15 septembre 2026
« Moment de Vérité »! par Me Serge H. Moïse
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« Moment de Vérité »! par Me Serge H. Moïse

Vendredi 27 septembre 2019 ((rezonodwes.com))– Á ce carrefour dramatique de notre histoire, une prise de conscience s’impose indubitablement. Reconnaissons que nous sommes tous, chacun en ce qui le concerne, sinon fautifs, du moins responsables de l’état lamentable de notre pays et des conditions de vie infra-humaines de nos millions de sœurs et frères qui crèvent systématiquement de faim et endurent les affres de la misère sous toutes ses formes.

Certains par commission et devront faire face à la justice un jour ou l’autre, s’il est vrai que les défaites du droit sont toujours provisoires, les autres, par omission et/ou désertion auront à se ressaisir et avec fierté et patriotisme, apporter leur contribution à la refondation et à la reconstruction de l’alma mater.

Nous sommes les premiers responsables de nos malheurs pour avoir hélas oublié que « toute famille divisée est une famille affaiblie, appelée à disparaître ».

En février de l’an (1986) mil neuf cent quatre-vingt six, nous avions poussé un ouf de soulagement, espérant que le peuple haïtien tout entier allait enfin rejoindre le concert des nations dites civilisées. Encore une fois, nous avons oublié qu’il n’y a pas de génération spontanée. Trente trois longues années de corruption sous toutes formes ont engendré des scories dans la mentalité haïtienne qui sont devenus des traits culturels, expédiant aux calendes grecques les valeurs cardinales quelles qu’elles soient.

Une nouvelle constitution est votée, garantissant le respect des droits et libertés, le bon fonctionnement des institutions républicaines pour une Haïti souveraine et prospère. Quelques trente trois ans après, qu’on nous rende fol ou sage, le règne de la médiocrité aurait dû toucher à sa fin depuis belle lurette. De quatre-vingt six à nos jours, la gouvernance post-duvaliérienne a fait autant de victimes que le tremblement de terre du douze janvier deux mille dix et les autres catastrophes naturelles qui ont suivi comme si notre histoire se révélait une suite irréversible d’accidents.

Les « makout » n’ont plus droit de vie et de mort sur tous les sujets du potentat. La soldatesque s’est évaporée dans la nébuleuse. Les « chimè » sont mis hors d’état de nuire et plus ça change, plus c’est pareil!

La première république nègre, la perle des antilles, jadis le phare de la race se révèle aujourd’hui le pays le plus corrompu et le plus pauvre de l’hémisphère.

Notre descente aux enfers touche-t-elle à son terme? Aurions-nous déjà atteint le fin fond de la géhenne auquel cas nous allons renaître comme le souhaitait Frantz Fanon, très forts et plus aguerris. Si c’est bien le cas, alors:

Faisons mentir le colonel John Russell qui disait que l’Haïtien quelle que soit sa formation intellectuelle a la mentalité d’un gamin de sept ans!

Faisons mentir Graham Greene qui ne voyait en nous que de piètres comédiens.

Faisons mentir cet envoyé spécial qui prétendait que les Haïtiens auraient un chromosome en plus ou en moins.

Faisons mentir Dean Curran qui affirmait avoir découvert au pays de Dessalines et de Pétion les terribles « MRE ».

Faisons mentir Francklyn Delanoe Roosevelt qui voulait que les sans souliers fussent toujours en guerre avec les nantis de façon à toujours dominer cette petite républiques de nègres turbulents.

Faisons mentir le pasteur chrétien Pat Robertson des États-Unis qui répand cette « sublime vérité », selon les révélations à lui faites par son dieu, à l’effet du pacte signé avec le diable par nos ancêtres en vue d’acquérir notre indépendance. Un pasteur ne saurait mentir!

Honorons la mémoire d’Anténor Firmin, celle de Louis-Joseph Janvier, de Dumarsais Estimé, de Jean Price-Mars, de Massilon Coicou, Carl Brouard, Me Seymour Pradel, Me François Moïse, le sénateur Louis Déjoie, Jacques Roumain, Jacques Stéphen Alexis, Kléber G. Jacob, Leslie F. Manigat et tous ceux qui morts ou vivants rêvent d’une Haïti souveraine, forte et prospère!

Mais, encore plus important, rassurons nos millions de compatriotes tant de l’intérieur que de l’extérieur du terroir, lesquels au comble du désespoir ont baissé les bras, croyant fermement qu’il n’y a plus rien à faire, le pays est maudit, le pasteur Pat Robertson, en plein délire l’a dit!

Nous voici aujourd’hui davantage plus près du gouffre: Un parlement pour le moins bancal, un pouvoir judiciaire grabataire, un gouvernement dépassé par les événements, acculé dans ses derniers retranchements et obligé de faire appel, de façon vraiment tardive, à tous les secteurs de la nation afin d’envisager une issue à la crise qui a trop duré.

