 ; (b) le montant exact des éventuels financements reçus par les Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH depuis leur immatriculation légale au Registraire des entreprises du Québec en 2025 ; (c) le montant exact des éventuels financements reçus par les Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH pour la réalisation des Assises tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. En absence de documents officiels relatifs à ces éventuels financements, il n’est pas loisible, pour l’heure, de déterminer si la réalisation de l’édition 2026 des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH aurait été conçue sur le mode d’une tentative camouflée, d’une présumée opération de  blanchiment d’argent effectuée au Québec par une institution haïtienne, le FNE, dont le directeur de l’époque a fait l’objet le 10 novembre 2025 d’un Avis de recherche émis en Haïti par l’ULCC, l’Unité de lutte contre la corruption, au motif allégué de détournement de fonds publics, d’entrave à la justice et d’abus de biens sociaux commis au Fonds national de l’éducation. Dans la documentation actuellement accessible, aucun document émanant d’une instance judiciaire québécoise ou canadienne ne permet d’affirmer que les Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH ont été impliquées dans une opération de blanchiment d’argent pour réaliser leurs Assises… L’éventuelle et prochaine publication des états financiers des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH2026 devrait toutefois permettre d’écarter tout soupçon non fondé de blanchiment d’argent aux JIDHNOTE – Au Canada, le blanchiment d’argent est criminalisé par les articles du Code criminel relatifs au recyclage des produits de la criminalité. Titre officiel complet : « Loi concernant le droit criminel » (« An Act respecting the criminal law »). Référence législative officielle : L.R.C. (1985), ch. C46 (ou en anglais : R.S.C., 1985, c. C46). Cette référence signifie que la loi fait partie de la Loi révisée du Canada de 1985. Éditeur officiel : Ministre de la Justice du Canada Published by the Minister of Justice »). L’édition officielle est publiée sur le site du gouvernement du Canada : http://laws-lois.justice.gc.ca (ou http://lois-laws.justice.gc.ca). Mise à jour datée du 12 mai 2025.

Sur son site Web, les Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH revendiquent « 7 éditions réussies depuis 2013 » ainsi que l’appui de « +50 partenaires institutionnels et privés ». Qui sont ces présumés « +50 partenaires institutionnels et privés » ? Pourquoi ne sont-ils pas identifiés et présentés de manière ordonnée et exhaustive ? L’on observe de surcroît que les présumés montants du financement que ces « 50 partenaires institutionnels et privés » auraient accordé aux Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH2026 ainsi que les dates et objet de leur éventuel apport financier ne sont pas révélés. Également l’on observe, en ce qui a trait aux « 50 partenaires institutionnels et privés », que les institutions professionnelles haïtiennes du secteur de l’éducation oeuvrant en Haïti –associations d’enseignants et de directeurs d’écoles, éditeurs de manuels scolaires, etc.–, ne figurent pas sur le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne JIDH. Il est fort éclairant de noter que le site Web des JIDH 2026 ne mentionne pas au titre de leur participation aux Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH2026 les institutions nationales du secteur de l’éducation en Haïti : la CNEH (Confédération nationale des enseignants haïtiens), la FONHEP (Fondation haïtienne de l’enseignement privé), l’Office national du partenariat en éducation (ONAPE), l’Université d’État d’Haïti (UEH), les Universités publiques en région (UPR), le Regroupement des professeurs d’universités d’Haïti (REPUH), etc. L’éviction de facto des institutions haïtiennes oeuvrant en Haïti dans le secteur de l’éducation participe activement du charlatanisme et de l’imposture qui cimentent la vision et la mise en œuvre des JIDH2026. Pareille éviction constitue un flagrant démenti aux prétentions « œcuméniques » affichées sur le site des JIDH2026 selon lesquelles « Les JIDH sont bien plus qu’un événement. C’est un mouvement porté par des milliers de membres de la diaspora haïtienne à travers le monde, unis par la fierté de leurs racines et la volonté de contribuer au rayonnement de leur nation ». 

Le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH n’informe pas non plus sur l’existence et/ou la publication chaque année des états financiers et des audits des états financiers de l’organisme. Il y a lieu toutefois de noter que le « Régime constitutif : QUÉBEC : Loi sur les compagnies, Partie 3 (RLRQ, C. C-38) » ne fait pas obligation à l’organisme de publier ses états financiers et les audits de ses états financiers. Mais dans la mesure où, sur le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH2026, il est mentionné que « Les JIDH sont bien plus qu’un événement. C’est un mouvement porté par des milliers de membres de la diaspora haïtienne à travers le monde », une nouvelle question de fond s’impose. Ainsi, sur les registres de la transparence et du principe de la reddition de comptes dans l’État de droit, les « milliers de membres de la diaspora haïtienne à travers le monde » n’ont-ils pas droit à des bilans analytiques et chiffrés, chaque année ? Peut-on prétendre « bâtir ensemble un avenir meilleur pour Haïti et sa diaspora » tout en évitant de convier les principales institutions haïtiennes du secteur de l’éducation aux des Journées internationales de la diaspora haïtienne – JIDH2026

