12 octobre 2026
Le conflit armé à Martissant s’amplifie sous les regards impuissants et indifférents des autorités
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Le conflit armé à Martissant s’amplifie sous les regards impuissants et indifférents des autorités

En terrorisant la population civile de Martisant et en obligeant les usagers de la route nationale # 2 à emprunter d’autres voies pour échapper à la violence armée, les caïds imposent leur loi, au nez et à la barbe des autorités, jusqu’à envisager de conquérir d’autres territoires

Jeudi 23 janvier 2020 ((rezonodwes.com))– La thèse d’une section livrée aux gangs armés de Martissant se précise graduellement. Les résidents de Carrefour, les usagers de la route nationale # 2 ne sont pas au bout de leur peine face à la situation d’insécurité et la multiplication des conflits armés dans la 3ème circonscription de Port-au-Prince, a reconnu, mercredi, Michel-Ange Louis Jeune, porte-parole de la Police Nationale d’Haiti (PNH).

Au quotidien, des caïds armés défilent dans l’environnement du Théâtre national, tuent des passants, terrorisent des citoyens, détournent des convois alimentaires dans l’indifférence des forces de l’ordre, s’inquiètent des militants de droits humains.

Ce mercredi, des concerts de balles ont retenti dans l’entrée Sud de la capitale à la suite des affrontements entre des hommes de Village de Dieu, des seigneurs de la terreur liés aux groupes de Grand Ravine et des caïds de Martissant, ont rapporté des citoyens. En raison de l’escalade de violence armée, des maisons privées, des institutions publiques, des établissements commerciaux voisins se sont vidés de leurs occupants, ont témoigné des riverains.

La situation de terreur qui prévaut à Martissant tend à se répandre dans d’autres quartiers de la capitale, ont rapporté des sources dignes de foi. Au Bél-Air, des hommes lourdement armés ont attaqué un véhicule public, blessant certains de ses occupants. Des agents du CIMO qui montaient la garde devant le Parlement, pour fuir la fureur des hommes armés, ont dû se réfugier à l’intérieur du bâtiment. Un policier a été blessé mortellement, rapportent des images et séquences vidéos captées en amateur.

Au Bicentenaire, des employés au Palais de Justice se livrent quotidiennement à un exercice de résistance. Des détonations d’armes de grands calibres mettent à mal le cours du fonctionnement normal de certains tribunaux et fragilisent la fréquentation du bâtiment.

Le banditisme et la criminalité qui s’installent au centre-ville de Port-au-Prince, à Martissant ont atteint une proportion alarmante, pouvait-on observer. En attendant les fruits de la réunion en urgence du Conseil supérieur de la Police nationale, tenue mardi au soir, les bandits continuent d’imposer leur agenda et défier l’autorité de l’État.

Hervé Noel
vevenoel@gmail.com

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