par Gumais Jean-Jacques
Lundi 6 mai 2019 ((rezonodwes.com))– Le show business (showbiz) dirige Haiti depuis environ une décennie. La science, le savoir, la technologie et l’université n’ont aucun pouvoir dans cette société. Ce phénomène nouveau décrit par une carnavalisation de la politique et inversement, une politisation à outrance du carnaval populaire, a initié ce tournant sociologique d’une société haïtienne, qui autrefois se voulait être conservatrice, est présentement gouvernée dans sa conscience collective mourante par la folie du folklorisme traditionnel et la banalité des artistes et animateurs de musique.
Le modèle typique Haïtien de rigueur morale, intellectuelle et civique n’est plus à l’honneur mais plutôt la fantaisie du plus show off et le vacarme du plus bruyant sont élevés en dignité.
Le Show business domestique les médias Haïtiens;
Le showbiz monopolise à plat de couture tous les grands canaux de diffusion de la presse haïtienne : À la radio, sur les petits écrans, dans les journaux traditionnels et en ligne, on nous vent le buzz comme information et éducation. L’opinion des animateurs de compas sur la gestion de la République est plus que d’or, d’ailleurs ils sont plus écoutés et suivis sur les réseaux sociaux. L’artiste trouve refuge dans toutes les catégories d’émissions de nos médias: Emissions culturelles, sportives, sociales et mêmes politiques, nos chanteurs et comédiens s’y retrouvent malgré ce pays produit peu d’artistes engagés. Rien n’est sacré, ni noble, encore moins restrictive dans cette société pour l’artiste haïtien car les médias sont leurs temples et la pensée du gros peuple lui est captive.
Le Showbiz vassalise le milieu politique;
Quand il est bruit que plusieurs artistes du milieu musical vont être en lice pour les prochaines joutes électorales, nous comprenons bien que le phénomène de folklorisation de la politique Haïtienne ne s’arrêtera pas pour demain. Comme tout autre citoyen, l’artiste quel que soit son domaine culturel ou professionnel a droit à la magistrature suprême. Cependant, Quand la passion ou la folie d’un peuple pousse à l’acceptation de la déraison populiste et que la popularité forgée par un artiste quelconque, n’ayant ni culture politique ni background intellectuel pour légiférer, administrer et gouverner s’impose en courant directeur vers le pouvoir politique.
Ce phénomène ne fait que vassaliser le moindre de qui est noble ou prestigieux et en même temps affaiblir notre représentation sur la scène internationale. Les résultats de cette carnavalisation de la politique sont déjà néfastes pour le pays. Ceux qui nous font bouger le cul et qui amusent nos sens les plus voluptueux ne sont automatiquement pas aptes à gérer une cité. Leur leadership charismatique pour galvaniser une foule en quête de divertissement ne requiert ni sciences académiques ni discipline managériale. Occuper l’espace politique en complicité avec les médias et une frange de l’élite économique, ces musiciens feront plus de mal à la société que du bien. Le vacuum de leadership politique ne sera jamais comblé par l’audace opportuniste de ces artistes incompétents mais plutôt par des hommes et femmes qualifiés et préparés pour gouverner.
Le Showbiz banalise notre culture et moralité de peuple.
Il est devenu si simple et normal que personne ne s’en rendre compte: la société Haïtienne ne reste plus rien dans son essence de valeurs culturelles et morales. Aujourd’hui, « le boss » ou « le patron » a droit de vie ou de mort sur n’importe qui. Bien souvent le boss n’est ni un chef d’entreprise ni un grand administrateur qui crée emplois ou qui gère des capitaux importants mais c’est tout simplement celui qui donne misérablement à manger, qui terrorise en étant le plus puissant du quartier ou celui qui rassemble beaucoup plus de hors la loi derrière lui en étant parfois politiciens ou hommes d’affaires. Ces « grands boss » dominant les boites de nuit et le showbiz à part entière, controllent tout et tout dans cette République bananière où la justice, la police, la presse, les organisations de société civiles et l’ensemble des institutions Étatiques leur sont soumises car certainement, ces instances sont elles mêmes déjà faillies dans leurs missions respectives. Ils font quotidiennement écho dans les médias et leur buzzing immoral vendu en publicité! Personne ne peut évoquer leur mal sous peine de sanctions de « brasse » (financières) et de perte d’auditoires.
En définitif, la réalité haïtienne ne peut être différente des autres peuples en terme de logique ou de choix de résultats escomptés, car la relation de cause à effet est d’ordre universel. Les autres nations, incluant nos voisins dominicains font choix de leadership moderne, éclairé et révolutionnaire pour embrasser l’âge de la digitalisation et de l’intelligence artificielle mais par contre, nous autres, optons pour le barbarisme généralisé, le banditisme étatique et la culture du buzz sans freins. Il est évident que malheureusement seul le secteur culturel marche en Haiti. N’étant même pas à un stade embryonnaire d’industrie, le show business (showbiz) Haitien ne peut pas conduire au développement d’Haiti. La culture en général n’est pas génératrice de premier ordre pour le développement économique; Et encore moins un secteur culturel fait de buzz insensés et de potentiels politiciens fantaisistes, ne peut accoucher que banalité et ignorance à un pays déjà en agonie.
Gumais Jean Jacques, AvMP
jjgumais@gmail.com


