9 septembre 2026
Haïti en crise – « Le BINUH impliqué : Stratégie pour attrape-nigauds », titre Haïti-Observateur en 1ère page de l’édition de Noël
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Haïti en crise – « Le BINUH impliqué : Stratégie pour attrape-nigauds », titre Haïti-Observateur en 1ère page de l’édition de Noël

« Les négociations se suivent et se ressemblent » révèle Haïti-Observateur mentionnant dans son texte que le pays n’est pas loin de prendre le cap de la gestion par décret.

New York, mercredi 18 décembre 2019 ((rezonodwes.com))–Depuis qu’a éclaté la crise socio-politique et financière, qui continue de secouer le pays, les négociations se suivent et se ressemblent. D’une rencontre entre les représentants de Jovenel Moïse et ceux de l’opposition à l’autre, rien n’a changé de la situation. Maintenant, avec l’intervention du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), dans le cadre de nouvelles rencontres, en vue de la formation d’un « gouvernement d’union nationale », rien n’autorise à croire qu’une percée louverturienne se profile à l’horizon.

Dans la mesure où la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU et l’ambassadeur américain ont toujours affiché une posture pro-Jovenel Moïse, il faut se méfier d’une stratégie pour gérer attrape-nigauds.

Ces discussions, qui ont démarré ce mardi (17 décembre), à la Nonciature, sous la direction de la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU, Helen Meagher Lalime, et qui doivent s’étirer sur deux jours (mardi et mercredi), avec la participation de l’ambassadeur américain en Haïti, Michèle Sison, risque bien d’accoucher d’une souris.

Ces pourparlers ont été décidés, suite à la rencontre, au Palais national, d’une délégation de la Passerelle, qui avait piloté l’accord de Marriott, avec le président Jovenel Moïse et des alliés de ce dernier, en la personne des membres du PHTK qui eux-mêmes ont souscrit à un rapport rival, celui de l’hôtel Kinam II.

Dans les milieux proches de ces pourparlers, on laisse croire que les choix proposés comme Premier ministre tournent autour des personnalités suivantes: l’ex-sénateur Déjean Bélizaire (pro-militaires putschistes en septembre 1991), le sénateur Joseph Lambert et le secrétaire général du Rassemblement des démocrates sociaux progressistes (RDNP), Éric Jean-Baptiste.

Tous les secteurs de l’opposition ne participeront pas à ces discussions. On prétend, volontiers, que des structures politiques évoluant au sein de l’ « opposition modérée » y prendront part. Comme, par exemple, Fusion des sociaux-démocrates, Mache Kontre et l’Organisation du peuple en lutte (NDLR : ces partis ne sont pas présents mercredi à la table de négociations).

Mais une autre frange de l’opposition boude ces négociations. Il s’agit, notamment, du secteur démocratique et populaire et l’Alternative consensuelle pour la refondation de l’État s’étant systématiquement opposés à toute discussion avec le président Moïse. D’ailleurs, ces structures déclarent ne vouloir rien d’autre que la démission pure et simple de ce dernier.

Cap sur la gestion du pays par décret

Ceux qui misent sur la collaboration de Jovenel Moïse pour ac- coucher d’un gouvernement d’ «union nationale » s’introduisent le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Car le chef de l’État n’a d’autre objectif que la gestion du pays par décret, qui sera rendu possible à la faveur de la caducité du Parle- ment, au début de janvier 2020. Puisque, tout au long des discussions qui se sont déroulées entre Jovenel Moïse et les secteurs de l’opposition, celui-ci s’est toujours accroché à cette idée, faisant tout en son pouvoir pour surmonter les obstacles dressés devant lui de manière à les traverser tour à tour, jusqu’à ce qu’arrive le moment attendu.

Jovenel Moïse n’a aucune intention de démissionner, comme le lui exigent les dizaines de milliers de manifestants qui descendent dans la rue. En tout cas, il ne se trouve pas encore confronté aux conditions rendant incontournable une telle décision. C’est pourquoi des personnes, qui ont participé avec lui à des discussions portant sur une sortie de crise basée sur son départ, ont émis l’opinion selon laquelle il serait « tout au moins psychologiquement instable ».

lire la suite dans l’édition VoL. XXXXIX, No. 49 New York – 18-25 décembre 2019.

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