Déjà en deux mille dix, en guise de ces élections/sélections auxquelles nous sommes tous habitués et qui n’ont fait que perpétuer ce système archaïque et rétrograde nous avions suggéré à travers nos modestes analyses de la situation, la formation d’un gouvernement de consensus afin de concrétiser la transition qui ne s’était pas réalisée entre 2004 et 2006.

Peut-on construire du beau, du bon et du neuf sur du pourri? C’était notre question à l’époque et elle est toujours d’actualité!

Un gouvernement de consensus, si tant est que nous pouvons y arriver, réunissant des femmes et des hommes triés sur le volet, en fonctions de leurs qualités intrinsèques et n’ayant pour unique objectif que la défense des intérêts supérieurs de la nation, toutes strates sociales confondues.

Un tel gouvernement rétablirait un minimum de confiance au sein de la grande famille haïtienne y compris sa généreuse et dynamique diaspora plus impliquée que jamais, verrait à l’assainissement de l’administration publique, sans chasse aux sorcières évidemment, ferait en sorte que le système judiciaire devienne efficace et efficient, mettrait tout en œuvre en vue d’éliminer légalement la prolifération ridicule de particules qui encombrent la scène politique et court-circuitent l’avènement de cet État de droit que la population appelle de tous ses vœux.

Combien de temps lui faudra-t-il pour réaliser cette réforme minimale qui mettrait la nation en mesure de tenir des élections libres, honnêtes et démocratiques, six mois, un an ou deux? Il faudrait y penser très sérieusement pour ne plus avoir à revivre ces moments exécrables dans un futur prévisible.

L’heure a en enfin sonné pour que les élites haïtiennes, les filles et fils de Dessalines et de Pétion parviennent à se transcender et à se montrer à la hauteur de leur mission historique à ce carrefour qui est ni plus ni moins que notre ultime moment de vérité

Me Serge H. Moïse av.

3 Comments

  • p 27 septembre 2019

    Serge Moise, apres avoir lu votre texte, je pense que meme Jovenel, Don Kato, Yes Aya, et toute cette fine fleur de la racaille seraient du meme avis que vous, tellement c’est vrai et documente. Malheureusement, quand ce beau monde represente un gang de criminels, ils ont tous peur de finir ligotes. Voila pourquoi les bonnes personnes du pays DEVRONT les dechouquer de leur taniere, sinon….malheureusement, il n’iront nulle part et 2022 nous rattrapera avec un autre Martelly, un acolyte du gang de criminels, une autre sentinelle qui repandra les tentacules de la corruption tout en bloquant la justice pour donner le temps a leurs allies de blancher leur butin et de ‘s’arranger ». Triste. Mais un beau texte quand meme.

    • Endijèn 27 septembre 2019

      ANN SERYE…
      Tout d’abord, dans cette voie, je veux croire l’historien Georges MICHEL, nous sommes tous des fils et filles de Jean Jacques Dessalines. Et je comprends l’historien quand il n’allait pas par quatre chemins pour comparer l’inintelligent Prosper Avril à Alexandre Pétion. Et vice versa.

      Dans les pays sérieux, les renégats sont jetés dans les poubelles de l’histoire. Un citoyen Français qui se respecte n’allait en aucun cas- menm si l te bwè Bakara- faire allusion au général Charles de Gaulle tout en parlant de Philippe Pétain. Il en est de même pour un citoyen et patriote Cubain, il connait les Bienfaits del Commandante Fidel CASTRO par rapport à yon fatra de Fulgencio Batista. Grace à l’idéologie nationale et une relecture de l’histoire, en Russie, Joseph STALINE « le petit père des peuples » est dans la GLOIRE! Chak jou yo Plis konprann se STALINE ki fè La Russie Bòzò konsa a!

      Je comprends très mal un homme aussi avisé ne s’est pas gardé de ne pas mélanger papa Dessalines avec le contre-révolutionnaire Alexandre Pétion. Faut-il encore rappeler, c’est l’option pétioniste qui a historiquement triomphé. Les marassa Atistide/Préval ont une grande responsabilité dans ce que nous vivons aujourd’hui, en passant le flambeau de la GOUVERNANCE MALPROPRE et CHAOS à leurs frères Michel Joseph Martelly et Jovenel Moise. Ce dernier est en train de sortir de la même manière qu’eux, tête en bas et en salope. Hasta la Victoria siempre!

  • jean v gregoire 27 septembre 2019

    Les critiques ont toujours dit que le negre confound paroles et action . Ma mere repetait souvent en Creole : Belle pawol a la Dioll , chiche a la Coeur, qui signifie que ceux qui les repetent n’ont vraiment pas en tete de les appliquer s’ils arrivent au pouvoir.

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