11 septembre 2026
Flashback – 28 juillet 1915 : le bruit des bottes étrangères résonnait sur le sol de Dessalines
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Flashback – 28 juillet 1915 : le bruit des bottes étrangères résonnait sur le sol de Dessalines

par cba

Mardi 28 juillet 2020 ((rezonodwes.com))– Si l’incertitude régnait en septembre 1991 sur les circonstances entourant la mort, en prison, de l’ex-ministre de l’Intérieur et de la Défense, Dr. Roger Lafontant, le 27 juillet 1915, par contre, les Port-au-Princiens savaient que l’ordre de fusiller dans ses cellules, l’ancien président déposé Emmanuel Oreste Zamor, venait directement du chef de l’Etat en difficulté, Vilbrun Guillaume Sam.

C’est ainsi que pour la toute première fois de son histoire, deux présidents d’Haiti sont morts le même jour à Port-au-Prince. L’un sans sépulcre, avec ses restes, jusqu’à désossements, traînés dans les rues de la capitale. Et le Palais National était sans président après le lynchage de Vilbrun Guillaume Sam.

Deux événements situés séparément dans le temps, ont précédé deux débarquements militaires, en 1915 et en 1994. Comme pour dire jamais un sans deux, et ceci même jusqu’à trois, en 2004. Si également en 1915, le Parlement, malgré l’opposition farouche de certains députés dont celui des Gonaives, était contraint de ratifier le traité d’Occupation d’Haiti par les Marines, mais en 2004, sous une simple réquisition du Premier-ministre Gérard Latortue, le pays est livré dès lors à la Minustha. Jusqu’à date, les clauses du décret n’ont jamais été révisées par le Parlement ravi de partager le pouvoir exécutif.

Avec l’organisation de ces fameux « carnavals des fleurs », (une réjouissance n’ayant absolument rien rapporté au trésor public), une preuve de démonstration erronée que l’haïtien ne vit vraiment pas seulement de musique, de bals, de carnavals, mais d’activités économiques rentables pour déposer du pain sur la table de la famille, les dates des 27 et 28 juillet furent presque passées sous silence.

Toutefois, Evans Paul a le mérite de contraindre son heureux bienfaiteur, l’ex-président Michel Martelly à ne pas organiser de « carnaval des fleurs » en juillet 2015. Une décision que les historiens impuissants devant les fantasmagories de Sweet Micky, en 2012, 2013, 2014 avaient applaudi de deux mains, car ils voyaient mal le Centenaire de l’Occupation, célébré au son de la fanfare.

Un siècle plus tard, après le débarquement dans la soirée du 28 juillet 1915, de la canonnière américaine, « Washington », à Bizoton, nous ne sommes pas plus en avance que nous ne l’étions à cette époque. Avec la seule différence, malgré un large déchirement actuel du tissu social, Dieu merci, aucun groupe armé n’est arrivé à venir en mains pour se mesurer avec la société civile qu’une certaine « insécurité » soumet à la peur de circuler librement dans les rues.

Le 27 juillet 1915, la goutte d’eau qui allait fait renverser la vapeur, malencontreusement, marquait une tournure décisive dans l’histoire de notre pays, avec le remplacement de l’Armée Indigène qui s’effrite avec le nationalisme. Cent un ans plus tard, que reste-il de l’action citoyenne de l’homme haïtien ?

Les mêmes luttes fratricides pour la prise de pouvoir s’intensifient pendant que la misère s’engouffre chez les plus vulnérables. 28 juillet 1915-28 juillet 2016, le pays va encore mal, si ce n’est le constat du pire. Et dire que le « siècle de la technologie » surpasse de loin le « siècle des lumières » qui ne nous avait pas assez éclairé les idées pour que nous ayons aujourd’hui un pays émergeant.

Que la date du 28 juillet 2016, soit une journée de réflexion jusqu’à arriver à reconstituer l’enchaînement des événements, une façon de relever de nombreuses similitudes entre ces deux époques distincts. D’où venons-nous, où sommes-nous maintenant et où irons-nous, tant que ces interrogations ne voyagent pas les confins de notre conscience, les 28 juillet se suivront et se ressembleront.

Heureusement qu’il existe encore des citoyens qui ont bien su saisir le sens d’être libre chez soi.

cba

1 Comment

  • Endijèn 29 juillet 2020

    NOU PAP JANM GEN YON PEYI SI N PA REZOUD PWOBLEM MOUN NAN…

    Grâce à mon éducation familiale, mes convictions politiques et idéologiques, je n’étais pas parmi ceux/celles qui applaudissaient l’ « operation uphold democracy » (19 septembre 1994-31 mars 1995), pour des lendemains de « Shithole. » J’attendais de Pye Fèm, le revers de la médaille.

    Tous ceux/celles qui étaient aux anges lors de la kk chen de 1994 et 2004, sont au « front » aujourd’hui contre Jovenel Moise pour son alliance avec les États Unis. Sa k pase la a? En désespoir de cause comme les autres, il a ce droit. Le vote contre le Venezuela n’est pas différent des débarquements de 1994 et 2004. Yo t ap Banboche yo pa t ap fè peyi (1991-2011). C’est à ce moment, X et Y voulaient fréquenter ces femmes et d’être des amis de voyous et métèques. Epi yo vle pou Michel Joseph Martelly/Jovenel Moise te fè peyi kise Rate, Patekwè, Domestik ki pa kanpe sou anyen menm jan ak yo. Ce qui contraire à la raison!

    « Jamais un sans deux, et ceci même jusqu’à trois. » Le 28 juillet 2020, au micro de radio Kiskeya, l’héritier Georges Michel a fait savoir, « nou ka pran yon 4e okipasyon. Les États Unis paka asepte yon SOMALI à deux heures de vol de Miami. » Par la suite, personne au niveau de la station n’a fait aucun commentaire. Il s’agit de Georges Michel, on ne l’assimile pas au PHTK. Un ayant droit. Ce sont les Évans Paul…. et Alfredo Antoine, qui sont des alliés du pouvoir. Quelle société!

    « Cent cinq ans plus tard, que reste-il de l’action citoyenne de l’homme haïtien ? » Il reste plutôt à (Ré)inventer. Comment comprendre la « Fédération des Barreaux d’Haiti (FBH) a adopté une Résolution pour demander au président de la République de faire le retrait des décrets pris en dehors des normes constitutionnelles. » Et quelques jours après, sur les ondes d’une station de radio, le président de la FBH, M. Jacques Létang a laissé entendre,  » le pouvoir judiciaire fonctionne sur la base d’un décret de 1995. » Et il a conclu, « les juges doivent refuser d’appliquer les décrets de Jovenel Moise. » Et qu’en est-il des décrets de Gérard Latortue/Boniface… et Privert/Jean Charles? Beaucoup d’incohérences. Ou wè pou n espere gen yon peyi yon jou, fok nou rezoud dabo`pwoblèm moun nan.

    Témoin historique

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