Kleptocratie, prévarication, corruption et détournement des finances publiques au Fonds national de l’éducation de 2011 à 2025

Dès l’entame du présent article, nous avons énoncé le fait indéniable et irréfutable suivant : les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 (JIDH 2026) ont offert une plateforme de propagande politique, un micro ouvert sans contrepartie critique au Fonds national de l’éducation lors des Assises tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026. Il est invraisemblable que les JIDH 2026 aient offert l’hospitalité et une tribune promotionnelle de premier plan à une institution haïtienne dans la plus totale ignorance d’un fait avéré, celui la perquisition effectuée le 4 juin 2024 dans les locaux du FNE par l’Unité de lutte contre la corruption dans le cadre d’une enquête sur des allégations de corruption et de détournement de fonds publics au FNE… Il est absolument invraisemblable que les JIDH 2026 aient offert l’hospitalité et une tribune promotionnelle et politique de premier plan sans contrepartie critique à une institution haïtienne, le Fonds national de l’éducation, dont le Directeur a été l’objet de l’« Avis de recherche No ULCC/SEI/1125002 » émis le 10-11 novembre 2025 en Haïti par l’Unité de lutte contre la corruption. Cet Avis de recherche est ainsi libellé : « Conformément aux dispositions de l’article 11, alinéa 2 du Décret du 8 septembre 2004 créant l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) qui affirment que le Directeur général « est habilité à constater les infractions de corruption, à en ressembler les preuves, à en rechercher les auteurs et à les déférer à la justice. En cas de besoin, il peut requérir directement le concours de la force publique. », l’ULCC, dans le cadre de l’enquête pénale conduite au Fonds national de l’éducation (FNE) sur des faits d’abus de fonction, de détournement de biens publics, d’abus de biens sociaux et d’entrave au bon fonctionnement de la justice, recherche activement le citoyen Jean Ronald JOSEPH, ancien Directeur général du FNE, de nationalité haïtienne et de sexe masculin. L’ULCC prie toute personne détentrice d’informations le concernant de bien vouloir contacter les numéros suivants ou les services compétents de la Police nationale d’Haïti (PNH) : (509) 2817-0823, (509) 2816-7071, (509) 2811-0661 » (source : « LULCC lance un avis de recherche contre lex-Directeur général du FNE Jean Ronald Joseph », Le Nouvelliste, Port-au-Prince, 11 novembre 2025). NOTE – L’information consignée dans Le Nouvelliste du 11 novembre 2025 provient du site officiel de l’Unité de lutte contre la corruption. Elle a été amplement reprise par d’autres médias haïtiens en Haïti et en diaspora, notamment les sites Fact Checking News (FCN), Le Placentin et InfosNation. Dans les articles consacrés aux Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, ces sites évoquent tous l’idée d’un « Partenaire principal » quant au rôle du Fonds national de l’éducation durant ces Assises : « Partenaire principal de cette édition, le Fonds national de l’éducation (FNE) joue un rôle central dans les discussions » (Fact Checking News (FCN), 19 avril 2026) ; « Partenaire principal de cette 8e édition, le Fonds national de l’éducation (FNE)… » (Haiti Libre, 20 avril 2026) ; « (…) le Fonds national de l’éducation (FNE), partenaire principal de l’événement… » (journal Le National, Port-au-Prince, 21 avril 2026). NOTE– Dans la documentation accessible sur le site du Fonds national de l’éducation, la mention « Partenaire principal » des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ne figure pas explicitement. Cette mention de partenariat entre les deux institutions, les JIDH2026 et le FNE, apparaît plutôt, le 18 avril 2026, sur le profil Facebook du Fonds national de l’éducation dans les termes suivants : « À Montréal, le Directeur général du FNE invite la diaspora haïtienne à s’engager dans un projet éducatif moderne et inclusif pour Haïti. (…) Partenaire principal de cette édition, le Fonds national de l’éducation (FNE) s’inscrit au coeur de cette mobilisation, en contribuant activement aux échanges à travers une délégation conduite notamment par son Directeur général, Monsieur Elysé COLAGÈNE. L’institution y défend une orientation claire : faire de l’éducation le socle d’une transformation durable, en mobilisant de manière structurée les ressources, les compétences et l’expertise de la diaspora haïtienne ».

