
Voici les noms des représentants déjà choisis pour le CEP au 3 septembre 2024, tels que mentionnés dans un document-
- Professeure Marie Florence Mathieu (Secteur universitaire)
- Révérend Patrick Saint-Hilaire (Église catholique)
- Monsieur Jacques Desrosiers (Presse)
- Me Gédéon Jean (Droits humains)
- Monsieur Nemrod Sanon (Secteur syndical)
- Me Newton Louis St. Juste (Secteur vodou) – Contesté par une partie
- Révérend Peterson Pierre Louis (Cultes réformés) – Contesté par d’autres structures
- Monsieur Jaccéus Joseph (Secteur paysan) – Contesté par certaines organisations
Ces noms, selon les autorités de facto, reflètent les choix faits dans les différents secteurs, bien que plusieurs d’entre eux soient contestés ou sujets à des révisions.
Analyse du processus de formation du Conseil Électoral Provisoire (CEP) en Haïti : Enjeux et défis persistants
Depuis le lancement du processus de mise en place du Conseil Électoral Provisoire (CEP) en juillet 2024, le paysage politique haïtien reste marqué par des tensions internes et des contestations, rendant difficile la constitution d’un organe électoral pleinement légitime. Ce processus, initié dans le cadre de l’accord du 3 avril 2024 par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), vise à organiser des élections en 2025 et permettre l’entrée en fonction de nouveaux élus en 2026.
Un cadre sectoriel complexe et fragmenté
Le processus repose sur la contribution de neuf secteurs clés, identifiés dans l’article 33.1 de l’accord d’avril 2024. Chaque secteur est invité à désigner un représentant pour intégrer le CEP, selon un cadre précis défini par les Termes de Référence (TDR) émis par le Secrétariat Général de la Présidence. Cependant, l’examen du processus révèle une fragmentation notable au sein de certains secteurs, ainsi que des contestations qui compliquent la désignation des représentants.
Par exemple, dans le secteur vodou, plusieurs organisations, dont Wayòm Vodou Dayiti et la Konfederasyon Nasyonal Vodouyizan Ayisyen (KNVA), ont d’abord désigné Me Newton Louis St. Juste. Toutefois, un retournement s’est produit avec la proposition d’un autre candidat, la Mambo Lamercie Charles Pierre, illustrant les luttes internes dans ce secteur.
Les cultes réformés, représentés par la Fédération Protestante d’Haïti (FPH), ont également été le théâtre de contestations. Le Révérend Peterson Pierre Louis, proposé comme candidat, a vu sa nomination remise en question par le Conseil National Spirituel des Églises d’Haïti (CONASPEH) et d’autres structures, qui ont avancé le nom du Dr Thomslay Budlaire Laguerre.
La situation est similaire dans d’autres secteurs, comme celui des droits humains, où des organisations comme la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) se sont retirées du processus, laissant d’autres acteurs comme l’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) poursuivre avec la désignation de Me Gédéon Jean.
Un processus de consensus fragile
Certains secteurs ont néanmoins réussi à s’accorder sur des candidats, témoignant d’un fragile consensus. C’est le cas de l’Église catholique, qui a choisi le Révérend Patrick Saint-Hilaire, et du secteur universitaire, où la Professeure Marie Florence Mathieu a été désignée après un consensus entre le Conseil de l’Université d’État d’Haïti (CUEH) et la Conférence des Recteurs et Présidents d’Université Haïtiens (CORPUHA).
Cependant, ces accords n’effacent pas les nombreux conflits qui persistent dans d’autres secteurs. Par exemple, dans le secteur paysan, des accusations de falsification de documents et d’usurpation du processus par certaines structures ont été soulevées, entraînant une contestation du choix de Monsieur Jaccéus Joseph.
Recommandations et perspectives
Face à ces défis, le rapport propose plusieurs recommandations. Pour les secteurs où des contestations sont encore en cours (notamment les cultes réformés, les droits de la femme et le vodou), il est suggéré que le CEP étudie les dossiers des candidats et procède à un tirage au sort si nécessaire. De plus, le secteur paysan, marqué par des allégations de faux et usage de faux, pourrait voir son processus réinitialisé si les accusations se confirment.
Vers une solution équilibrée ?
Le chemin vers la mise en place complète du CEP reste semé d’embûches. En dépit des nominations déjà faites dans certains secteurs, les contestations et divisions internes pourraient retarder davantage ce processus, pourtant essentiel pour la tenue d’élections transparentes et démocratiques en 2025.
Le Conseil Présidentiel de Transition doit naviguer avec prudence, cherchant à équilibrer les revendications sectorielles tout en préservant la crédibilité de l’organe électoral. La désignation finale des membres du CEP, s’accompagnant potentiellement de compromis et de nouvelles consultations, sera cruciale pour stabiliser le processus politique en Haïti.


