LA PROSTITUTION EN HAITI, UN MOYEN DE SURVIE
par Marius Marechal
Jeudi 13 octobre 2022 ((rezonodwes.com))–
Depuis plusieurs décennies, le pays fait face à une crise à nulle autre pareille, au point que les besoins primaires deviennent des luxes. On vit dans un désespoir total où personne ne sait de quoi demain sera fait. Cette situation mortifère contraint bon nombre de gens à se prostituer afin de survivre.
Cette pratique qui est devenue un véritable phénomène dans la société haïtienne, prend de plus en plus d’ampleur et revêt de nouvelles formes. Les trottoirs où arpentent les radeuses et les bars avec les échassières ne sont plus uniquement les lieux du commerce des fesses. Des écoles, des églises, des bureaux publics et privés sont désormais transformés en clandés. Sans faire l’économie des mots, de nombreuses maisons closes fonctionnent sous le couvert de spa.
Au sein de nombreuses familles haïtiennes, c’est le désastre au plus haut point. Des enfants livrés à eux-mêmes deviennent, ipso-facto, les proies des prédateurs assoiffés de sexe. Certains parents incapables de répondre aux besoins les plus urgents de leurs filles les offrent à des hommes très avancés sur le plan économique. Il est inutile de se demander où sont passées les institutions chargées de la protection des enfants comme l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR) ou la Brigade de Protection des Mineurs (BPM) puisque l’État est défaillant.
La prostitution chez nous devient quasi incontournable. Pour trouver un emploi ou le conserver, on est souvent contraint de michetonner – que ce soit dans le secteur public ou privé. Certaines personnes sans-cœur, vu leurs positions et leurs moyens économiques prennent le malin plaisir à profiter amèrement de la médiocre situation des gens pour assouvir leurs désirs les plus malsains et parfois sans aucune considération pour les faux-poids.
De nombreuses femmes, pour ne pas mourir de faim dans un pays où la nourriture est difficile à trouver, sont obligées de faire des passes avec un homme puma (sugar daddy). Les hommes, de leur côté, n’echappent pas à cette ignominie. Certains jouent le rôle de bidochard ou de souteneur pour des maquereaux et maquerelles, tandisque d’autres se soumettent aux caprices d’une femme cougar (sugar mama).
Certains hommes et certaines femmes, optant pour la discrétion préfèrent devenir des escort-boys ou escort-girls des internautes en offrant leurs charmes sur des sites d’annonces en ligne (site d’escortes). Cette nouvelle forme de prostitution est en plein essor dans la société.
Il existe également une autre forme de prostitution au sein de la société, c’est la ‘’diasporaphilie’’. Cette forme de prostitution agit comme un cancer métastasé. De jeunes hommes et femmes crevant de faim et de soif se voient obligés de se tourner vers la diaspora pour assurer leur survie.
« La main qui donne est celle qui ordonne », des gens de la diaspora haïtienne ne font pas mentir ce proverbe français. Avec leurs liasses de billets verts, ils sont rois. Ils transforment en maison de joie plusieurs hôtels du pays afin de jouir pleinement et en toute quiétude les performances sexuelles de ceux et celles qui sont jetés dans l’indigence et parfois victimes de pornodivulgation.
Pour le plaisir de leurs yeux et leur entière satisfaction, certains membres de la diaspora haïtienne exigent beaucoup : des spectacles de strip-tease, des scènes d’orgie (krèy) avec des call-girls et des call-boys, ainsi que des pratiques dévoyées de sodomie et de zoophilie. Sénèque a dit : « qui donne vite donne deux fois », des gens de la diaspora, eux, donnent vite et reçoivent au centuple.
En Haïti, beaucoup de gens ne vivent pas, ils survivent. Et pour y parvenir, ils se voient contraints à la prostitution.
Marius MARECHAL Tél. : (509) 38 00 4198 E-mail : marechalmarius365@gmail.com