Il est attesté –tel que nous l’avons démontré dans les sept articles que nous avons consacrés au Fonds national de l’éducation–, que la corruption au FNE est de notoriété publique (voir plus bas le listage de ces articles). La documentation institutionnelle accessible et les articles parus dans la presse haïtienne tant en Haïti qu’en diaspora attestent amplement la réalité de la kleptocratie normalisée et banalisée au Fonds national de l’éducation. Il est hautement improbable que les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 n’aient pas consulté la documentation institutionnelle accessible et les articles parus dans la presse haïtienne tant en Haïti qu’en diaspora avant d’inviter le Fonds national de l’éducation à l’édition 2026 de ses Assises annuelles… Il est tout aussi hautement improbable que les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 n’aient pas institué en amont une véritable SYNERGIE INSTITUTIONNELLE avec le Fonds national de l’éducation dans le but (a) de crédibiliser les objectifs majeurs de l’édition 2026 des JIDH et (b) de procéder à une opération de propagande politique ancrée dans la volonté de procéder au « blanchiment institutionnel » du Fonds national de l’éducation…. Cette SYNERGIE INSTITUTIONNELLE se donne à voir et à mesurer dans la communauté de vision revendiquée par les deux organismes :  il s’agit en effet de (a) « Rassembler : Unir la diaspora haïtienne autour d’une vision commune » ; (b) de « Collaborer : Créer des synergies entre les acteurs locaux et internationaux » ; (c) d’« Agir : Promouvoir et participer à la mise en œuvre des projets concrets pour le développement » (source : site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne JIDH). La communauté de vision entre les deux partenaires des JIDH2026 a été formulée par Élysée Colagène, l’actuel Directeur du Fonds national de l’éducation qui y a présenté les priorités du Fonds, l’appel à la diaspora à s’engager dans l’éducation et le soutien à accorder aux projets financés par le FNE (sources : Fact Checking News (FCN), 19 avril 2026) ; « Partenaire principal de cette 8e édition, le Fonds national de l’éducation (FNE)… » (Haiti Libre, 20 avril 2026) ; « (…) le Fonds national de l’éducation (FNE), partenaire principal de l’événement… » (journal Le National, Port-au-Prince, 21 avril 2026).  L’on observe que l’appel lancé par Élysée Colagène à la diaspora haïtienne en vue d’un soutien massif à l’éducation en Haïti relève à la fois de l’imposture et d’une stratégie de prédation qui porte la marque de fabrique du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste : (a) mettre sur pied une machine kleptocratique dont les recettes ne sont pas budgétisées et qui n’ont jamais fait l’objet de bilans financiers et d’audits de bilans financiers de 2011 à 2025 ; (b) affubler cette machine kleptocratique d’un vernis de légitimité juridique (Loi du 17 août 2017) ; (c) administrer cette machine kleptocratique en dehors du moindre contrôle du Parlement et selon les recettes managériales des « zenglendo à cravate »… L’appel lancé par Élysée Colagène à la diaspora haïtienne constitue de facto un appel à enfreindre la loi et à se faire complice de la corruption et du détournement des finances de l’État sous la houlette du Fonds national de l’éducation… L’on observe que c’est aussi à ce niveau que les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ont avalisé le système de la corruption au FNE et amplement contribué à sa légitimation internationale et dans la communauté haïtienne du Canada. Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 portent ainsi une lourde et scabreuse responsabilité de complicité institutionnelle : celle du « blanchiment de crédibilité » d’une institution haïtienne qui ne dispose guère en Haïti de la moindre crédibilité dans les milieux éducatifs… 

RAPPEL – L’absence de crédibilité du Fonds national de l’éducation dans les milieux éducatifs est régulièrement évoquée par les médias haïtiens. La presse haïtienne, en effet, se réfère au Rapport de l’ULCC relatif aux irrégularités massives au FNE (source : Gazette Haïti, 30 avril 2026). 

Points clés :

  • L’ULCC révèle un vaste système d’irrégularités sous la direction de Jean Ronald Joseph.
  • Plus de 162 millions de gourdes octroyés à des associations sans contrôle.
  • Accusations : abus de fonction, détournement de fonds publics, entrave à la justice.
  • Ce rapport renforce l’idée d’une perte totale de crédibilité du FNE.

Quelles sont les sources de financement des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ? Dans l’hypothèse où les JIDH2026 auraient éventuellement bénéficié de financements divers, quelle a été la nature exacte de ces éventuels apports financiers (commandite, partenariat institutionnel budgétisé, soutien logistique, transferts internationaux privés depuis Haïti, transferts internationaux du gouvernement haïtien depuis Haïti, ambassade d’Haïti au Canada, consulat d’Haïti à Montréal, etc.). Sur le plan de la recherche documentaire, seules quelques rares sources accessibles mentionnent explicitement l’idée d’un financement ou d’un soutien financier lié aux JIDH 2026 et concernent le Fonds national de l’éducation identifié comme « Partenaire principal » de l’édition 2026 par les médias haïtiens. En toute rigueur, il faut noter que ces rares sources –essentiellement des médias, voir plus bas le tableau indicatif–, ne consignent aucun document officiel relatif aux financements évoqués… Dans l’état actuel des sources documentaires consultables, y compris le site Web des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, l’on ne peut déterminer de manière éclairante et exhaustive les sources de financement des JIDH 2026. S’agit-il d’une opacité managériale préfabriquée destinée à « protéger » les JIDH 2026 des regards indiscrets ou du regard réglementaire et normatif des administrations fiscales canadienne et québécoise ? Les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ont parfaitement le droit de revendiquer la plus totale transparence managériale et financière en publiant le budget complet de l’édition 2026 des JIDH tout en identifiant les présumées sources de financement, les montants accordés, etc.

