par Jude Elie
Chers compatriotes haïtiens/ haïtiennes ,
Depuis maintenant des mois, impuissants, nous vivons dans l’indignité, car nos femmes et nos enfants sont assassinés et violés à Martissant, Torcel, Canaan ; des amis et collègues, kidnappés et tués dans tous les recoins de Port-au-Prince ; des familles décapitalisées après avoir payé des rançons exorbitants. Et maintenant nous regardons toujours impuissants, des nourrissons qui meurent dans des hôpitaux faute de carburant.
Et des enfants mourir de cholera par manque d’eau potable et de soins appropriés.
Cet état de fait infra humain devrait révolter notre conscience de père, de mère, de citoyens engagés et d’hommes et de femmes responsables.
Le constat accablant est que nous ne disposons pas d’un effectif policier suffisant, bien équipé et bien entraîné pour mater cette prolifération de gangs. Notre force armée est encore au stade embryonnaire.
Chers compatriotes, quand on se noie, on ne regarde ni la couleur de peau ni la religion du sauveur, c’est bien connu le vieil adage; Toutefois, dans certaine circonstance, eu égard à notre passé historique, on aurait aimé avoir à faire d’autres choix ou pouvoir disposer de nos propres moyens plutôt que de crier secours ailleurs… mais hélas! La brûlante réalité est là, blessante et douloureuse sous nos yeux, dans notre chair et notre quotidien.
Patrice Lumumba disait : « L’indépendance politique n’a de sens que si elle s’accompagne d’un développement économique et social rapide ».
Où en sommes nous aujourd’hui ?
Il disait encore: « Sans dignité il n’y a pas de liberté, sans justice il n’y a pas de dignité et sans indépendance il n’y a pas d’hommes libres ».
Nous ne sommes plus libres. Libres de vaquer à nos occupations. Libres d’envoyer nos enfants à l’école sans crainte. Libres de se détendre (aller à la plage entre amis et/ou en famille) et visiter des amis ou parents dans une ville de province. Même organiser une petite fête chez soi donne matière à grande réflexion.
Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’est plus opportun de brandir un nationaliste «faux semblant» en observant, avec l’âme en peine, la société s’effondrer sous les ordres des hors-la-loi. De ceux qui gardent le silence ou qui vocifèrent, la réalité est la même : Nous sommes dans une impasse !
Il est inconcevable de continuer à assister à la mort lente d’Haïti, alors qu’il existe des alternatives. Lesquelles alternatives peuvent toujours déplaire à plus d’un et à juste titre, il faut le reconnaître. Cependant, la défense de la vie passe avant tout. Il n’est pas si difficile que ça de s’en rendre compte et se faire un jugement. Alors prônons le choix de vie plutôt que celle de la mort lente !
Nous sommes un peuple fier, mais intelligent, on saura regarder dans le bon sens pour remettre les pendules à l’heure au moment opportun. Soyons courageux et honnêtes envers nous-mêmes et nos progénitures. Gageons nous de ne plus nous retrouver dans cette situation, ô combien difficile! en nous assurant de mieux choisir nos dirigeants dans le futur en faisant taire nos émotions et nous fixer sur des projets de société viables et des visions éclairées pour une Haïti meilleure pour ses fils et filles.

