Crise du salaire minimum : Il est temps de désamorcer cette bombe sociale

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par Abdonel Doudou, Jurimédia
La persistance des revendications ouvrières depuis deux semaines et l’inefficacité évidente des mesures prises jusqu’ici par les autorités pour y répondre inquiètent tous les observateurs attentifs. L’association JURIMÉDIA craint fortement une explosion de cette bombe sociale dans un contexte économique extrêmement précaire et une conjoncture politique encore fragile.




Aussi en appelle-t-elle à la sagesse et au sens de responsabilité des plus hautes autorités de l’administration Moïse-Lafontant, des Commissions des affaires sociales des deux Chambres du Parlement, ainsi que des associations patronales et syndicales pour désamorcer la bombe pendant qu’il est encore temps.
 
La JURIMÉDIA note avec préoccupation que le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) a failli lamentablement à son devoir de régulation. En effet, aux termes de l’article 4 de la Loi sur le salaire minimum publiée dans Le Moniteur le 6 octobre 2009, il devrait statuer sur l’ajustement trois mois avant la fin de l’exercice fiscal. Cependant, tel n’a pas été le cas.
Une telle défaillance a eu pour conséquence logique une perte de crédibilité de ce mécanisme de dialogue social censé travailler à la prévention et à la résolution de la crise actuelle. Dans le même registre, la JURIMÉDIA déplore le fait que les autorités n’avaient pas pensé à l’ajustement du salaire minimum avant ou en même temps que celui des prix du carburant qu’elles se sont habilement employées à appliquer, à travers un dialogue soutenu avec un bon nombre d’organisations syndicales.




Cette maladresse aura certainement contribué à envenimer les grognes des ouvriers de ce secteur qui digéraient mal déjà le retard de l’ajustement légal de leur salaire en fonction du taux d’inflation et le fait de n’avoir pas été compensés pour la diminution de leur pouvoir d’achat occasionnée par la décote de la gourde, tandis que tous les produits fabriqués se vendent en dollars.
 
Par ailleurs, la JURIMÉDIA prend acte tant des préoccupations exprimées par les patrons pour la sécurité de leurs investissements que des dénonciations de brutalités policières et de révocations abusives venant des ouvriers protestataires. Elle tient à rappeler aux protagonistes de la crise que la solution à leur conflit se trouve uniquement dans le dialogue, et non dans la répression, l’intimidation ou le vandalisme.
 
La JURIMÉDIA invite l’Administration Moïse-Lafontant à bien mesurer l’ampleur de cette crise et à convoquer, en urgence, l’ensemble des acteurs concernés pour un vrai dialogue social et de sérieuses négociations qui permettront de trouver un dénouement heureux à ce bras de fer. Aucun effort ne devrait être ménagé pour y parvenir le plus rapidement que possible. Car le Conseil Supérieur des Salaires (CSS) est déjà dépassé par la situation et les mécontentements qui s’accumulent font craindre sérieusement une spirale d’instabilité politique.
 



id= »m_-2225427198845059083yui_3_16_0_ym19_1_1496238494390_59780″ lang= »FR »>JURIMÉDIA est une organisation haïtienne de promotion des droits humains et de la gouvernance démocratique dont la mission consiste à mobiliser l’engagement citoyen pour responsabiliser l’État et défendre les droits des populations les plus vulnérables, en particulier les enfants.
 
Abdonel DOUDOU
Directeur exécutif      
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