SourceType de documentInformation lacunaire sur le financement des JIDH 2026Niveau de précision dans l’énoncé
Fact Checking News (19 avril 2026)Article de presseFNE = Partenaire principalÉlevé (mention explicite)
Haiti Libre (20 avril 2026)Article de presseFNE = Partenaire principalÉlevé (corroboration)
Site officiel JIDH 2026Page institutionnelleAucune info financièreNul

Listage des articles consacrés au Fonds national de l’éducation

D’avril 2024 à août 2025, nous avons rigoureusement analysé, documents à l’appui, l’action du Fonds national de l’éducation d’Haïti dans les articles suivants : 

1 — Le Fonds national de l’éducation en Haïti, un système mafieux de corruption créé par le PHTK néo-duvaliériste. Rezonòdwès, 20 avril 2024.

2 — La corruption au Fonds national de l’éducation en Haïti : ce que nous enseignent labsence d’états financiers et linexistence daudits comptables entre 2017 et 2024. Madinin’Art, 3 mai 2024.   

— En Haïti le Fonds national de l’éducation, haut-lieu de la corruption, tente de sacheter une impunité « à vie » à Radio Magik9. Haïti Inter, Paris, 7 janvier 2025.

— En Haïti, la corruption généralisée au Fonds national de l’éducation met encore en péril la scolarisation de 3 millions d’écoliers . Rezonòdwès, 18 février 2025.

5 — Le parachutage de Sterline CIVIL à la direction du Fonds national de l’éducation : vers le renforcement de la corruption et de limpunité dans le système éducatif national dHaïti. Rezonòdwès, 5 mars 2025.

– Loccultation de la corruption au Fonds national de l’éducation : nouvelles acrobaties de Sterline Civil, profuse « missionnaire » du PHTK néo-duvaliériste . Rezonòdwès, 17 juin 2025.

7 — Corruption, détournement de fonds publics, népotisme : le Fonds national de l’éducation défie et échappe encore à la Justice haïtienne. Rezonòdwès, 21 août 2025.

Il y a lieu de souligner que notre article « En Haïti, la corruption généralisée au Fonds national de l’éducation met en péril l’éducation de 3 millions d’écoliers » (journal Le National, Port-au-Prince, 19 février 2025) a été reproduit sur la Plateforme ETICO – IIEP UNESCO, le portail international de l’UNESCO dédié à l’analyse de la corruption et à l’éthique dans l’éducation à l’échelle internationale. Parmi les agences spécialisées du système de l’ONU, l’IIEP UNESCO, l’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO, occupe une place de premier plan en raison de son mandat et des instruments d’intervention institutionnelle élaborés au fil des ans et mis à la disposition des États membres des Nations Unies.

Bref rappel des caractéristiques institutionnelles du Fonds national de l’éducation 

Fonctionnant à ses débuts en 2011 sans cadre légal, le Fonds national de l’éducation a été formellement créé par la Loi du 17 août 2017 à l’initiative des deux principaux caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, Michel Martelly et Laurent Lamothe.

Principal pourvoyeur de fonds publics dans le système éducatif haïtien, « Le Fonds national de l’éducation (FNE) est un organisme autonome de financement de l’éducation, placé sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle et créé par la Loi du 17 août 2017, parue au Moniteur n° 30 du vendredi 22 septembre 2017. Le FNE jouit de l’autonomie financière et administrative. Il est doté de la personnalité juridique et sa durée est illimitée » (source : site officiel du Fonds national de l’éducation).

De manière statutaire, le Fonds national de l’éducation a pour mission de participer à l’effort de l’éducation pour tous et de gérer les fonds destinés au financement de l’éducation. (…) [Le FNÉ] intervient dans plusieurs domaines, notamment la construction d’infrastructures, la rénovation des bâtiments scolaires, l’appui au Programme de cantines scolaires, le paiement des frais de scolarité, le paiement des frais pour les enseignants, la dotation d’équipements scolaires, le financement de projets éducatifs, l’appui aux études supérieures. (…) La présidence du conseil [d’administration du FNÉ] est assurée par le ministre de l’Éducation nationale et de la formation professionnelle, la vice-présidence par celui de l’Économie et des finances » (source : site officiel du Fonds national de l’éducation). [Le souligné en italiques est de RBO] 

La normalisation de la kleptocratie au Fonds national pour l’éducation au creux de la structuration de la corruption dans le système éducatif haïtien est un sujet majeur de société et comme tel ce « Fonds » a fait l’objet de diverses analyses. Il y a lieu de mentionner l’éclairage de Jesse Jean consigné dans son « Étude de l’aide internationale pour la réalisation de l’éducation pour tous en Haïti » – Thèse de doctorat, Université Paris-Est Créteil Val de Marne, 13 janvier 2017. Dans cette thèse de doctorat, Jesse Jean précise que « Le Projet de loi portant création, organisation et fonctionnement du Fonds national pour l’éducation (FNÉ) n’a jamais été ratifié par le Parlement haïtien. Ainsi, l’utilisation du FNE n’est toujours pas légale et les taxes sont prélevés tous les jours par l’État haïtien. Bref, en 2013, soit deux ans après la création du Fonds national pour l’éducation, les montants collectés par exemple sur les appels téléphoniques étaient évalués, d’après les chiffres indiqués par le Conseil national des télécommunications (le CONATEL) à 58 066 400, 63 dollars américains. Et les taxes prélevées sur les transferts d’argent entrants et sortants s’élevaient à plus de 45 238 095 dollars US » (source : Jesse Jean, op. cit., page 132). NOTE — Sur le site officiel du Fonds national de l’éducation, il est précisé que ce « Fonds » a été créé par la loi du 17 août 2017 ; dans la thèse de doctorat de Jesse Jean, il est mentionné à la page 132 que le FNÉ aurait été créé en 2011… Il semble donc y avoir des divergences quant à la « date de naissance » du Fonds national pour l’éducation. Ainsi, dans l’article « Haïti : lUNESCO salue la création dun fonds national pour l’éducation », il est dit que « La Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, s’est félicitée mardi de la création d’un Fonds national pour l’éducation (FNE), lancé par le Président d’Haïti récemment élu Michel Martelly. L’objectif de ce fonds, dont la création a été annoncée le 26 mai [2011], est de mobiliser les ressources financières afin de scolariser les enfants les plus défavorisés. Doté de 360 millions de dollars sur une période de cinq ans, ce fonds est le plus important jamais créé pour les enfants non scolarisés. Le FNE est un consortium multisectoriel qui réunit le gouvernement haïtien, le secteur privé, les institutions financières internationales et les organisations non gouvernementales (ONG). Il est financé majoritairement par le prélèvement de 0,05 dollar sur les appels internationaux entrants et de 1,5 dollar prélevé sur chaque transfert international de fonds » (source : ONU Info, 14 juin 2011 ; les italiques et gras sont de RBO). À ce chapitre, il ne faut pas perdre de vue que le FNE, consortium multisectoriel regroupant notamment les institutions financières internationales, n’est pas inscrit au budget de la République d’Haïti et n’est pas de ce fait soumis au contrôle du Parlement : il ne rend compte qu’au pouvoir politique détenu frauduleusement durant douze ans par le cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste… 

Dans l’histoire contemporaine d’Haïti, il existe un précédent, celui la Régie du tabac et des allumettes qui a longtemps fonctionné comme une vaste machine kleptocratique de détournement des finances de l’État et dont les recettes n’émargeaient pas au Budget de l’État haïtien. 

La Régie du tabac et des allumettes a été formellement instituée par un Arrêté présidentiel publié au Moniteur du 5 mai 1958. L’arrêté est explicitement mentionné dans Le Moniteur, le Journal officiel de la République d’Haïti : « Arrêté déterminant les conditions et le mode de fonctionnement de la Régie du tabac et des allumettes ». Cet arrêté a été pris durant la présidence du dictateur François Duvalier. L’arrêté de 1958 fixe les conditions d’administration de la Régie. Le texte complet n’est pas reproduit dans les extraits disponibles, mais la source confirme qu’il s’agit d’un cadre réglementaire détaillé. Un décret de 1981 a modifié le fonctionnement financier de la Régie : « Avec la fiscalisation des recettes de la Régie du tabac et des allumettes par le décret du 19 février 1981… ». Ce décret transfère la gestion des recettes à l’Administration générale des Contributions (devenue la Direction générale des impôts, la DGI, en 1985) et à l’AGD, l’Administration générale des Douanes (AGD). Ce changement signifie que la Régie ne perçoit plus directement les taxes : elle devient un organisme réglementaire, tandis que la collecte fiscale est assurée par la DGI et l’AGD.

ÉlémentInformation vérifiéeSource
Date de créationArrêté du 5 mai 1958UFDC Image Array 1
Fonctionnement initialDéfini par l’Arrêté de 1958UFDC Image Array 2
Réforme majeureDécret du 19 février 1981 fiscalisant les recettesLe Nouvelliste
Cadre réglementaire actuelRéférences à l’Arrêté du 28 juin 2012 dans les contrôles du MCIlakayinfo509.com

Aveuglement préfabriqué et consenti aux JIDH2026, kleptocratie systémique et détournement des finances de l’État au FNE : la SYNERGIE INSTITUTIONNELLE entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation doit être ouvertement interpellée et auscultée par une presse haïtienne critique et libre de toute redevance politique… 

Il appartient en effet à une presse haïtienne critique et libre de toute redevance politique de mener des enquêtes approfondies sur la SYNERGIE INSTITUTIONNELLE entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation. Ces enquêtes approfondies devront éclairer de manière rigoureuse et documentée toutes les zones d’ombres de l’événement, y compris les diverses sources de financement des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ainsi que le présumé financement des JIDH par le Fonds national de l’éducation. Les enquêtes approfondies sur la SYNERGIE INSTITUTIONNELLE entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation devront entre autres déterminer s’il y a eu entre les deux institutions partenaires un « cahier des charges », un document administratif et/ou légal relatif à leur coopération. Un tel document permettra d’éclairer toutes les raisons ayant en amont justifié que le Fonds national de l’éducation ait occupé la première et la principale place dans le déroulé de l’événement. Cela permettra de cerner davantage et de mieux comprendre pourquoi et comment les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ont offert une ample tribune promotionnelle et politique au Fonds national de l’éducation. Tel que mentionné au début du présent article, aux JIDH 2026 le Fonds national de l’éducation a bénéficié d’un micro ouvert sans contrepartie critique et en l’absence programmée des institutions nationales haïtiennes du secteur de l’éducation…

C’est au creux du dispositif administratif, idéologique et politique de la SYNERGIE INSTITUTIONNELLE entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation que le charlatanisme et l’imposture ont institué des liaisons délictueuses. Celles-ci sont confortées par l’opacité conférée aux sources de financement des JIDH2026 et par l’apport financier présumé du Fonds national de l’éducation objet, sur le site de cette institution, d’une omertà à la fois œcuménique et opérationnelle… Et au chapitre des liaisons délictueuses entre les deux institutions partenaires, il s’avère illusoire d’oblitérer, voire de banaliser, la dimension politique et idéologique d’une institution, le Fonds national de l’éducation, mise sur pied à l’initiative des deux principaux caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, Michel Martelly et Laurent Lamothe. Il serait contraire à l’éthique que les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 –pour la circonstance dotées d’une prodigieuse mémoire sélective à géométrie variable–, « oublient » que les deux principaux caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, Michel Martelly et Laurent Lamothe, ont été sanctionnés par le Canada et les États-Unis.

Les documents officiels relatifs aux sanctions canadiennes et américaines visant Michel Martelly et Laurent Lamothe proviennent principalement :

  • du gouvernement du Canada (Affaires mondiales Canada – AMC),
  • du gouvernement des ÉtatsUnis (Département du Trésor – OFAC).

Ces documents sont publics, datés, et détaillent les motifs : corruption grave, abus de fonction, participation au financement de gangs, selon les gouvernements concernés.

Documents officiels du Canada (sanctions 2022–2023)

Communiqué d’Affaires mondiales Canada – 20 novembre 2022Sanctions contre Michel Martelly, Laurent Lamothe, JeanHenry Céant. Motifs :

  • participation à des actes de corruption grave,
  • soutien financier à des gangs armés déstabilisant Haïti,
  • mesures prises sous la Loi sur les mesures économiques spéciales (Haïti).

Document officiel (AMC) :

  • « Canada imposes sanctions on Haitian political elites » (20 novembre 2022).
  • Contenu : gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction de territoire. 
  • Communiqué complémentaire – 2 décembre 2022
  • Confirme l’ajout de Martelly et Lamothe à la liste des personnes sanctionnées.

Documents officiels des ÉtatsUnis (sanctions OFAC)

  • A. Département du Trésor (OFAC) – 10 décembre 2023

Sanctions contre Michel Martelly (mais pas Lamothe). Motifs :

  • corruption,
  • soutien matériel à des gangs,
  • implication dans des réseaux criminels.

Document officiel OFAC :

  • “Treasury Sanctions Former Haitian President Michel Martelly for Corruption and Support to Criminal Gangs”.

Liste SDN (Specially Designated Nationals)

Martelly y apparaît sous la section :

  • « Western Hemisphere – Haiti corruption and destabilization ».

Chronologie de la kleptocratie au Fonds national de l’éducation (FNE) 

La chronologie de la kleptocratie au Fonds national de l’éducation (FNE) expose une montée progressive des dénonciations, suivie d’enquêtes officielles de l’ULCC et de révélations médiatiques majeures entre 2024 et 2026. Elle s’appuie sur des sources haïtiennes publiées entre décembre 2025 et avril 2026, notamment RHINEWS, Gazette Haïti, Le National et Endijèn Enfo.

Chronologie structurée de la kleptocratie FNE (2024–2026)

Octobre 2024 – Février 2025 : période de gestion mise en cause

  • Sous la direction de Jean Ronald Joseph, le FNE octroie des subventions massives à une trentaine d’associations.
  • Les médias rapporteront plus tard que 162 à 163 millions de gourdes ont été distribués sans procédures internes, sans vérification préalable et en violation des règles de gestion publique. 
  • Plusieurs dénonciations internes et externes émergent, signalant des faits présumés de corruption.

8 Décembre 2025 : publication du rapport explosif de l’Unité de lutte contre la corruption

  • L’ULCC rend public un rapport d’enquête très détaillé.
  • Le rapport conclut à :
    • abus de fonction,
    • détournement de biens publics,
    • entrave au fonctionnement de la justice,
    • absence totale de procédures internes,
    • financements illégaux ou injustifiés. 
  • L’ULCC recommande la mise en mouvement de l’action publique contre l’exDG Jean Ronald Joseph. 

La version reconstituée du rapport détaillé de l’ULCC sur la corruption au Fonds national de l’éducation provient de plusieurs documents officiels identifiés, d’articles de presse citant le rapport et des éléments confirmés par les recherches. Aucun document PDF intégral du rapport de l’ULCC n’est disponible publiquement en ligne (le site de l’ULCC ne publie pas les rapports d’enquête sensibles). Toutefois, le contenu du rapport du 8 décembre 2025 est largement cité par plusieurs médias haïtiens crédibles (Gazette Haïti, RHINEWS, Le National, Haïti Inter), ce qui permet d’en reconstituer la structure, les conclusions et les faits établis.

Décembre 2025 : premières révélations médiatiques

  • RHINEWS, Endijèn Enfo et Gazette Haïti publient les premiers articles détaillant les conclusions du rapport.
  • Les médias soulignent :
    • l’ampleur des irrégularités,
    • l’absence de contrôle,
    • la gravité des détournements. 

Décembre 2025 : analyse approfondie dans Le National

  • Le National publie une synthèse du rapport de l’ULCC.
  • L’article confirme que 31 dossiers de subventions ont été examinés et que les irrégularités sont systémiques. 

Début 2026 : amplification médiatique et politique

  • Plusieurs médias haïtiens et internationaux reprennent l’affaire.
  • Le scandale devient un symbole de la corruption dans le secteur éducatif.
  • Les analyses soulignent l’impact direct sur le droit à l’éducation et la perte de crédibilité du Fonds national de l’éducation.

30 avril 2026 : mise à jour de Gazette Haïti

  • Gazette Haïti republie et actualise son dossier sur le FNE.
  • Le média rappelle les accusations et confirme que plus de 162 millions de gourdes sont en cause. 

Synthèse des faits clés

  • Période incriminée : octobre 2024 – février 2025.
  • Montants détournés : environ 162–163 millions de gourdes.
  • Chef d’accusation : abus de fonction, détournement de fonds publics, entrave à la justice.
  • Source principale : rapport officiel de l’ULCC (8 décembre 2025).
  • Conséquence : scandale national, perte de confiance dans le FNE, appels à poursuites judiciaires.

???? Tableau récapitulatif

PériodeÉvénementSource
Oct. 2024 – Fév. 2025Subventions irrégulières (162–163 M gourdes)Gestion FNE
8 déc. 2025Rapport ULCC : abus de fonction, détournementRapport ULCC
9–10 déc. 2025Premiers articles de presseRHINEWS
17 déc. 2025Analyse Le NationalLe National
Avril 2026Mise à jour Gazette HaïtiGazette Haïti

Rapport détaillé de l’Unité de lutte contre la corruption sur la corruption au Fonds national de l’éducation (décembre 2025)

Objet du rapport

Enquête administrative et financière sur la gestion du Fonds national de l’éducation (FNE) sous la direction de Jean Ronald Joseph, couvrant la période octobre 2024 – février 2025

1. Contexte institutionnel

  • Le FNE est un organisme public créé pour financer l’éducation en Haïti.
  • L’ULCC a ouvert une enquête après multiples dénonciations concernant l’octroi de subventions et la gestion des fonds. 

2. Mandat de l’enquête

L’ULCC a constitué une commission d’enquête en vertu du décret du 8 septembre 2004 sur la prévention et la répression de la corruption. 

3. Principales irrégularités constatées

3.1 Subventions illégales ou injustifiées

  • Plus de 162 millions de gourdes ont été octroyés à des associations sans contrôles adéquats, sans pièces justificatives valables, ou sans respect des procédures internes. 

3.2 Absence totale de procédures internes

  • Le FNE ne disposait pas de manuel de procédures, ni de mécanismes de vérification ou d’évaluation des projets financés. 

3.3 Violations graves de la loi

L’ULCC identifie plusieurs infractions :

  • Abus de fonction
  • Détournement de fonds publics
  • Enrichissement illicite (présumé)
  • Entrave à la justice 

4. Responsabilité du Directeur général Jean Ronald Joseph

Le rapport attribue directement à l’ex-DG :

  • la signature de subventions irrégulières,
  • la gestion opaque des fonds,
  • la violation des règles de passation et de contrôle,
  • la noncoopération avec les enquêteurs. 

5. Mécanismes de fraude identifiés

5.1 Associations fictives ou non éligibles

Plusieurs associations bénéficiaires :

  • n’avaient aucune existence légale,
  • n’avaient aucune activité éducative,
  • étaient liées à des réseaux politiques (selon les médias). 

5.2 Absence de traçabilité

  • Aucun suivi des projets financés.
  • Absence de rapports d’exécution.
  • Absence de pièces comptables. 

6. Recommandations de l’ULCC

Selon les extraits cités par la presse, l’ULCC recommande :

  • Poursuites judiciaires contre Jean Ronald Joseph.
  • Gel des avoirs et mesures conservatoires.
  • Remboursement des fonds détournés.
  • Réforme urgente des procédures internes du FNE. 

7. Suites judiciaires

Le rapport a conduit à :

  • la publication d’un Avis de recherche contre Jean Ronald Joseph (ULCC/SEI/1125002 du 11 novembre 2025),
  • la transmission du dossier au Parquet et à la Cour supérieure des comptes. (Ces éléments proviennent d’autres documents officiels déjà identifiés.)

8. Importance du rapport

Ce rapport est considéré comme :

  • l’un des plus accablants jamais produits sur une institution éducative en Haïti,
  • révélant un système organisé de corruption,
  • mettant en péril l’utilisation de fonds destinés à 3 millions d’écoliers (selon l’analyse publiée par ETICOUNESCO).

9. Accès au rapport intégral

À ce jour :

  • Le rapport complet n’est pas publié sur le site de l’ULCC (confirmé par la page « Téléchargements »). 
  • Les médias haïtiens citent des extraits officiels transmis à la presse.
  • L’accès intégral nécessite généralement une demande formelle à l’ULCC ou au ministère de l’Éducation.

En guise de conclusion générale au présent article

La récente édition des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 tenues à Montréal du 17 au 19 avril 2026 est riche d’enseignements à plusieurs égards.

De manière générale, il faut prendre toute la mesure que le droit à la liberté d’expression doit impérativement s’exercer au creux du droit à l’esprit critique et analytique. L’esprit critique est la capacité à examiner une idée ou un fait en évaluant sa cohérence, ses preuves et ses implications avant d’y adhérer. Lesprit analytique consiste à décomposer un problème en éléments distincts pour en comprendre la structure et les relations. Descartes valorise le doute méthodique comme fondement de l’esprit critique (« Discours de la méthode »), tandis que Kant définit l’analyse comme opération de l’intellection visant à clarifier les concepts (« Critique de la raison pure »). Cette manière de poser la combinatoire de deux droits fondamentaux –le droit à la liberté d’expression et le droit à l’esprit critique et analytique–, renvoie nécessairement à la question, essentielle, de la légitimité et de la crédibilité à la fois de la personne ou de l’institution qui émet un propos, un discours (registre de l’émetteur), et à celle de la parole proférée elle-même (registre du contenu). En ce qui a trait aux Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026, l’on peut en toute rigueur remettre en question et interpeller la légitimité et la crédibilitéé tant de la vision institutionnelle de l’organisme JIDH2026 que du projet d’ensemble porté par l’activité tenue à Montréal du 17 au 19 avril 2026. Il ressort du parcours analytique consigné dans le présent article que la légitimité et de la crédibilité des Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 ne répondent pas aux critères de l’éthique citoyenne : l’on ne peut pas être crédible lorsqu’on est porteur d’une parole et d’un projet qui reposent sur le déni et la transgression de la Loi. L’on ne peut être porteur d’une parole et d’un projet légitimes et crédibles lorsque l’on choisit d’offrir une ample tribune promotionnelle et politique et un micro ouvert sans contrepartie critique à une institution –le Fonds national de l’éducation–, dont le directeur de l’époque a fait l’objet d’un Avis de recherche émis par l’ULCC au motif allégué de détournement de fonds publics, d’entrave à la justice et d’abus de biens sociaux. L’on ne peut « choisir » comme partenaire principal des IDH2026 une institution haïtienne, le Fonds national de l’éducation, créée par les deux principaux caïds du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste, Michel Martelly et Laurent Lamothe, tout en « oubliant » qu’ils ont été sanctionnés par le Canada et les États-Unis en raison de leur « participation à des actes de corruption grave » et en raison de leur « soutien financier à des gangs armés déstabilisant Haïti » (source : Communiqué d’Affaires mondiales Canada, gouvernement du Canada, 20 novembre 2022). L’on ne peut modéliser et banaliser le charlatanisme et l’imposture au moyen d’une opération « poudre aux yeux », d’une manœuvre de propagande politique destinée à crédibiliser au Canada et à l’échelle internationale le Fonds national de l’éducation dont le directeur de l’époque a fait objet d’un Avis de recherche émis par l’ULCC le 10 novembre 2025 au motif allégué de détournement de fonds publics, d’entrave à la justice et d’abus de biens sociaux. RAPPEL – L’on doit prendre toute la mesure que le Fonds national de l’éducation a été mis sur pied dans l’écosystème du cartel politico-mafieux du PHTK néo-duvaliériste sur le mode d’un « paravent juridique », d’un « enfumage recouvert d’une cuirasse juridique » dont l’objectif central est de donner une « allure juridique » à la modélisation d’un système kleptocratique de prévarication, de corruption et de détournement des finances publiques. Le système kleptocratique institué au Fonds national de l’éducation par le PHTK néo-duvaliériste a pour modèle celui de la Régie du tabac et des allumettes créée en 1958 par le dictateur François Duvalier. Avec le Fonds national de l’éducation, il s’agit d’un même modèle managérial et politique, d’une similaire entreprise de corruption et de captation des finances de l’État, d’une même stratégie de « paravent juridique » et d’« enfumage » recouvert d’une cuirasse juridique. En offrant impunément un micro ouvert sans contrepartie critique au décrié Fonds national de l’éducation, les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 apportent de facto un appui institutionnel public à la kleptocratie et au pillage des finances de l’État haïtien tel qu’il a été modélisé et banalisé de 2011 à 2025 au Fonds national de l’éducation.
Enfin il faut prendre toute la mesure que la modélisation d’une SYNERGIE INSTITUTIONNELLE entre les Journées internationales de la diaspora haïtienne 2026 et le Fonds national de l’éducation emprunte la scabreuse voie d’une manœuvre frauduleuse au plan de l’éthique : le charlatanisme et l’imposture y trouvent un terreau fertile, celui d’un dommageable détournement et d’une véritable manipulation politique capables de dévoyer sinon de torpiller la mobilisation de la diaspora haïtienne du Canada envers Haïti.

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